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Poésie

Posts Tagged ‘chantonner’

La petite Rosalie (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



La petite Rosalie peigne ses cheveux odorants
Le vent le vent passe à travers les rideaux de tulle
La petite Rosalie n’a ni amie ni amant
Le vent le vent s’attelle à la charrue du houx

La petite Rosalie joue à la marelle
Le vent le vent gonfle la voile des navires
La petite Rosalie n’a pas de chance au jeu
Le vent le vent se met en boule et fait ron-ron

La petite Rosalie passe ainsi tous les jours
Le vent le vent s’épuise aux tôles de cheminées
La petite Rosalie chantonne une chanson pas bien gaie
Le vent le vent change de nom et de direction

Avant l’hiver c’était l’automne
Avant l’automne l’été le printemps
La petite Rosalie deviendra la vieille Rosalie
Le vent le vent soufflera sur ses engelures

La vieille Rosalie décomptera ses amours
Le vent le vent se fatiguera aux éternelles semailles
La vieille Rosalie enfin mourra
Le vent le vent soufflera sur son tombeau

Et qu’est-ce que cela peut bien nous faire.

(Robert Desnos)

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L’EAU DISCRÈTE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020



Illustration: Pascal Baudot
    
L’EAU DISCRÈTE

Une eau glacée qui coule On l’entend sans la voir
(La pensée de l’été qui chantonne sous l’herbe)
Les toutes petites abeilles noires leur bourdon continu
(Le rêve que le soleil fait à bouche fermée)

À onze heures en août le monde est transparent
Il sera brûlant après la méridienne
Une très modeste éternité baigne de clarté vive
l’eau qui court les abeilles le soleil triomphant

Une éphémère éternité qui nous habite toi et moi
Elle fondra dans le jour comme le sucre dans l’eau
comme le temps dans le temps

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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LE SOIR (Taras Chevtchenko)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020




Illustration:  Kyriak Kostandi
    
LE SOIR

La cerisaie qui entoure la chaumière
Est livrée au tumulte de bourdonnements sauvages,
Les paysans poussent laborieusement leurs attelages
Les filles chantonnent la ritournelle en rentrant chez elles
Les mères attendent le reste de la famille pour le souper.
La famille se restaure autour de la demeure ;
L’étoile du soir se lève à cette heure ;
La fille sert le repas …
Sa mère veut la conseiller,
Mais le taquin rossignol couvre sa voix.
Autour de la maison, la mère
Couche ses petits enfants,
Et s’endort ensuite à leurs côtés.
Tout est devenu si silencieux … Seules les filles
Et le rossignol sont en éveil.

***

ВЕЧІР

Садок вишневий коло хати,
Хрущі над вишнями гудуть,
Плугатарі з плугами йдуть,
Співають ідучи дівчата,
А матері вечерять ждуть.
Семья вечеря коло хати;
Вечірня зіронька встає;
Дочка вечерять подає…
А мати хоче научати,
Так соловейко не дає.
Поклала мати коло хати
Маленьких діточок своїх,
Сама заснула коло їх.
Затихло все… Тілько дівчата
Та соловейко не затих.

***

NOITE

O pomar de cerejas que rodeia a casa
É entregue ao tumulto dos rugidos selvagens,
Os camponeses laboriosamente empurrar suas equipes
As meninas cantarolam o refrão quando chegam em casa
As mães esperam pelo resto da família para o jantar.
A família está restaurando em volta da casa;
A estrela da noite se levanta a esta hora;
A garota serve a refeição …
Sua mãe quer aconselhá-la,
Mas a provocação rouxinol cobre sua voz.
Ao redor da casa, a mãe
Camada de seus filhinhos
E depois adormece ao lado deles.
Tudo ficou tão quieto … Só garotas
E o rouxinol estão acordados.

(Taras Chevtchenko)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Ukrainien / Portugais Jacky Lavauzelle
Editions:

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AU BRUIT DES FEUILLES (Roger Vitrac)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



AU BRUIT DES FEUILLES

Viens voir la nuit. Les princesses mortes revivent.
N’entends-tu pas crier les feuilles sous leurs traînes?
Et ces flambeaux d’or sur le chemin de la reine?
Ils sont portés par les pages bleus qui la suivent.

