Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘chargement’

A… (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



A…

Décharge mes souhaits de leur lourd chargement.
La vie est vaste et ne se presse pas.
Il y a beaucoup de pays sur cette terre
Et beaucoup de nuits sous le firmament,

Qui donc sait l’équation
De la vie, des souffrances ?
Peut-être qu’en des jours ultérieurs
Tout cela s’évanouira.

***

An…

Nimm meiner Wünsche schwere Last.
Das Leben ist weit und ohne Hast.
Es gibt viel Länder der Welt
Und viel Nächte im Zelt.

Wer weiss denn eine Waage
Des Lebens der Leiden?
Vielleicht wird in späteren Tagen
Sich dies alles scheiden.

(Hannah Arendt)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA FORTERESSE DES OMBRES (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



LA FORTERESSE DES OMBRES

Cûchulainn chante :

J’ai fait un voyage, ô Loegaire,
un voyage à la terre des Ombres.
La forteresse des Ombres avait des serrures de fer,
mais j’y ai posé la main.

Sept murs entouraient la cité,
haineuse était cette forteresse,
une palissade en fer sur chaque mur,
sur laquelle sept têtes étaient fichées.

Il y avait des portes de fer de chaque côté,
mais ce n’était pas même une défense contre des femmes,
je les ai frappées avec mon pied
si bien qu’elles sont tombées en morceaux.

Il y avait une fosse dans la forteresse,
celle du roi, disent-ils.
Dix serpents jaillissaient
de ses bords. Ce fut un haut fait.

Je courus vers eux,
et bien que leur nombre fut grand,
je les mis en morceaux
entre mes deux pouces.

Il y avait une maison pleine de crapauds
qui s’avancèrent vers nous.
C’étaient des bêtes à la tête pointue,
ils se collèrent à mon visage.

Des monstres horribles comme des dragons
furent lachés contre nous.
Puissants étaient leurs sortilèges.
Bien qu’ils (fussent terribles),

je courus vers eux
et lorsque je (les atteignis) ,
je les réduisis en petits morceaux
entre mes deux paumes

Il y avait un chaudron en cette forteresse.
Il ruisselait d’or et d’argent, quelle splendide découverte !
Ce chaudron (nous) fut donné
par la fille du roi.

Nous emmenâmes trois vaches.
Elles nagèrent sur la mer.
Il y avait un chargement d’or
pour deux hommes sur leur dos.

Quand nous partîmes sur l’océan
qui était vaste, vers le nord,
les hommes de mon bateau furent noyés
par la cruelle tempête.

Alors je portai,
bien que ce fût dangereux,
neuf hommes sur chacune de mes mains,
trois sur ma tête

et huit sur mes deux flancs,
accrochés à mon corps.
Ainsi je nageai sur la mer
jusqu’à parvenir au port.

Livre de la Vache Brune.

(Poésie Irlandaise)

Illustration: Arnold Böcklin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :