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Isis, la grande enchanteresse (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



isisAilee

Les murs ne tombent pas
[34]

Nous avons vu comment les plus aimables,
soumis à une tension physique,

deviennent des loups, des chacals,
des chiens bâtards ;

nous savons en outre que la faim
peut transformer en hyène les meilleurs d’entre nous ;

en conséquence (mais nous n’oublions pas
Amour, la Créatrice,

son chariot et ses colombes blanches),
supplions Hest,

Aset, Isis, la grande enchanteresse,
avec les attributs de Serket,

la grand-mère originelle,
qui conduisait

des scorpions harnachés
devant elle.

***

We have seen how the most amiable,
under physical stress,

become wolves, jackals,
mongrel curs;

we know further that hunger
may make hyenas of the best of us;

let us, therefore (though we do not forget
Love, the Creator,

her chariot and white doves),
entreat Hest,

Aset, Isis, the great enchantress,
in her attribute of Serqet,

the original great-mother,
who drove

harnessed scorpions
before her.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Rêve chevalin (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



 Illustration
    
Rêve chevalin:
Cheval, ayant mangé son chariot,
contemple l’horizon.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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LES USINES (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



 

 

LES USINES

Se regardant avec les yeux cassés de leurs fenêtres
Et se mirant dans l’eau de poix et de salpêtre
D’un canal droit, marquant sa barre à l’infini,
Face à face, le long des quais d’ombre et de nuit,
Par à travers les faubourgs lourds
Et la misère en pleurs de ces faubourgs,
Ronflent terriblement usines et fabriques.

Rectangles de granit et monuments de briques,
Et longs murs noirs durant des lieues,
Immensément, par les banlieues ;
Et sur les toits, dans le brouillard, aiguillonnées
De fers et de paratonnerres,
Les cheminées.

Se regardant de leurs yeux noirs et symétriques,
Par la banlieue, à l’infini,
Ronflent le jour, la nuit,
Les usines et les fabriques.

Parée et noire et opulente,
Au cri des orgues violentes
Qui la célèbrent,
La mort tout en ténèbres
Règne, comme une idole assise,
Sous la coupole des églises.

Des feux, tordus comme des hydres,
Se hérissent, autour du catafalque immense,
Où des anges, tenant des faulx et des clepsydres,
Dressent leur véhémence,
Clairons dardés, vers le néant.

Le vide en est grandi sous le transept béant ;
De hautes voix d’enfants
Jettent vers les miséricordes
Des cris tordus comme des cordes,
Tandis que les vieilles murailles
Montent, comme des linceuls blancs,
Autour du bloc formidable et branlant
De ces massives funérailles.

Drapée en noir et familière,
La Mort s’en va le long des rues
Longues et linéaires.

Drapée en noir, comme le soir,
La vieille Mort agressive et bourrue
S’en va par les quartiers
Des boutiques et des métiers,
En carrosse qui se rehausse

De gros lambris exorbitants,
Couleur d’usure et d’ancien temps.

Drapée en noir, la Mort
Cassant, entre ses mains, le sort
Des gens méticuleux et réfléchis
Qui s’exténuent, en leurs logis,
Vainement, à faire fortune,
La Mort soudaine et importune
Les met en ordre dans leurs bières
Comme en des cases régulières.

Et les cloches sonnent péniblement
Un malheureux enterrement,
Sur le défunt, que l’on trimballe,
Par les églises colossales,
Vers un coin d’ombre, où quelques cierges,
Pauvres flammes, brûlent, devant la Vierge.

Vêtue en noir et besogneuse,
La Mort gagne jusqu’aux faubourgs,
En chariot branlant et lourd,
Avec de vieilles haridelles
Qu’elle flagelle
Chaque matin, vers quels destins ?
Vêtue en noir,
La Mort enjambe le trottoir
Et l’égout pâle, où se mirent les bornes,
Qui vont là-bas, une à une, vers les champs mornes ;
Et leste et rude et dédaigneuse
Gagne les escaliers et s’arrête sur les paliers
Où l’on entend pleurer et sangloter,
Derrière la porte entr’ouverte,

(Emile Verhaeren)

 

 

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À vous clochards célestes (Jean-Luc Pouliquen)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



 

À vous
clochards célestes
jetés un soir d’hiver
dans les fossés de la solitude.
À vous
handicapés de l’espoir
poursuivant les étoiles
sur un chariot de souffrances
À vous
clowns et baladins
aux costumes percés de larmes
Le temps n’a pas tout dit
mais cache sous ses grimaces
l’allégresse
du grand soir

(Jean-Luc Pouliquen)

Découvert chez Lara ici

 

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Un chariot à glace (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2016



 

pigeon blanc

Un chariot à glace
Où un pigeon blanc comme neige
Savoure l’eau froide.

***

In an ice-wagon,
A snow-white pigeon sipping
Drops of cold water.