Tu ne te doutais pas qu’il fut ainsi ce parc,
Et tu faillis jeter au puits la clef rouillée.
Oh! regarde, voici passer les chevaliers
croisés de lune. Ils s’en vont mourir quelque part.

Mais rien ne meurt dans ces murs noirs. Une ombre passe,
La grille est entrebâillée. Elle entre : personne.
Des tombes sous les pas. Cette ombre prend la place
Et le rêve est le même.

Entends. Je le chantonne
Comme l’autre mais il est bien plus douloureux
Car j’ai le souvenir de ceux qui en moururent.
C’est pour cela qu’il faut du noir dans tes parures
Et que parmi les lys j’ai mis des cyprès bleus.

(Roger Vitrac)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Oublier (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019



    
Oublier

À force d’oubli de patience et d’absence
en n’écoutant plus rien de ce qui vient du dehors
en fermant les yeux sans les serrer trop fort
je me suis fait caillou galet herbe des bords
et la cascade amie riait dans mes pensées

L’eau fraîche murmurait dans ma nuit légère
Elle élevait la voix sur mes passages à gué
chantonnait en tournant dans les creux de ma rive
suscitait un juillet brûlant des moucherons une truite
La nuit dans ma main buvait l’oubli-chagrin

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’entendais ne pas chanter bien haut (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2018




    
j’entendais ne pas chanter bien haut
chantonner à peine muser
c’est un beau mot
la muse se promène

l’entends-tu ? elle disparaît
dans un bruissement de feuilles
on en voit deux ou trois qui dansent
elles décorent le silence

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Revermont
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Le remords (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



Atsushi Suwa 0111

Le remords

Vais-je traîner toute ma vie
en moi cette sorte de litanie
qui ne me laisse point de repos
et met ma conscience en morceaux ?

Car voyez-vous, quoi que je fasse,
toujours quelque chose me tracasse
et mes actes les plus louables
au fond de moi me crient : coupable !

Coupable je suis, sachez-le.
Comment, pourquoi importent peu
car mes réponses mille fois reprises
sans fin en moi se contredisent.

Coupable je suis de telle sorte
qu’à y penser toute chose me porte
et mes regrets sempiternels
me sont punition éternelle.

Ainsi donc, n’ayant nulle paix,
de moi-même faisant le portrait,
je rumine l’énumération
de mes actions et inactions…

J’adore me prélasser au lit,
lisant, me cultivant l’esprit.
Mais le remords, comme un démon,
sitôt m’insuffle son poison.

Alors je m’attèle à la tâche
et comme une brute, fais le ménage,
mais en même temps je me répète :
ma fille, tu seras toujours bête !

Je veux, ai-je raison ou tort ?
aussi m’occuper de mon corps
pour être épouse désirable
d’un effet quelque peu durable.

Mais dès qu’à mes soins je m’adonne,
une voix perfide me chantonne :
tu as raison, ne pense qu’à toi,
ils attendront pour le repas !

Alors, retrouvant mes casseroles,
échevelée et l’air d’une folle,
je me redis dans un sermon :
toujours seras-tu une souillon ?

Parfois, avide de détente,
je me complais à ce qui tente,
croyant voler quelques bonnes heures
au temps à consacrer ailleurs.

Mais au lieu de me réjouir,
je ne cherche qu’à troubler ma fête
car de mes cent tâches non faites,
je me punis comme à plaisir !

Ainsi donc, n’ayant nulle paix…
De moi-même faisant le procès…

(Esther Granek)

Illustration: Atsushi Suwa

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Automne (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018




    
Automne

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux
Et s’en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d’amour et d’infidélité
Qui parle d’une bague et d’un cœur que l’on brise
Oh ! l’automne l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises.

(Guillaume Apollinaire)

 

 

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POMME (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
POMME

Lents nos jours comme les boeufs
qui bavaient sur leurs fanons.
En haut du tremble frémissent
les lueurs qu’on voit dans les mares.

La pomme avariée qui tombe
fait s’envoler un oiseau.

Au loin chantonne un tracteur.
Une odeur de terre se mêle
à l’odeur des pailles.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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La plage était pâle silencieuse (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018




    
La plage était pâle silencieuse
immobile je regardais
les rides bleues qui ondulaient —
et le vent qui chantonnait.

Je savais qui était près de moi
toute en blanc et le visage
d’un rosé de rose lisse —
et le soleil brillait très fort.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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