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Poésie

Posts Tagged ‘chanterelle’

Savez-vous (Didier Rimaud)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Savez-vous

Savez-vous ce que voient
Les yeux des libellules,
Les yeux des coccinelles
Et ceux des papillons ?

Savez-vous où s’en vont
Les pieds des renoncules,
Les pieds des chanterelles
Et ceux des limaçons ?

Savez-vous bien pourquoi
La carpe fait des bulles,
Le feu des étincelles,
Et moi cette chanson ?

Savez-vous ce qui bat
Au cœur des campanules,
Au cœur des demoiselles
Et des petits garçons ?

(Didier Rimaud)

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LA GUITARE DU PEUPLE (Elvio Romero)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016



LA GUITARE DU PEUPLE

La guitare du peuple
saigne et pleure,
saigne et pleure de peine,
son bois vibre et s’agite,
sa cheville bourdonne
et son coffre se dore
de cendre, elle se drape
d’une ombre belle et triste,
enchaînée et lointaine,
la guitare du peuple.

Dense guitare pauvre,
si pauvre, voix d’autrui,
coffre roide et tenace,
nuit noire sur la cime
de ses cordes de cuivre
qui s’enchaînent au vent,
qui cernent l’air de grappes,
rapprochant sa clarté,
la guitare du peuple.

Quand elle saigne elle est
bois qui très haut se cabre,
chanterelle terrienne
sans autours ni complainte,
mancheron plein de sueur,
regard de paysanne
ne voyant ses récoltes,
vestiges de l’aurore,
la guitare du peuple.

Drapeau elle est aussi
quand le peuple le veut,
santé pour étancher
sa blessure et son sable,
graine à ensemencer,
fugace, éblouissante
quand elle chante et clame,
la guitare du peuple !

***

LA GUITARRA PUEBLERA

La guitarra pueblera
sangra y llora,
sangra y llora de pena,
se enerva su madero,
su clavija resuena,
la caja se le dora
de ceniza y se viste
de sombra hermosa, triste,
encadenada, ajena,
la guitarra pueblera.

Densa guitarra ajena,
pobre, pobre,
caja aterida y terca,
negra noche en la cima
de sus cordajes, cobre
que al viento se encadena,
que al aire se arracima,
que a su albor nos acerca,
la guitarra pueblera.

Cuando sangra es madera
que se empina,
bordons labradora
sin ámbitos ni endechas,
sudorosa mancera,
mirada campesina
que no ve sus cosechas,
despojo de la aurora,
la guitarra pueblera.

¡ Pero también bandera
cuando el pueblo lo quiere,
salud restañadora
de su herida y su arena,
grano de sementera,
fugaz, deslumbradora
cuando canta y resuena
la guitarra pueblera !

(Elvio Romero)

 

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Aucune chanterelle (Jean-Hughes Malineau)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



 

Aucune chanterelle
Mais une coccinelle sur l’épaule
Au sortir du bois

(Jean-Hughes Malineau)

Illustration

 

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Retouche au poète (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2016



Christian Schloe   70436ca [1280x768]

Retouche au poète

à ton appel
les yeux ont des ailes de soie
chanterelle dans la cage du livre

(Daniel Boulanger)

Illustration: Christian Schloe 

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PRISON (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016



PRISON

Ils jouent au football
soudaine confusion – la balle
a fait le mur.

*

Ils font souvent du bruit
pour effrayer le temps jusqu’à
ce qu’il trotte plus vite.

*

Des vies mal épelées –
la beauté subsiste sous forme
de tatouages.

*

Quand on reprit le fugitif
il avait les poches pleines
de chanterelles.

*

Le fracas des ateliers
et les pas lourds du mirador
déroutaient la forêt.

*

Le portail s’ouvre en glissant
nous voici dans la cour du pénitencier
dans une nouvelle saison.

Les lampes du mur s’allument –
le pilote du vol de nuit voit une tache
de lumière irréelle.

*

Nuit – un semi-remorque
passe tout près, les détenus
rêvent en tremblant.