(Richard Wright)

Illustration

 

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Tant que je repose inerte immobile (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



 

Tant que je repose inerte immobile,
je ne fais qu’entasser la masse des choses,
je ne fais que dévorer ce monde
par petits morceaux, ainsi que fait l’insecte.
Chaque fardeau de douleurs devient plus pesant;
la vie vieille, blanchie parmi l’hiver des doutes
est courbée sous le poids d’une préoccupation.

Mais si je vais et cours
dans le torrent du mouvement
avec la masse serrée de ce monde,
tous vêtements déchirés, lacérés,
alors les fardeaux variés de la souffrance se dissipent.
Je deviens pur, baignant dans le courant de marche
et je bois la liqueur immortelle de marche.
Ma jeunesse est éveillée à la vie neuve,
elle rajeunit à chaque instant!

Ainsi je suis le voyageur dont les regards vont en avant,
à quoi vous servirait de m’appeler derrière ?
Je ne demeure pas assis dans ma maison, envoûté par l’attirance de la mort!
Mais j’ai mis ma guirlande au cou de l’Etre Jeune.
Je porte à la main ses présents d’union,
je rejette l’ancien fardeau, l’amas précieux de ma vieillesse!
Le grand ciel est empli du joyeux chant de marche,
ô toi mon âme,
Dieu Poète du Monde chante en ton chariot,
et le soleil, la lune, les étoiles chantent à l’entour!

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

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Racine Sauvage (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016



Racine Sauvage

Elle m’est restée gravée dans les yeux
la vision de ce chariot de blé
grinçant et lourd, qui passa,
semant d’épis le droit chemin.

– Ne prétends pas maintenant que je plaisante !
Tu ne sais pas dans quels profonds souvenirs
je me suis absorbée !

Depuis le fond de mon âme me remonte
une saveur de pitanga aux lèvres.
Mon épiderme sombre possède encore
je ne sais quels parfums de blé amoncelé.

Ah, je voudrais t’emmener avec moi
dormir une nuit dans le champ
et dans tes bras rester jusqu’au jour
sous le toit affolé d’un arbre !

Je suis la même que cette fille sauvage
qui te côtoyait il y a des siècles.

***

Me ha quedado clavada en los ojos
la visión de ese carro de trigo
que cruzó rechinante y pesado
sembrando de espigas el recto camino.

¡No pretendas ahora que ría!
¡Tu no sabes en qué hondos recuerdos
estoy abstraida!

Desde el fondo del alma me sube
un sabor de pitanga a los labios.
Tiene aún mi epidermis morena
no sé que fragancias de trigo emparvado.

¡Ay, quisiera llevarte conmigo
a dormir una noche en el campo
y en tus brazos pasar hasta el día
bajo el techo alocado de un árbol!

Soy la misma muchacha salvaje
que hace años trajiste a tu lado.

(Juana de Ibarbourou)

 

 

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Dire que … (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016




Dire que les arbres sont ouverts au jour, les poissons rapides,

dire les dahlias nids d’abeilles et les sentiers où l’herbe pousse
malgré les pas et les chariots qui la blessent.

Dire que tout est riche, touffu, impénétrable

et que la mort nous cerne.

(Luc Dietrich)

Illustration

 

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Seuil de l’unique (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2016



J’ai fait cahoter sur les collines du temps
Le chariot de ma folie que ta rouille ronge.
Ai-je assez goûté de vinaigre à ton éponge
Pour que ton nom m’éclabousse éternellement?

(Jean Grosjean)

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CORTEGE (Leopoldo Marechal)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



CORTEGE

Vêtue et parée comme pour ses noces
S’en va la Morte : deux enfants
la conduisent en pleurant.
Et c’est sur le chariot même où l’on charge en Décembre
les épis mûrs.

Le corps est étendu sur des laines brillantes,
les essieux et les roues chantent
leur antique servage.
Fiché dans la prairie comme une lance d’or
midi flamboie.

(Mon frère monte un poulain couleur de nuit,
moi une jument blanche
qui n’est pas encore ferrée.)

La Morte s’en va sur le chariot des blés mûrs :
Sa face tournée vers le soleil
a le brillant du nickel.
On devine la forme du silence à ses lèvres,
une forme de clé.

Elle a fermé les yeux au calme visible
du jour, et au jeu
des nombres chantants;
et ses mains agrippent la Croix en un geste
d’invisible naufrage.

Et pendant que le cortège s’avance parmi les fleurs
et les épis de lin qui murmurent
dans la langue du vent,
la tête gisante secouée par le voyage
fait le signe du « non ».

Deux enfants la conduisent : dans leurs têtes nuageuses
bourgeonnent les questions :
Pourquoi la Morte est-elle en robe de noces ?,
Pourquoi sur le char même
Où l’on transporte les épis ?

(Mon frère monte un poulain couleur de nuit,
moi une jument blanche
qui n’est pas encore ferrée.)

(Leopoldo Marechal)

Illustration: Claude Monet  

 

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