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Posts Tagged ‘chape’

Des gouffres à l’étoile (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



Des gouffres à l’étoile
Des cendres au vivant

L’éternelle trajectoire
Sous la chape du temps.

(Andrée Chedid)

 

 

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Vous êtes ô Parfums (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration
    
Vous êtes ô Parfums,

D’une ivresse plus délectable et plus choisie
Que la caresse aux yeux, où leur splendeur s’imprègne,
Des chappes raidissant leur moire cramoisie
Et portant, d’or fané, l’agneau blessé qui saigne;

Plus naïfs et plus doux que n’est au crépuscule,
Sous des pins bleuissants embaumant la résine
Où quelque lueur d’astre en frissonnant circule,
Un champêtre duo de flûte et de clarine;

Plus somptueux et lents que le cours de l’Erèbe
Fluant son onde lourde aux plages léthargiques;
Qu’en l’honneur d’un héros, une marche funèbre
Déroulant pesamment son rythme pathétique.

Vous remplissez les coeurs d’un plus triste vertige,
D’un effroi plus aigu que l’aboi spleenitique
Lointainement d’un loup dans la nuit qui s’afflige,
Endeuillant les crénaux des donjons romantiques.

Plus que le son des cors aux ténébreuses fresques
Des forêts déchaînant le hurlement des meutes,
Parfums, vous provoquez, des désirs titanesques,
Dans l’ombre de nos coeurs les rougeâtres émeutes.

Vous êtes, ô parfums, plus comblés d’inertie
Que les violets sourds qui tombent des verrières,
Distributeurs savants de cette ataraxie
Qu’implorent nos douleurs dont le cri s’exaspère;

Plus résignés qu’ils sont en leur torpeur hindoue,
Où tout geste s’est tu, où nul désir ne râle,
Les tons silencieux dont la houle se joue,
Mer extatique, au dallage des cathédrales.

Endormeuse harmonie errante dans l’espace
Et qui bercez d’oubli nos âmes faméliques,
Vous surpassez la paix qui descend des rosaces
Quand s’unit l’orangé aux bleus mélancoliques.

Perçant l’opacité morne où nos sens résident,
Vous êtes, défiant le plus subtil orchestre,
De l’immense inconnu le langage fluide,
La voix de l’au-delà dans sa forme terrestre.

(Marie Dauguet)

 

 

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La neige (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017



Illustration
    
La neige

Partout cette chape d’hermine
A la souple onctuosité
Sur la laideur qu’elle élimine
Etend sa somptuosité.

Bouquets de grands lys qu’illumine
Le reflet d’un jour argenté,
Marbre, lait, blancheur d’étamine,
Fastueuse idéalité,

C’est la neige que le givre aime,
Perles ou diamants qu’il sème,
Couvrir de ses fins entrelacs.

La lune y glisse et métallise
Sa surface où l’hurlante bise
Chante comme pleure un coeur las.

(Marie Dauguet)

 

 

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Un jour, ce sera si fort (Régine Foloppe Ganne)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2016



Un jour, ce sera si fort que je pousserai cette porte cochère
(au milieu d’un jardin, cette porte qui ne sépare rien que des fleurs de la mer…)

Je pousserai avec l’épaule et la vague, avec la robe et la bouche, avec la respiration.
Et l’angle s’ouvrira, le biais où je vous ramènerai mon corps, l’intrusion de pétales.

J’aurai veillé longuement, attendant de votre solitude cette tristesse,
l’abandon parfait où nous laisse le bord des forêts.

Je vous prêterai des choses par amour
si nous vient la chape bleue du soir.

(Régine Foloppe Ganne)

Illustration: Alphonse Osbert

 

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La chape (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016



 

Passé les champs de blé
passé le bois glacé
par-delà les troupeaux et les monts
parmi la ronce et l’églantier
au domaine des fourmis rouges
une chape de drap d’or
reste encor suspendue
au porte-manteau noir
de la sacristie
d’une église perdue;
elle est liturgiquement décorée
de l’agneau porteur de croix.

(Jean Follain)

 

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