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Poésie

Posts Tagged ‘charabia’

Charabia (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2020



    
Charabia

Nos paroles ne sont guère que des fanfreluches
colmatant mal les brèches et fissures de nos cages à penser,
même si je rêve d’atteindre l’os du verbe, la moelle de la langue,
à laquelle décidément il faudrait faire rendre gorge,
autant dire que l’Impensable n’est plus très loin.
Comme nous sommes futiles, nous autres, êtres humains !
Nous aimons enrober la substance active du néant
dans l’excipient notoire de la logique binaire.
La Raison raisonnante, raisonnable et raisonneuse
résonne si douloureusement dans nos cœurs
qu’on ne saurait lui donner raison.

(Marie-Anne Bruch)

 

Recueil: Revue Cabaret, numéro 31
Traduction:
Editions: Alain Crozier

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Charabia (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019



J’ai noté un chef-d’oeuvre
Dans mon journal
Au milieu de la nuit
Quand le soleil se leva
C’était du charabia

(Abbas Kiarostami)

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Crapaud (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



Sur les bords de la Marne
Un crapaud il y a,
Qui pleure à chaudes larmes
Sous un acacia.

– Dis-moi pourquoi tu pleures
Mon joli crapaud?
– C’est que j’ai le malheur
De n’être pas beau.

Sous les bords de la Seine
Un crapaud il y a.
Qui chante à perdre haleine
Dans son charabia.

– Dis-moi pourquoi tu chantes
Mon vilain crapaud?
– Je chante à voix plaisante,
Car je suis très beau,
Des bords de la Marne aux bords de la Seine
Avec les sirènes.

(Robert Desnos)

Illustration

 

 

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Le prompteur (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2016



Le prompteur

Tout est écrit.
Il n’y a qu’à lire en feignant d’inventer.
Mais le prompteur parfois s’embue
parce que la lumière s’est mise à douter d’elle-même
ou parce qu’une larme est tombée d’une étoile non encore promulguée.
Ou bien c’est le texte qui, soudain, sort de ses rails en couinant comme un goret.
Alors on met en marche dans sa poitrine le générateur de secours,
on peint n’importe quels sons sur la taie qui a recouvert la parole,
on redresse à la main les aiguillages de la phrase
Et peu à peu le discours usurpateur recouvre les pleins pouvoirs
dont, tout un instant, l’a dépossédé
l’inintelligible mais authentique charabia de l’homme.

(Jean Rousselot)

 

 

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