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Posts Tagged ‘(Charles d’Orléans)’

Rondeau de printemps (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



 

Rondeau de printemps

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie:
« Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,  »

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d’argent, d’orfèvrerie;
Chacun s’habille de nouveau.
Le temps a laissé son manteau.

(Charles d’Orléans)

Illustration: Piel-Colombo

 

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Je devrais prendre ma retraite (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2019




Je devrais prendre ma retraite,
Mais on dirait que je me rends
Sans coup férir, car Bon Espoir
M’a dit que je rajeunirai :
Aussi je fourbirai mon coeur
Tout rouillé par le Nonchaloir.

***

Mon jubilé faire devroye,
Mais on diroit que me rendroye
Sans coup ferir, car Bon Espoir
M’a dit que renouvelleray :
Pour ce mon cueur fourbir feray
Tout enroillé de Nonchaloir.

(Charles d’Orléans)

 

 

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Mélancolie (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018




Allez-vous en d’où vous venez,
Importune Mélancolie ;
On ne vous a pas appelée :
Vous devenez trop familière !

Avec vous Souci vous menez,
Ma porte vous sera fermée :
Allez-vous en d’où vous venez,
Importune Mélancolie.

C’est que vous torturez mon coeur
Quand vous lui tenez compagnie ;
Prenez congé, je vous en prie,
Retirez-vous à tout jamais.
Allez-vous en d’où vous venez !

(Charles d’Orléans)

Illustration: Jeannie Lynn Paske

 

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Ne plus jamais aimer d’amour (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018




Ne plus jamais aimer d’amour,
J’en ai parfois la tentation,
À cause des douleurs pénibles
Qu’il me faut souvent accepter.
Mais enfin, pour être sincère,
Quel que soit le prix à payer,
Je vous l’assure, par ma foi :
Je ne saurais en empêcher
Mon coeur qui est maitre de moi.

J’ai beau avoir subi des tours
Inouïs, j’ai tout dédaigné
Pour croire au secours d’un espoir
Tendre ou de Consolation.
Hélas ! Si je pouvais trouver
Le moyen de m’en retirer,
Par mon serment envers Amour,
Je n’y laisserais pas rentrer
Mon coeur qui est maitre de moi.

J’ai conscience qu’en le flattant,
Amour sait si bien le gagner
Que mon coeur voudrait tous les jours
Rester ainsi sans en bouger.
Et il s’obstine à rester sourd
Au mal qu’il me fait endurer;
Plaisir lui a donné ce pli :
Il agit mal en confisquant
Mon coeur qui est maitre de moi.

Envoi

Je suis fâché d’en parler tant,
Mais, par le dieu auquel je crois,
C’est que j’ai le souhait de reprendre
Mon coeur qui est maître de moi.

***

De jamais n’amer par amours
J’ay aucune fois le vouloir
Pour les ennuieuses dolours
Qu’il me fault souvent recevoir.
Mais en la fin, pour dire voir,
Quelque mal que doye porter,
Je vous asseure, par ma foy,
Que je n’en sauroye garder
Mon cueur qui est maistre de moy.

Combien qu’ay eu d’estranges tours,
Mais j’ay tout mis a nonchaloir,
Pensant de recouvrer secours
De Confort ou d’un doulx espoir.
Helas ! se j’eusse le povoir
D’aucunement hors m ‘en bouter,
Par le ser(e)ment qu’a Amours doy,
Jamais n’y lairove rentrer
Mon cueur qui est maistre de moy.
Car je sçay bien que par doulçours
Amour le scet si bien avoir

Qu’il vouldroit ainsi tous les jours
Demourer sans ja s’en mouvoir.
N’il ne veult oïr ne savoir
Le mal qu’il me fait endurer;
Plaisance l’a mis en ce ploy
Elle fait mal de le m’oster,
Mon cueur qui est maistre de moy.

L’envoy

I1 me desplaist d’en tant parler
Mais, par le dieu en qui je croy,
Ce fait desir de recouvrer
Mon cueur etc.

(Charles d’Orléans)


Illustration

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Veuillez emprisonner vos yeux (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




Veuillez emprisonner vos yeux,
Cessez de les jeter sur moi :
Quand vous daignez me regarder,
Par Dieu, belle, vous me tuez,
Mettant mon coeur en tel état
Que je ne sais plus où j’en suis.
Je suis mort si vous ne m’aidez,
Ma seule, ma suprême joie.