*

Le garçon boit du lait
et s’endort tranquille dans sa cellule
une mère de pierre.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Clair de lune sentimental (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016



 

Clair de lune sentimental

A travers la folle risée
Que Saint-Marc renvoie au Lido,
Une gamme monte en fusée,
Comme au clair de lune un jet d’eau…

A l’air qui jase d’un ton bouffe
Et secoue au vent ses grelots,
Un regret, ramier qu’on étouffe,
Par instant mêle ses sanglots.

Au loin, dans la brume sonore,
Comme un rêve presque effacé,
J’ai revu, pâle et triste encore,
Mon vieil amour de l’an passé.

Mon âme en pleurs s’est souvenue
De l’avril, où, guettant au bois
La violette à sa venue,
Sous l’herbe nous mêlions nos doigts…

Cette note de chanterelle,
Vibrant comme l’harmonica,
C’est la voix enfantine et grêle,
Flèche d’argent qui me piqua.

Le son en est si faux, si tendre,
Si moqueur, si doux, si cruel,
Si froid, si brûlant, qu’à l’entendre
On ressent un plaisir mortel,

Et que mon coeur, comme la voûte
Dont l’eau pleure dans un bassin,
Laisse tomber goutte par goutte
Ses larmes rouges dans mon sein.

Jovial et mélancolique,
Ah ! vieux thème du carnaval,
Où le rire aux larmes réplique,
Que ton charme m’a fait de mal !

(Théophile Gautier)

Illustration: Roger Suraud

 

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AUBADE (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2016



AUBADE

Suis vers l’aurore fauve et dorée
La sente herbue et qui court à l’orée,
Gai d’une heure remémorée,
Sans rêver la gloire laurée
— (La vie exulte en joie ignorée), —

Ne pense pas à l’avenir;
Nulles volontés n’en sont maîtresses,
Vis, ce lent jour, de souvenir;
La gloire, elle pourra venir,
Mais ne vaudra pas tes détresses
— (La mare luit autour du Menhir). —

Si ton âme déborde et s’épanche,
C’est que ta vie est pleine à jamais;
Si, lourde d’épis, la moisson penche,
Tes douleurs les avaient semés
— (Quelle âme pâlit dans l’aube blanche?) —

L’été te rie, Amour te ceigne
Du manteau léger de ses ailes;
Le frisson auroral t’étreigne
D’un unisson de chanterelles
— (Quel cygne en l’aurore chante et saigne?)

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Lahitte

 

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Ode (Valery Larbaud)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2015



Ode

Prête-moi ton grand bruit, ta grande allure si douce,
Ton glissement nocturne à travers l’Europe illuminée,
Ô train de luxe ! et l’angoissante musique
Qui bruit le long de tes couloirs de cuir doré,
Tandis que derrière les portes laquées, aux loquets de cuivre lourd,
Dorment les millionnaires.
Je parcours en chantonnant tes couloirs
Et je suis ta course vers Vienne et Budapesth,
Mêlant ma voix à tes cent mille voix,
Ô Harmonika-Zug !

J’ai senti pour la première fois toute la douceur de vivre,
Dans une cabine du Nord-Express, entre Wirballen et Pskow.
On glissait à travers des prairies où des bergers,
Au pied de groupes de grands arbres pareils à des collines,
Étaient vêtus de peaux de moutons crues et sales…
(Huit heures du matin en automne, et la belle cantatrice
Aux yeux violets chantait dans la cabine à côté.)
Et vous, grandes places à travers lesquelles j’ai vu passer la Sibérie et les monts du Samnium,
La Castille âpre et sans fleurs, et la mer de Marmara sous une pluie tiède !

Prêtez-moi, ô Orient-Express, Sud-Brenner-Bahn , prêtez-moi
Vos miraculeux bruits sourds et
Vos vibrantes voix de chanterelle ;
Prêtez-moi la respiration légère et facile
Des locomotives hautes et minces, aux mouvements
Si aisés, les locomotives des rapides,
Précédant sans effort quatre wagons jaunes à lettres d’or
Dans les solitudes montagnardes de la Serbie,
Et, plus loin, à travers la Bulgarie pleine de roses…

Ah ! il faut que ces bruits et que ce mouvement
Entrent dans mes poèmes et disent
Pour moi ma vie indicible, ma vie
D’enfant qui ne veut rien savoir, sinon
Espérer éternellement des choses vagues.

(Valery Larbaud)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Murad Sayen

 

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