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Poésie

Posts Tagged ‘chapelet’

Pâle ondée vespérale (Kitô)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



Pâle ondée vespérale
D’un chapelet de cristal
Le bruit léger

(Kitô)

Illustration

 

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NOMS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



NOMS

Ah! Edwige, quel joli nom
tu portes, femme au coeur bleu :
c’est un nom de reine
qui peu à peu est arrivé jusqu’aux cuisines
et n’a jamais repris le chemin des palais.
Edwige

est fait de syllabes tressées
comme l’ail qui en chapelets
pend aux poutres.

Si nous regardons ton nom dans la nuit,
attention! il scintille
comme une tiare, de la cendre,
comme une braise verte
qui se cache dans le temps.

(Pablo Neruda)


Illustration: Edwige Lefevre

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LA MADONE (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
LA MADONE

I

Vous m’avez donné, Madame,
Un étrange chapelet
Qui m’a pris le coeur et l’âme
Comme un agile filet !

Où sont mes goûts de naguère ?
On me disait libertin !
Aujourd’hui je n’ai plus guère
Que des soifs de sacristain.

Je me prosterne et je prie,
Chaque jour à deux genoux,
La bonne Vierge Marie
Qui, d’en Haut, veille sur nous.

II

Je récite l’Angelus,
Brûlant d’une ardeur nouvelle !…
Mais ne vous étonnez plus…
Mon secret – je le révèle !

Au fond du ciel étoilé
La Vierge m’est apparue
Découvrant son front, voilé
Par un grand manteau de nue !

J’ai cru… N’ai-je point rêvé ?
Oui j’ai cru… Dieu me pardonne !
En bredouillant mes Ave
Que c’était vous la Madone.

(Guy de Maupassant)

Découvert ici: https://nicole-pessin.com/

 

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L’Arbre (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017




L’Arbre

Il y a l’arbre à lait,
L’arbre à sel, l’arbre à pain.
Il y a l’arbre saint
Et l’arbre à chapelet.

Et puis l’arbre à cannelle,
A grives, à papier;
L’odorant muscadier
Qui est l’arbre à chandelles.

Le figuier des pagodes
Qui se lave au soleil,
L’arbre des antipodes
Qui a toujours sommeil.

Il y a l’arbre à beurre,
L’arbre à chou, l’arbre aux fables.
Le sablier du diable.
L’arbre du Dieu sauveur.

Mais chez nous, au matin,
Rit un arbre qui compte
Sur ses doigts les colombes
Neigeant sur le jardin.

(Maurice Carême)

Illustration

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Au cou un mince chapelet (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



 

Au cou un mince chapelet,
Je cache mes mains dans un large manchon.
Mes yeux ont un regard distrait;
Ils ne pleureront plus jamais.

Mon visage a l’air plus pâle
À cause de la soie mauve,
Les cheveux raides de ma frange
Descendent jusqu’aux sourcils.

Et cette démarche lente
Ne ressemble à aucun envol,
Comme si mes pieds se posaient
Sur un radeau et non sur un parquet.

Ma bouche pâle est entrouverte,
Ma respiration, pénible, inégale;
Et sur ma poitrine tremblent
Les fleurs d’un rendez-vous manqué.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Koloman Moser

 

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Le lait des chats (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



Le lait des chats

Les chats trempent leur langue rose
Au bord des soucoupes de lait ;
Les yeux fixés sur le soufflet,
Le chien bâille en songeant, morose.

Et tandis qu’il songe et repose
Près de la flamme au chaud reflet,
Les chats trempent leur langue rose
Au bord des soucoupes de lait.

Dans le salon, seul le feu glose ;
Mère-grand dit son chapelet,
Suzanne dort sur un ourlet,
Et dans le lait, paupière close,
Les chats trempent leur langue rose.

(Charles Guérin)

Illustration: Brunel Neuville

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Dans chaque demeure (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



 

    
Dans chaque demeure brûlent des lampes;
Aveugle que tu es, tu ne les vois pas.

Un jour, tes yeux s’ouvriront soudain et tu verras;
et les chaînes de la mort tomberont d’elles-mêmes.

Il n’y a rien à dire et rien à entendre; il n’y a rien à faire :
c’est celui qui vit, bien que mort, qui ne mourra plus jamais.

Parce qu’il vit dans la solitude,
l’ascète déclare que Sa maison est lointaine.

Ton Seigneur est près de toi
et cependant tu montes en haut du palmier pour Le chercher.

Le prêtre Brahmane va de maison en maison
et initie le peuple à la foi musulmane;

Hélas ! la vraie fontaine de vie est à tes côtés
et tu adores la pierre que tu as dressée.

Kabîr dit : « Je ne puis dire combien mon Seigneur est adorable.
— L’ascétisme, le chapelet qu’on égrène, les vertus et les vices,
rien de tout cela n’existe pour Lui. »

(Kabîr)

 

 

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La rivière et ses vagues (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2017



La rivière et ses vagues forment une même surface :
Quelle est la différence entre la rivière et ses vagues ?

Quand la vague s’élève, c’est de l’eau et,
quand la vague retombe, c’est toujours la même eau.
Dites-moi où est la différence.

