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Posts Tagged ‘chapelier’

Pourquoi est-ce qu’un corbeau ressemble à un bureau ? (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Illustration
    
Le Chapelier … se contenta de demander :
Pourquoi est-ce qu’un corbeau ressemble à un bureau ?
Veux-tu dire que tu penses pouvoir trouver la réponse ? demanda le Lièvre de Mars.

— Exactement.

— En ce cas, tu devrais dire ce que tu penses.

— Mais c’est ce que je fais », répondit Alice vivement.
« Du moins… du moins… je pense ce que je dis…
et c’est la même chose, n’est-ce pas ?

— Mais pas du tout ! s’exclama le Chapelier.
C’est comme si tu disais :  » Je vois ce que je mange « ,
c’est la même chose que :  » Je mange ce que je vois !  »

— C’est comme si tu disais, reprit le Lièvre de Mars, que :
 » J’aime ce que j’ai « , c’est la même chose que :  » J’ai ce que j’aime !

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Le Temps est une personne (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Illustration: John Tenniel
    
Le Chapelier protesta qu’on ne pouvait pas parler du temps
comme d’une chose qu’on perd ou qu’on gagne.
« Le Temps est une personne », déclara-t-il.

Et il ajouta :
« Le Temps et moi, nous nous sommes disputés en mars dernier,
juste avant que celui-ci (de sa cuillère à thé, il désignait le Lièvre de Mars) ne devint fou. (…)
Et depuis lors, (…) le Temps ne veut plus rien faire de ce que je lui demande.

Il est toujours six heures, désormais. (…)
Il est toujours l’heure du thé ».

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Avez-vous déjà trouvé la réponse (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
« Avez-vous déjà trouvé la réponse à la devinette ? »
dit le Chapelier, en se tournant de nouveau vers Alice.

« Non, j’abandonne », répliqua Alice.
« Quelle est la réponse ? »

« Je n’en ai pas la moindre idée », fit le Chapelier.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Vous revoulez du thé ? (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
– Vous revoulez du thé ?
demanda le Lièvre de Mars avec grand sérieux.

– Je n’en ai pas encore bu,
répondit Alice offensée,
je ne peux donc pas en revouloir.

– Il n’est pas nécessaire d’avoir bu,
dit le Chapelier.
Il suffit d’avoir vouloir boire pour revouloir.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Le Chat se contenta de sourire (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Le Chat se contenta de sourire en voyant Alice.
Elle lui trouva l’air fort aimable ;
néanmoins, il avait des griffes extrêmement longues et un très grand nombre de dents,
c’est pourquoi elle sentit qu’elle devait le traiter avec respect.

« Minet-du-comté-de-Chester », commença-t-elle assez timidement,
car elle ne savait pas trop si ce nom lui plairait.
Le Chat s’étant contenté de sourire plus largement,
Alice pensa : « Allons, jusqu’ici il est satisfait », et elle continua :
« – Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?»
– Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller.
– Peu m’importe l’endroit…
– En ce cas, peu importe la route que tu prendras.
– … pourvu que j’arrive quelque part » ajouta Alice en guise d’explication.
« Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelque part, si tu marches assez longtemps. »

Alice comprit que c’était indiscutable ;
en conséquence elle essaya une autre question :
« Quelle espèce de gens trouve-t-on dans ces parages ? »
– Dans cette direction-ci  , répondit le Chat, en faisant un geste de sa patte droite,
habite un Chapelier ; et dans cette direction-là  (il fit un geste de sa patte gauche),
« habite un Lièvre de Mars.
Tu peux aller rendre visite à l’un ou à l’autre : ils sont fous tous les deux.»

– Mais je ne veux pas aller parmi les fous !
– Impossible de faire autrement ; nous sommes tous fous ici.
Je suis fou. Tu es folle.
– Comment savez-vous que je suis folle ?
– Si tu n’étais pas folle, tu ne serais pas venue ici »

(Lewis Carroll)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Les quatre sans cou (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2015



Les quatre sans cou

Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,
Quatre à qui l’on avait coupé le cou,
On les appelait les quatre sans cou.

Quand ils buvaient un verre,
Au café de la place ou du boulevard,
Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs.

Quand ils mangeaient, c’était sanglant,
Et tous quatre chantant et sanglotant,
Quand ils aimaient, c’était du sang.

Quand ils couraient, c’était du vent,
Quand ils pleuraient, c’était vivant,
Quand ils dormaient, c’était sans regret.

Quand ils travaillaient, c’était méchant,
Quand ils rôdaient, c’était effrayant,
Quand ils jouaient, c’était différent,

Quand ils jouaient, c’était comme tout le monde,
Comme vous et moi, vous et nous et tous les autres,
Quand ils jouaient, c’était étonnant.

Mais quand ils parlaient, c’était d’amour.
Ils auraient pour un baiser
Donné ce qu’il leur restait de sang.

Leurs mains avaient des lignes sans nombre
Qui se perdaient parmi les ombres
Comme des rails dans la forêt.

Quand ils s’asseyaient, c’était plus majestueux que des rois
Et les idoles se cachaient derrière leur croix
Quand devant elles ils passaient droits.

On leur avait rapporté leur tête
Plus de vingt fois, plus de cent fois.
Les ayant retrouvées à la chasse ou dans les fêtes,

Mais jamais ils ne voulurent reprendre
Ces têtes où brillaient leurs yeux,
Où les souvenirs dormaient dans leur cervelle.

Cela ne faisait peut-être pas l’affaire
Des chapeliers et des dentistes.
La gaîté des uns rend les autres tristes.

Les quatre sans cou vivent, c’est certain.
J’en connais un au moins un
Et peut-être aussi les trois autres.

Le premier, c’est Anatole,
Le second, c’est Croquignole,
Le troisième, c’est Barbemolle,
Le quatrième, c’est encore Anatole.

Je les vois de moins en moins,
C’est déprimant à la fin,
La fréquentation des gens trop malins .

(Robert Desnos)

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