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Poésie

Posts Tagged ‘chargé’

Ombres (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020


Guerriers gaulois et romains
marchent avec selon l’heure
devant ou derrière eux leurs ombres
et celles de leurs boucliers
aux mêmes lieux plus tard
arriveront des couples
porteurs de lourds bouquets.
Sur un terrain vague
où sèche du sang
frémit l’arbuste d’aujourd’hui.

(Jean Follain)

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La rivière de l’Ouest à Chu-zhou (Wei Ying-wu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
La rivière de l’Ouest à Chu-zhou

Au bord de l’eau, seul à chérir ces herbes cachées
Un loriot jaune chante là-haut au fond des feuillages
Chargée de pluie, monte au soir la crue printanière
Embarcadère désert : flottant de travers, une barque…

(Wei Ying-wu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Le marchand d’éventails (Kakô)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



 

Le marchand d’éventails
promène sa charge de vent –
la chaleur !

(Kakô)

Illustration: Hokusaï

 

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Le besoin de retrouver (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



Revenir aussi le soir,
Retrouver le chemin,
Les lieux, la maison,

S’asseoir chargé de la journée
Regarder, essayer

Et ne rien retrouver
Que le besoin de retrouver.

(Guillevic)

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Dans l’aujourd’hui de l’immédiat (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Temps
Pas mesurable
Chargé
D’évènements immémoriaux
Dans l’aujourd’hui
De l’immédiat.

(Guillevic)

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Oeil de pèlerin et charge d’étoiles (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



Nous
soudés au temps
coulés dans le projet
serrés contre l’armature

Nous
à la solde du passé
à la charge du présent

Nous
soutenus par nos mains
secourus par nos signes

heurterons de front la mort

Nous
dans l’opiniâtre genèse
où s’œuvre notre liberté

garderons
œil de pèlerin
et charge d’étoiles

(Andrée Chedid)

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Qu’est-ce que le moi ? (Pascal)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019



Qu’est-ce que le moi ?
Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants,
si je passe par là, puis-je dire qu’il s’est mis là pour me voir ?
Non ; car il ne pense pas à moi en particulier.

Mais celui qui aime quelqu’un à cause de sa beauté, l’aime-t-il ?
Non ; car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus.

Et si on m’aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m’aime-t-on, moi ?
Non ; car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même.

Où est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps, ni dans l’âme ?
Et comment aimer le corps ou l’âme, sinon pour ces qualités qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu’elles sont périssables ?
Car aimerait-on la substance de l’âme d’une personne abstraitement,
et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste.

On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices,
car on n’aime personne que pour des qualités empruntées.

(Pascal)

Illustration: Toshiyuki Enoki

 

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DEUX CHEVAUX (Armand Bernier)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2019



DEUX CHEVAUX

Deux chevaux arrêtés au sommet d’une côte.
L’un d’eux, avec douceur, s’est rapproché de l’autre
Et lui a raconté quelque chose à l’oreille.
Son propos pacifique évoquait des merveilles
Et j’ai vu son haut front d’animal s’éclairer.
— « Patience, a-t-il dit. Gardons-nous d’oublier
Qu’il est un monde où les chevaux n’ont plus de charge,
Un monde où l’on est libre, où l’horizon est large,
Un monde où l’on peut vivre heureux, à gambader
Avec d’autres chevaux amis, dans les vergers.
Ne dors pas, cette nuit, dans l’écurie obscure.
Détourne tes regards des misérables murs
Et de la crèche oblique où ta faim se repaît.
Ne mange pas, non plus, comme un cheval épais.
Veille longtemps, et tu verras, par la lucarne,
Des chevaux bleus courir dans le ciel plein d’étoiles ».
Ce voeu d’évasion, hélas, s’arrête ici.
Un homme est survenu. L’attelage est parti.
Les chevaux, dans le vent, branlaient leurs lourdes têtes
Emportant, loin de moi, leur univers de bêtes.

(Armand Bernier)

 

 

 

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EN ÉTÉ SUR LA MONTAGNE DE LA CIGOGNE (Dai Shulun)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019



EN ÉTÉ SUR LA MONTAGNE DE LA CIGOGNE

Le vent des cieux me pousse au sommet
Chargé de roses, le souffle offre la fraîcheur
au sixième mois
J’emprunte les deux cigognes blanches
au vieux moine
Qui m’emportent sur leur dos
au fond des nuages d’azur

(Dai Shulun)

Illustration

 

 

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LES PIES (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



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LES PIES

De branche en branche
Les pies
Sautent, noires et blanches,
Et crient.

Un attelage,
Monumental comme une grange en marche,
Sur la montée, à contre ciel, près d’un village,
Bombe sa charge ;

Les fers des gros chevaux résonnent,
Le charroi passe, énorme et lourd,
Les petites maisons frissonnent
Aux carrefours.

Tandis qu’aux alentours,
Noires et blanches,
De branche en branche,
Les pies
Crient.

Tandis qu’aux alentours,
Noires et blanches,
De branche en branche,
Les pies
Crient.

(Emile Verhaeren)

 

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