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Posts Tagged ‘(Charles Cros)’

Il y a des moments où les femmes sont fleurs (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2018



 

Hermann Albert  url

Il y a des moments où les femmes sont fleurs

Sonnet

Il y a des moments où les femmes sont fleurs ;
On n’a pas de respect pour ces fraîches corolles…
Je suis un papillon qui fuit des choses folles,
Et c’est dans un baiser suprême que je meurs.

Mais il y a parfois de mauvaises rumeurs ;
Je t’ai baisé le bec, oiseau bleu qui t’envoles,
J’ai bouché mon oreille aux funèbres paroles ;
Mais, Muse, j’ai fléchi sous tes regards charmeurs.

Je paie avec mon sang véritable, je paie
Et ne recevrai pas, je le sais, de monnaie,
Et l’on me laissera mourir au pied du mur.

Ayant traversé tout, inondation, flamme,
Je ne me plaindrai pas, délicieuse femme,
Ni du passé, ni du présent, ni du futur !

(Charles Cros)

Illustration: Hermann Albert

 

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SONNET A MADAME DE M. (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



 

Lori Earley_1462

SONNET A MADAME DE M.

Ignorante ou plutôt dédaigneuse des maux
Et des perversités, vous sachant hors d’atteinte.
Vous traversez la vie en aimant sans contrainte,
Donnant de votre charme aux faits les plus normaux.

J’ai comme un souvenir vague, en de vieux émaux
D’un portrait lumineux de reine ou bien de sainte
A la grâce élancée, où je vous trouvais peinte
Mieux que je ne ferais en alignant des mots.

Comme la sainte, vous avez le don de plaire
Sans recherche fiévreuse; aussi votre âme claire
Aux ouragans mondains ne se troublera pas.

Et vous avez encor, comme dans cette image,
Le fin et long aspect des reines moyen âge
Dont un peuple naïf et doux baisait les pas.

(Charles Cros)

Illustration: Lori Earley

 

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BONNE FORTUNE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018


 


 

Alexander Sulimov -   (26)

BONNE FORTUNE
À Théodore de Banville.

Tête penchée,
OEil battu,
Ainsi couchée
Qu’attends-tu ?

Sein qui tressaille,
Pleurs nerveux,
Fauve broussaille
De cheveux,

Frissons de cygnes
Sur tes flancs,
Voilà des signes
Trop parlants.

Tu n’es que folle
De ton corps.
Ton âme vole
Au dehors.

Qu’un autre vienne,
Tu feras
La même chaîne
De tes bras.

Je hais le doute,
Et, plus fier,
Je te veux toute,
Âme et chair.

C’est moi (pas l’autre!)
Qui t’étreins
Et qui me vautre
Sur tes seins.

Connais, panthère,
Ton vainqueur
Ou je fais taire
Ta langueur.

Attache et sangle
Ton esprit,
Ou je t’étrangle
Dans ton lit.

(Charles Cros)

Illustration: Alexander Sulimov

 

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Ecole buissonnière (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

Ecole buissonnière

Ma pensée est une églantine
Eclose trop tôt en avril,
Moqueuse au moucheron subtil
Ma pensée est une églantine ;
Si parfois tremble son pistil
Sa corolle s’ouvre mutine.
Ma pensée est une églantine
Eclose trop tôt en avril.

Ma pensée est comme un chardon
Piquant sous les fleurs violettes,
Un peu rude au doux abandon
Ma pensée est comme un chardon ;
Tu viens le visiter, bourdon ?
Ma fleur plaît à beaucoup de bêtes.
Ma pensée est comme un chardon
Piquant sous les fleurs violettes.

Ma pensée est une insensée
Qui s’égare dans les roseaux
Aux chants des eaux et des oiseaux,
Ma pensée est une insensée.
Les roseaux font de verts réseaux,
Lotus sans tige sur les eaux
Ma pensée est une insensée
Qui s’égare dans les roseaux.

