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SONNET (Charles-Adolphe Cantacuzène)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



SONNET

Malgré les sifflements stridents et les bagarres,
Et les cris grimaçants des freins et des essieux,
Et cette vapeur qui pénètre dans les yeux, —
Il te plaît, ô mon cœur, d’aller parmi les gares.

C’est là, mon pauvre cœur, c’est là que tu t’égares
Et que tu surprends les troubles de tant d’adieux
Que l’on veut comprimer et qui montent aux cieux
Dans l’encens fumeux des convois et des cigares.

Il te plaît d’assister au départ d’inconnus
Que tu vois aujourd’hui, que tu ne verras plus,
Et dont plus d’un a l’air farouche et magnanime.

Et puis ces femmes dans leurs tristes manteaux gris,
— Beautés chez qui tu sens des cœurs qui sont amis
Et de qui tu retiens le parfum anonyme.

(Charles-Adolphe Cantacuzène)

Illustration: Claude Monet

 

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AVEC L’AME (Charles-Adolphe Cantacuzène)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



AVEC L’AME

Quoi ! déjà le jour va pâlir !
Quoi ! déjà la lampe s’allume.
L’octobre va déjà venir
Nous jeter aux yeux de la brume.

Le cœur demeure toujours vert
Lorsque tout déjà s’enlinceule…
Mon Dieu ! je vais passer l’hiver,
Si seul avec mon âme seule !

(Charles-Adolphe Cantacuzène)

 

 

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TORMENTUM (Charles-Adolphe Cantacuzène)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



TORMENTUM

Il me semble qu’en poussant la porte

— (Es-tu morte ?) —

Je te ferai surgir derrière la porte
Boudeuse, accorte,
— Avec aux mains des lilas blancs
Et des gestes troublants ;
Avec au front d’immenses tristesses
Et, dans tes cheveux, des odeurs et des caresses,
Et, dans ton cœur,
De la joie et de la peur,
Et quelque belle douceur.
Es-tu morte ?
Voyons, je vais pousser cette porte ;
Il ne faut pas que tu sois morte :
Il faut te montrer derrière la porte,
D’exquise sorte.
Nargue aux De Profundis :
Je veux voir ta chair et ses lis
Et ta carnation, ô dis.
Je veux encore nos promenades
— Par tant d’après-midi pluvieux, non fades — A travers Paris
Si gris,
A travers ce Paris énorme,
— A mon bras ta gentille forme, A mon bras,
Hélas !
Ton mince et réchauffant bras
Las.
Je vais ouvrir la porte :
Non, car peut-être es-tu bien morte…

(Charles-Adolphe Cantacuzène)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

 

 

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SONNET (Charles-Adolphe Cantacuzène)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2016



SONNET

Ce souvenir meurt et renaît…
C’est ici que se promenait,
Dans un temps lointain, l’inquiète
Et l’adorable Mariette.

Devant son air triste et coquet,
Pourquoi mon cœur fut-il muet ?
Aujourd’hui l’épouse muette
Ne peut que plaindre le poète.

A voir encor son délicat
Et vraiment superbe incarnat,
Je deviens rouge un peu comme elle.
A voir sa robe pale et frêle,
Mon cœur pâlit, mon cœur se tait,
Mon cœur défaille de regret.

(Charles-Adolphe Cantacuzène)

Illustration: Claude-Zélie Girardin

 

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