***

Vueilliez voz yeulx emprisonner
Et sur moy plus ne les giettés,
Car, quant vous plaist me regarder,
Par Dieu, belle, vous me tués
Et en tel point mon cueur mettés
Que je ne sçay que faire doye.
Je suis mort se vous ne m ‘aidiés,
Ma seule, souveraine joye.

(Charles d’Orléans)

Illustration: Le Titien

 

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Comment peut-il en être ainsi (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017




Comment peut-il en être ainsi,
Dans une seule créature,
Tellement de biens de nature,
Pour l’étonnement de chacun?

Jamais je ne vis de chef-d’oeuvre
Accompli plus parfaitement:
Comment peut-il en être ainsi
Dans une seule créature ?

Je croyais mes yeux mensongers
Quand ils ont présenté ses traits
A mon coeur, sous forme d’image :
C’était vrai, plus que je ne dis.
Comment peut-il en être ainsi !

(Charles d’Orléans)

Illustration: Amaury Duval

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Disparaissez de devant moi, Beauté (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




Disparaissez de devant moi,
Beauté, suivez votre serment :
Vous me tentez trop fréquemment :
Vous avez tort, restez tranquille !

Toutes les fois que je vous vois,
Je me sens je ne sais comment:
Disparaissez de devant moi,
Beauté, suivez votre serment !

Je discerne tant de plaisirs
En vous, selon mon opinion,
Que mon esprit en est troublé.
Vous m’accablez, je le confirme :
Disparaissez de devant moi !

(Charles d’Orléans)

 

 

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Je meurs de soif auprès de la fontaine, (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




Je meurs de soif auprès de la fontaine,
Tremblant de froid au feu des amoureux;
Je suis aveugle et je conduis les autres;
Pauvre en bon sens, l’un des gens avertis ;
Très négligent, souvent soucieux pour rien :
Ma situation est comme ensorcelée,
Conduite au pire et au mieux par Fortune.

Gagnant du temps, je perds mainte semaine ;
Je joue et ris quand la douleur m’étreint;
Mon déplaisir est comblé d’espérance;
J’attends ma chance aux affres du regret;
Rien ne me plait et pourtant je désire;
Joie et chagrin je trouve à ma pensée
Conduite au pire et au mieux par Fortune.

Je suis bavard et me tais à grand peine ;
Déconcerté sans manquer de courage ;
Mon réconfort est aux mains de Tristesse :
Je ne peux pas les esquiver tous deux ;
Dans l’affliction, je fais bonne figure ;
La maladie m’échoit dans la santé
Conduite au pire et au mieux par Fortune.

Envoi

prince, je dis que mon cas désastreux
Et mon profit aussi avantageux,
Je les jouerai au hasard, quelque année
Conduite au pire et au mieux par Fortune.

(Charles d’Orléans)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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Dieu, qu’il la fait bon regarder (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Dieu, qu’il la fait bon regarder

Dieu, qu’il la fait bon regarder,
La gracieuse, bonne et belle !
Pour les grands biens qui sont en elle,
Chacun est prêt de la louer.

Qui se pourroit d’elle lasser ?
Toujours sa beauté renouvelle,
Dieu, qu’il la fait bon regarder,
La gracieuse, bonne et belle !

Par deça en dela la mer
Ne sçay dame ne damoiselle
Qui soit en tous biens parfais telle ;
C’est un songe que d’y penser.
Dieu, qu’il la fait bon regarder !

(Charles d’Orléans)

Illustration: Ekaterina Moré

 

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Allez-vous les en empêcher? (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2015




Allez-vous les en empêcher,
Ces rivières, de s’écouler?
Prendre des grues, les retenir
Quand vous les voyez haut voler?

Que de sots voit-on s’obliger
A perdre leur temps à ces choses :
Allez-vous les en empêcher?

Laissez le temps ainsi passer
Que Fortune veut l’accepter,
Laissez les choses arriver
Que l’on ne peut pas détourner :
Allez-vous les en empêcher?

(Charles d’Orléans)

 

 

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