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Poésie

Posts Tagged ‘chargé’

Etre toujours chargé (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2017



Vouloir qu’un mur tout neuf
S’inscrive dans la ville.
Etre toujours chargé
De préparer les jours.

(Guillevic)

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Un grand Espoir s’écroula (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Un grand Espoir s’écroula
On ne perçut aucun bruit
Au-dedans était la Ruine
Ô Naufrage sournois
Qui ne se Trahit pas
Et n’admit nul Témoin

L’esprit bâti pour une Charge immense
Conçu pour la tourmente
Sombrant en Mer tant de fois
Et sur Terre, ostensiblement

Un refus de m’avouer la blessure
Et tant elle s’élargit
Que toute ma Vie s’y engouffra
Autour, ce n’étaient que failles –

Rabattu le simple couvercle qui bâillait au soleil
Jusqu’à ce que le tendre Menuisier
A jamais le cloue –

***

A great Hope fell
You heard no noise
The Ruin was within
Oh cunning Wreck
That told no Tale
And let no Witness in

The mind was built for mighty Freight
For dread occasion planned
How often foundering at Sea
Ostensibly, on Land

A not admitting the wound
Until it grew so wide
That all my Life had entered it
And there were troughs beside –

A closing of the simple lid that opened to the sun
Until the tender Carpenter
Perpetual nail it down –

(Emily Dickinson)


Illustration: Jacob-Peter Gowi

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Lourde pend la goutte de pluie (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Lourde pend la goutte de pluie
Au rameau chargé ;
Lourde s’amasse la brume
Au loin, sur les Hautes Terres ;

Lourd plane le ciel maussade.
Lourde déferle la mer —
Et lourd bat le jeune coeur
Sous l’arbre solitaire —

Jamais lueur bleue depuis l’aube
N’a fendu les nuages —
Jamais depuis sa naissance
N’a souri son sinistre Destin —

Menaçant pour le tout-petit,
Ternissant les joies de l’enfant
Il ignore, l’ange gardien,
Ce garçon mélancolique.

Le jour dépasse vite
Son printemps triste et sombre :
Bientôt la jeunesse déborde
Sur l’âge d’homme plus austère —

Il n’est pas de fleur qui ne prie
Le soleil avant de se fermer

***

Heavy hangs the raindrop
From the burdened spray ;
Heavy broods the damp mist
On Uplands far away ;

Heavy looms the dull sky.
Heavy rolls the sea —
And heavy beats the young heart
Beneath that lonely tree —

Never has a blue streak
Cleft the clouds since morn —
Never has his grim Fate
Smiled since he was born —

Frowning on the infant,
Shadowing childhood’s joy ;
Guardian angel knows not
That melancholy boy.

Day is passing swiftly
Its sad and sombre prime :
Youth is fast invading
Sterner manhood’s time —

All the flowers are praying
For sun before they close

(Emily Brontë)

 Illustration

 

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Dans les odeurs descendues des lilas (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



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Dans les odeurs descendues des lilas
le soir s’imposait
encore chargé de couleurs

On décelait
une attente de pas familiers
sur des outils délaissés
les conquêtes de l’usure

Le murmure continu de bruits
venus d’ailleurs
sur un mur de clôture
les derniers sursauts du jour

(Georges Bonnet)

 Illustration: Claude Monet

 

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Ta charge nocturne (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



 

Ta charge nocturne,
Est-ce pluie, grêle ou grésil,
Caravane de nuages ?

***

Your cargo tonight,
Is it rain or hail or sleet,
Caravan of clouds?

(Richard Wright)

 

 

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AGATES NOIRES (Tudor Arghezi)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Félix Vallotton   claire-de-lune-1895

AGATES NOIRES

Comme on est porté au coeur du silence
dans la profondeur de ce ravin
de la nuit pâle, comme l’est la lune
luisant aux grisailles du soir.

Comme se perd l’âme
dans des filets vagues
bercés bord sur bord,
pour la caresser.

