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Poésie

Posts Tagged ‘char’

Hommage (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019




Illustration:  Emile Eisman-Semenowsky
    
Hommage

Elvira, par grâce d’amour
Passe ici devant toi
Un clair éclat
Qui fait de toutes âmes vaniteuses
Des bougies quand vient midi.

Le son métallique et fort des prétendants
Fond devant toi
Comme le roulement des chars,
Mais tu viens en silence
Et hommage est rendu.

Maintenant le petit raccourci
Qui conduit à l’amour
Est encore plein de joie et de sa foule;
Et la large grand-route
Venant de l’amour
Est sans passant.

***

HOMAGE

Elvira, by love’s grace
There goeth before you
A clear radiance
Which maketh ail vain souls
Candies when noon is.The loud clangour of pretenders
Melteth before you
Like the roll of carts passing,
But you corne silently
And homage is given.Now the little by-path
Which leadeth to love
Is again joyful with its many;
And the great highway
From love
Is without passers.

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Le lierre noir et la rose églantine (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



 

rose églantine  i

Le lierre noir et la rose églantine
Défendent les portes du jardin
Où le soir d’un printemps qui s’obstine
Est tout d’azur et d’incarnadin.

Dehors s’éplorent les folles fontaines
Qui virent mi-mort d’amour l’Enfant
Venu par les routes incertaines
Vers ce seuil du rêve triomphant,

N’ayant connu ni la magique épée
Que ne rouille pas le sang des fleurs,
Ni la parole de l’épopée
Par laquelle s’enfuit l’heure en pleurs,

Il s’agenouilla, très las, dans la poudre
De la route onverte à tous les pas
Où les chars font le bruit de la foudre
Et leurs sonnailles celui d’un glas.

Quelles flûtes se dirent, dans les roses,
La victoire du soir sur celui
Qui crut servir l’esprit et les choses
Du lendemain et de l’aujourd’hui ?

O pâle Enfant désireux des corolles,
Close longtemps est la porte d’or
Que seules descellent les paroles
De ceux qui veulent le vrai trésor.

Laisse-toi donc dormir hors de l’enceinte
Où chante le dernier rossignol ;
Sache croire que l’attente est sainte,
Et donne à tes seuls rêves leur vol.

Et peut-être enfin les portes de flamme
S’ouvriront-elles à ton appel
Sous l’aube où les fleurs, ayant une âme,
En feront sauter le triple scel.

(Stuart Merrill)

Illustration

 

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Qu’il serait bon que ma vie soit un char à boeufs (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



Qu’il serait bon que ma vie soit un char à boeufs
Qui vient en grinçant, de bon matin, de par la route.
Et vers l’endroit d’où il est venu s’en retourne plus tard
Presque à la brune de par la même route.
Oui, je n’aurais pas à avoir de l’espoir –
je n’aurais qu’à avoir des roues…
Ma vieillesse n’aurait rides ni cheveux blancs…
Et quand je ne servirais plus à rien,
on m’enlèverait les roues
Et je resterais renversé et cassé
au fond d’un ravin.

(Fernando Pessoa)

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Voyage en montagne (Du Mu)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Illustration
    
Voyage en montagne

Sentier pierreux serpentant dans la montagne froide
Là où s’amassent de blancs nuages, une chaumière…
J’arrête le char et aspire la forêt d’érables au soir
Feuilles givrées : plus rouges que les fleurs du printemps

(Du Mu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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A une femme (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



 

Albert Lynch _A_Young_Beauty_With_Flowers_In_Her_Hair

A une femme

Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Lynch

 

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Imprescriptible (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018




    
Imprescriptible

L’immersion en ta beauté,
les noces des fleurs, les rengaines des passereaux,
les rires des enfants, les sonnailles des chevaux,
les geignements des chars, la senteur du foin…

Et dans l’entrebâillement des frondaisons,
un échantillon d’azur traversé par la course des nuages
dont l’incandescence s’éparpille
au fond de mon coeur comme des pétales.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le pavillon du roi de Teng (Wang Bo)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



Illustration
    
Le pavillon du roi de Teng

Le roi de Teng avait,
près des îles du grand fleuve,
un pavillon élevé,

A la ceinture du roi
dansaient de belles pièces de jade,
et des clochettes d’or
chantaient autour de son char.