Ma pensée est l’âcre poison
Qu’on boit à la dernière fête
Couleur, parfum et trahison,
Ma pensée est l’âcre poison,
Fleur frêle, pourprée et coquette
Qu’on trouve à l’arrière-saison
Ma pensée est l’âcre poison
Qu’on boit à la dernière fête.

Ma pensée est un perce-neige
Qui pousse et rit malgré le froid
Sans souci d’heure ni d’endroit
Ma pensée est un perce-neige.
Si son terrain est bien étroit
La feuille morte le protège,
Ma pensée est un perce-neige
Qui pousse et rit malgré le froid.

(Charles Cros)

Illustration

 

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Il y a la fleur, il y a la femme (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Illustration: Carole Cousseau
    
Il y a la fleur, il y a la femme,
Il y a le bois où l’on peut courir
Il y a l’étang où l’on peut mourir.
Alors, que nous fait l’éloge ou le blâme?

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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SONNET A MADEMOISELLE NELSY DE S. (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



 

Andrea Mantegna _mars

SONNET A MADEMOISELLE NELSY DE S.

Je crois que
Mantegna vous a faite en peinture
Droite dans le gazon rare et les arbres fins,
Au bord d’une mer bleue, où, civils, des dauphins
Escortent des vaisseaux à la basse mâture.

Vous menez, garrottés d’une rouge ceinture,
Des amours; sans souci de leurs pleurs vrais ou feints
Vous rêvez des projets dont nul ne sait les fins, laissant vos cheveux d’or flotter à l’aventure.

Ou, prêtresse venue avec les chefs normands,
C’était vous qui rendiez dociles et dormants,
Par vos chansons, les flots insoumis de la
Seine.

Échappée à d’anciens tableaux, d’anciens romans,

Ainsi, votre beauté m’étonne sur la scène

Du monde de nos jours, pauvre en enchantements.

(Charles Cros)

Illustration: Andrea Mantegna

 

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Matin de Décembre (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



 

Matin de Décembre

On s’éveille
du coton dans les oreilles,
une petite angoisse douce
autour du coeur, comme mousse;
c’est la neige,
l’hiver blanc
sur ses semelles de liège
qui nous as surpris, dormant.

(Charles Cros)

Illustration

 

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JEUNE HOMME (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018


 


 

Júlia Fernández Sánchez 0721

JEUNE HOMME

Oh ! me coucher tranquillement
Pendant des heures infinies !
Et j’étais pourtant ton amant
Lors des abandons que tu nies.

Tu mens trop ! Toute femme ment.
Jouer avec les ironies,
Avec l’oubli froid, c’est charmant.
Moi, je baise tes mains bénies.

Je me tais. Je vais dans la nuit
Du cimetière calme où luit
La lune sur la terre brune.

Six balles de mon revolver
M’enverront sous le gazon vert
Oublier tes yeux et la lune.

(Charles Cros)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

 

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A tuer (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



 

Derek Stefanuk  (4)

A tuer

Voici venir le printemps vague
Je veux être belle. Une bague
Attire à ma main ton baiser.

Aime-moi bien ! Aime-moi toute
Surtout jamais, jamais de doute.
Ta fureur ? Je vais l’apaiser.

J’ai mal fait. – Mais ne sois pas triste,
Enterre-moi sous la batiste.
Je meurs ! des coussins, des coussins !

A présent je serai bien sage
Tes bras autour de mon corsage
Et tes lèvres entre mes seins.

(Charles Cros)

Illustration: Derek Stefanuk

 

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Berceuse (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Lauri Blank -    (18) [1280x768]

Berceuse

Il y a une heure bête
Où il faut dormir.
Il y a aussi la fête
Où il faut jouir.

Mais quand tu penches la tête
Avec un soupir
Sur mon coeur, mon coeur s’arrête
Et je vais mourir…

Non ! ravi de tes mensonges,
O fille des loups,
Je m’endors noyé de songes

Entre tes genoux.
Après mon coeur que tu ronges
Que mangerons-nous ?

(Charles Cros)

Illustration: Lauri Blank

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