Comme feuillets lus,
les papillons blancs cernés d’or
sur des touffes de centaurées
dansent d’une aile fine.

Crissement de soie
noyée de dentelles —
passe un vent léger
étoilé de perles
au long de ma vitre.

Dans ma tête monte
un très vieux parfum
de sein radieux
sur lequel dormait
l’iris d’un bras frêle.

Les yeux fermés, coques de fer,
distribuent leur graine menue
aux yeux d’autrefois.
Et vers le ciel ces tristes arbres :

les voici, les sombres navires
chargés d’un lest mystérieux…

(Tudor Arghezi)

Illustration: Félix Vallotton

 

 

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Aux arbres morts (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



Aux arbres morts

Arbres qui verdoyez au soleil triomphant,
Ô fils harmonieux de la bonne nature,
Toujours debout, dressant votre fière stature,
Comment grandirez-vous si rien ne vous défend ?

La hache sur vos troncs retentit, et vous fend,
Et vous tombez au sol avec un long murmure ;
Un frisson tel agite alors votre ramure
Qu’on entend, grands vaincus, sur vous pleurer le vent.

Loin des tristes cités barbares où nous sommes,
Dans des bois inconnus, hors du regard des hommes,
Beaux arbres, puissiez-vous revivre pour jamais !

Nous n’avons pas assez l’amour des verts feuillages
Pour que, dans les vallons ou sur les clairs sommets,
Vous abritiez nos fronts de vos bras chargés d’âges…

(Albert Lozeau)

 

 

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Passant (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



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Passant

Ne te retourne pas comme la femme de Loth
les pas te sont comptés aussi près que le souffle

qui te mène poète dans la cage du vers
sur deux notes ou trois peut-être, mais le merle

a-t-il une autre échelle pour porter le matin
sous ton masque de chair ? Ne te retourne pas

l’air est chargé du sel de nos vaines douleurs, va
dans le vent qui passe et laisse mourir les morts.

(Guy Goffette)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Les pires souffrances de l’homme (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2016



Les pires souffrances de l’homme sont celles qu’il redoute,
car le grand obstacle c’est toujours la représentation et non la réalité.
La réalité on la prend en charge avec toute la souffrance,
toutes les difficultés qui s’y attachent –
on la prend en charge, on la hisse sur ses épaules
et c’est en la portant que l’on accroît son endurance

(Etty Hillesum)

 Illustration: Jerome Bosch 

 

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CORTEGE (Leopoldo Marechal)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



CORTEGE

Vêtue et parée comme pour ses noces
S’en va la Morte : deux enfants
la conduisent en pleurant.
Et c’est sur le chariot même où l’on charge en Décembre
les épis mûrs.

Le corps est étendu sur des laines brillantes,
les essieux et les roues chantent
leur antique servage.
Fiché dans la prairie comme une lance d’or
midi flamboie.

(Mon frère monte un poulain couleur de nuit,
moi une jument blanche
qui n’est pas encore ferrée.)

La Morte s’en va sur le chariot des blés mûrs :
Sa face tournée vers le soleil
a le brillant du nickel.
On devine la forme du silence à ses lèvres,
une forme de clé.

Elle a fermé les yeux au calme visible
du jour, et au jeu
des nombres chantants;
et ses mains agrippent la Croix en un geste
d’invisible naufrage.

Et pendant que le cortège s’avance parmi les fleurs
et les épis de lin qui murmurent
dans la langue du vent,
la tête gisante secouée par le voyage
fait le signe du « non ».

Deux enfants la conduisent : dans leurs têtes nuageuses
bourgeonnent les questions :
Pourquoi la Morte est-elle en robe de noces ?,
Pourquoi sur le char même
Où l’on transporte les épis ?

(Mon frère monte un poulain couleur de nuit,
moi une jument blanche
qui n’est pas encore ferrée.)

(Leopoldo Marechal)

Illustration: Claude Monet  

 

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