Le jade a cessé de danser,
les clochettes ne se font plus entendre ;

Le palais n’est plus visité que,
le matin, par les vapeurs du rivage,
et, le soir, par la pluie
qui ronge les stores en lambeaux.

Des nuages paresseux se promènent lentement,
en se mirant dans les eaux limpides.
Tout marche, rien n’est immuable ;
les astres eux-mêmes ont un cours.

Combien d’automnes a-t-il passé sur ce palais ?
Le jeune roi qui l’habitait jadis, où donc est-il ?
Il a contemplé comme nous ce grand fleuve,
qui roule toujours ses flots muets et profonds.

(Wang Bo)

 

 

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UNE BONNE FORTUNE SUR LE CHEMIN (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018




    
UNE BONNE FORTUNE SUR LE CHEMIN
Li-Taï-Pé

Je montais un cheval superbe, à l’allure fière et gracieuse.
Il marchait dans les fleurs, dont les arbres printaniers jonchaient la route.

Voici que je vis venir vers moi, un char fermé,
un de ceux dont le nom est : cinq nuages…

Quand il passa à mon côté, je chatouillai légèrement ses roues, du bout de mon fouet.
Alors, écartant le rideau de perles, une femme ravissante m’éblouit de son sourire.

Puis, avant de disparaître, d’un geste furtif,
elle m’indiqua, au loin, une haute maison aux toitures rouges…

Et ce fut comme si elle me disait : « Votre petite servante habite là… »

(Dynastie des Thang, VIIIe siècle de notre ère.)

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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CIMETIÈRE DE SINERA (Salvador Espriu)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Jean-Claude Bourgeois
    
CIMETIÈRE DE SINERA

I
Par les ravines descend le char
du soleil, venant de crêtes
de fenouils et de vignes
que j’ai toujours en mémoire.
Je vais parcourir l’ordre
de verts cyprès immobiles
dominant la mer calme.

II
Quelle petite patrie
encercle le cimetière !
Cette mer, Sinera,
collines de pins et de vignes
poussière de ravines. Je n’aime
rien d’autre, si ce n’est l’ombre
voyageuse d’un nuage.
Le lent souvenir des jours
qui sont passés à jamais.

***

CEMENTIRI DE SINERA

I
Pels rials baixa el carro
del sol, des de carenes
de fonollars i vinyes
que jo sempre recordo.
Passejaré per l’ordre
de verds xiprers immòbils
damunt la mar en calma.

II
Quina petita pàtria
encercla el cementiri !
Aquesta mar, Sinera,
turons de pins i vinya,
pots de rials. No estimo
res mes, excepte l’ombra
viatgera d’un núvol.
El lent record deis dies
que són passats per sempre.

(Salvador Espriu)

 

Recueil: Cimetière de Sinera
Traduction: Mathilde et Albert Bensoussan et Denise Boyer
Editions: Ibériques

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L’ÉQUINOXE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018




    
L’ÉQUINOXE

Un coq à d’autres coqs répond. Le temps est gris,
L’équinoxe roulant ses tonneaux à grand-peine
Depuis la mer du Nord jusqu’aux bords de la Seine
À travers les odeurs, les éclairs et les cris.

Le corps décapité de l’évêque Denis
Saigne avec les raisins d’Argenteuil et Suresnes.
On enchaîne à des chars des héros et des reines.
Les temples, un à un, croulent sur les parvis

Mais, tout à l’heure encore, un arc-en-ciel de nuit
Enjambait la vallée et la lune vers lui
Roulait. Le jour parut et tout ne fut que brume.

Mérite-t-il vraiment le nom de jour, ce jour
Dont s’encrasse la ville et la vie et l’amour ?
Oui, car la flamme enfin, dans le brouillard s’allume.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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