Parce qu’on l’a nommée vague,
ne sera-t-elle plus considérée comme de l’eau ?

Au sein du Suprême Brahma
les mondes apparaissent comme les grains d’un chapelet;

Regarde ce rosaire avec les yeux de la sagesse.

(Kabîr)

 

 

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PROCESSIONS (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



PROCESSIONS

Blanches processions, si blanches, si gothiques,
Dans ma Flandre natale, au temps des Fêtes-Dieu !
Blanches comme on en voit, sous un ciel calme et bleu
Emplir de leur lenteur les lointains des triptyques.

Si lentes, dans le bruit des cloches s’animant,
Le bruit des carillons et des cloches bénies
Qui semblaient tout au loin répondre aux litanies
Et mener le cortège au fond du firmament.

Si lentes à marcher sur les herbes coupées
Qui revivaient un peu sous le vent approchant
Des cantiques latins dont le grave plain-chant
Mélancolisait l’air avec ses mélopées.

Si lentes ! on voyait dans les beaux soirs tombants
Des étendards brodés de roses symboliques,
Et les châsses d’argent où dorment des reliques,
Et des agneaux pascals pavoisés de rubans.

Puis s’avançaient, parmi le frisson des bannières,bannières
Tous les enfants de choeur, dans leur rouge attirail,
Aux cheveux de missel, aux robes de vitrail,
Comme dans un parfum d’indulgences plénières.

Des Madones, le coeur traversé de couteaux,
Avec leurs manteaux bleus, aux yeux de pierreries,
Émergeaient au milieu des longues théories
Et souriaient debout sur leurs grands piédestaux.

Des groupes recueillis de pâles orphelines,
Tristes, portaient des lis comme les âmes d’or
De leurs parents défunts qui reviendraient encor
Pour frémir dans leurs mains dévotes et câlines.

Là, l’Église Souffrante en voiles violets
Puis les martyrs chrétiens portant de grandes palmes
Avec les bienheureux du Paradis si calmes
Qui glissent sous leurs doigts les grains des chapelets

L’Église Triomphante est soudain apparue
En rose, tout en rose, en tulle rose et clair,
Couleur de renouveau fleuri, couleur de chair,
Comme un lever d’aurore incendiant la rue.

Puis voici les abbés en dalmatiques d’or,
Les chanoines songeurs dans leurs camails d’hermine,
Tout un cortège grave et lent qui s’achemine
Dans le silence doux du beau jour qui s’endort.

Et tout là-bas, parmi les bleuâtres traînées
Du liturgique encens qui parfumait le soir,
Devant le baldaquin où luisait l’ostensoir,
Les encensoirs volaient, mouettes enchaînées !

Et l’évêque, debout sur le peuple chrétien,
Crosse en main, mitre en tête, élargissait ses gestes,
Comme un semeur jetant, pour les moissons célestes,
Les graines du Seigneur dont il était gardien.

II
Ainsi mon Ame ! Ainsi mon Enfance perdue
Mes amours, mes désirs avaient leurs reposoirs,
Leurs convois blancs marchant dans un bruit d’encensoirs
Et leur dais d’argent neuf pour la Vierge attendue.

Mais la procession n’a chanté qu’un moment
Et mon Ame n’a plus dans le noir de ses rues
Qu’une foule grouillante et d’absurdes cohues
De rêves qui s’en vont mélancoliquement !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Pellerin

 

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Toutes ces mains (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2016




Toutes ces mains : les mains des morts enfin inertes
Qui tiennent droit un vieux crucifix comme une arme,
Ou bien parfois quelques violettes de Parme;
Et d’autres mains, les mains d’amants qui sont expertes

A manier la chevelure d’une amante,
A la bien partager en deux sur chaque épaule,
A l’agiter comme le feuillage d’un saule
Qui, dans le vent changeant, s’étrécit ou s’augmente.

Mains des fermes vendangeant les grappes du lait;
Mains des berceaux dépliant leurs roses trémières;
Et les mains des couvents en qui le chapelet
Est un silencieux écheveau de prières;

Toutes les mains s’évertuant vers des bonheurs,
Mains mystiques, mains guerrières, si variées :
Les mains, couleur de la lune, des mariées;
Les mains, couleur de grand soleil, des moissonneurs

Toutes : celles semant du grain ou des idées;
Accouchant le bloc de marbre, de la statue,
Ou la mère, de l’enfant qui la perpétue;
Toutes les mains, jeunes, vieilles, lisses, ridées,

Toutes ont pour tourment caché ces lignes fines,
Ces méandres de plis, cet enchevêtrement;
Or on dirait des cicatrices de racines,
Nos racines que nous portons, secrètement.

C’est là, nous le sentons, que gît l’essentiel;
Ces lignes sont vraiment les racines de l’être;
Et c’est par là, quand nous commençâmes de naître,
Que nous avons été déracinés du ciel.

La main en a gardé la preuve indélébile;
Et c’est pourquoi, malgré bonheurs, bijoux, baisers,
Elle souffre de tous ces fils entrecroisés
Qui font pleurer en elle une plaie immobile.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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