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Poésie

Posts Tagged ‘chargé’

Du fond de l’orient (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




    
Du fond de l’orient le vent se lève, et l’exilé, là-bas,
Lui rend grâce de porter son salut vers l’ouest.
A ce souffle d’amour la charge est bien légère,
Du message éperdu d’un corps en mal de coeur.

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud
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SILENCE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
SILENCE

L’ombre tourne sous le hêtre
sans que le soleil descende.
Le soleil stagne au zénith,
les pommiers plient sous leur charge.

La respiration d’une herbe,
le chemin secret des taupes,
la fumée droite et tranquille
d’un hameau qui brûle au loin.

Sous le silence on entend
un autre silence.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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IRLANDE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

IRLANDE

Saturée de tourbe, abandonnée à la lande, toi,
toi, la plus nue, qui baignes dans l’obscurité
de la gorge profonde de vert
envahie, du lit de grisaille
que mon fantôme
a dérobé aux bouches
des pierres — accorde-moi le silence
pour endosser les ailes des corneilles, permets-moi
de passer à nouveau par ici
et de respirer l’air lourdement chargé
qui fait toujours commerce de ta honte,
donne-moi le droit de te détruire
sur la langue qui empale
notre moisson, ces hectares de froid
sans merci.

(Paul Auster)

Illustration: Josiane Moïmont

 

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LA FEMME (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
LA FEMME

Je poserai dans le panier les fruits du temps.
Prends garde à ceux qui ont roulé dans l’herbe :
Ce sont les plus chargés du sucre de nos joies.
Voici l’hiver aux arbres vides.

Ton sourire éclaire aux fenêtres
La tambourinade grise des pluies.
Tu regardes qui vient, la vallée sombre,
La ligne de cyprès qui dodelinent.

Tes mains ont charge d’éternel
Pour des paroles qui rassurent.
Ô joie que tu fais paraître, paisible,
quand la nature se confie.

Entends les pensées qui dérivent,
Les rêves. Que sais-tu de la nuit,
Parle, dis-moi, que sais-tu de la nuit ?
J’ai veillé jusqu’ici vainement,
Comme dehors l’hiver, la page est vide.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES TRANSPARENTS (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Giotto di Bondone
    
LES TRANSPARENTS

Ils sont debout à l’orée de la lumière,
Transparents et bleutés. Parfois la brise
Les soulève au-dessus de la tourmente qui saisit l’arbre,
Près de la plaine où bataille l’année.
Dehors, la torche du soleil consume la lavande
Et le désir de gloire. Eux seuls ne sombrent pas.
Ils savent sous la clarté odorante des roses,
La guêpe en embuscade et que Beauté
Peut être masque de Néant.
L’autre se démène, cherchant qui dévorer.

Ils vont sur le sentier où les pieds se meurtrissent, leurs épaules
Ploient sous la charge invisible. Une lumière
Les transfigure, la paix grandit. Et lui dans le silence
Passant toute bonté : leur coeur vivant brasier
Du seul amour.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ouvre les bras (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



    

J’ouvre les bras

J’ouvre les bras. Des femmes s’y rassemblent.
Ô bien-aimée, est-ce l’autre, est-ce toi ?
Dans une vie, il est trois, quatre amours.
Qui nous dira lequel fut le plus beau ?

Hélas ! mes bras se ferment sur le vide.
Elles ont fui les belles voyageuses
et je suis là comme un regret d’avril,
les bras chargés de mes roses fanées.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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La rivière de l’Ouest à Chu-zhou (Wei Ying-wu)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018




    
La rivière de l’Ouest à Chu-zhou

Au bord de l’eau, seul à chérir ces herbes cachées
Un loriot jaune chante là-haut au fond des feuillages
Chargée de pluie, monte au soir la crue printanière
Embarcadère désert : flottant de travers, une barque…

(Wei Ying-wu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Si seule ta présence (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018




    
— Si seule ta présence
me fait battre le coeur,
m’allège de mes charges,
me fait aimer le monde,
me donne envie de vivre,

Seule ton absence
active ma mémoire,
produit ces images
dont mes rêves sont faits,
génère la tristesse
aux couleurs de deuil
que sur mon visage
ta mort fixera ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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MEHR LICHT (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

Anna Razumovskaya 3156_b

MEHR LICHT

Me reconnaîtrez-vous à ces mains ces prunelles
À ce coeur douloureux
Visages familiers
Plus de lumière encor sur mon front
Sur ma bouche
Et je vais gaspillant mon sang dans les rosiers

C’est pour toi que je vis
Terre coupée d’eaux vives
Pour vous
Amis si purs à l’abri des saisons
Et je vis allongeant mes jambes près des vôtres
Afin que nos réveils ne soient pas étrangers

Pour l’amour
Soyons là
Les fenêtres respirent
Le meilleur de la nuit brille sous l’abat-jour
Longtemps je garderai mes mains
Au fond des vôtres
Pour les donner au ciel
Chargées de vos ferments

(René Guy Cadou)

Illustration: Anna Razumovskaya

 

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Les chevaux de l’amour (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017



Illustration: Jeanne Saint Chéron
    
Les chevaux de l’amour me parlent de rencontres
Qu’ils font en revenant par des chemins déserts
Une femme inconnue les arrête et les baigne
D’un regard douloureux tout chargé de forêts

Méfie-toi disent-ils sa tristesse est la nôtre
Et pour avoir aimé une telle douleur
Tu ne marcheras plus tête nue sous les branches
Sans savoir que le poids de la vie est sur toi

Mais je marche et je sais que tes mains me répondent
Ô femme dans le clair prétexte des bourgeons
Et que tu n’attends pas que les fibres se soudent
Pour amoureusement y graver nos prénoms

Tu roules sous tes doigts comme des pommes vertes
De soleil en soleil les joues grises du temps
Et poses sur les yeux fatigués des villages
La bonne taie d’un long sommeil de bois dormant

Montre tes seins que je voie vivre en pleine neige
La bête des glaciers qui porte sur le front
Le double anneau du jour et la douceur de n’être
Qu’une bête aux yeux doux dont on touche le fond

Telle tu m’apparais que mon amour figure
Un arbre descendu dans le chaud de l’été
Comme une tentation adorable qui dure
Le temps d’une seconde et d’une éternité.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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