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Saison fidèle aux Coeurs… (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




Saison fidèle aux Coeurs…

Saison fidèle aux coeurs qu’importune la joie,
Te voilà, cher Automne, encore de retour.
La feuille quitte l’arbre, éclatante, et tournoie
Dans les forêts à jour.

Les aboiements des chiens de chasse au loin déchirent
L’air inerte où l’on sent l’odeur des champs mouillés.
Gonflés d’humidité, les prés mornes soupirent
En cédant sous les pieds.

Les oiseaux voyageurs, par bandes, dans les rues,
Emigrent vers le Sud et les soleils plus chauds.
Les laboureurs, penchés sur les lentes charrues,
Couronnent les coteaux.

Le soir, à l’horizon, parfois le ciel est rose ;
Des troupes de corbeaux traversent le couchant.
Dans le creux des sillons de la plaine repose,
Pensive, une eau d’argent.

(Charles Guérin)

Illustration

 

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Le lait des chats (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



Le lait des chats

Les chats trempent leur langue rose
Au bord des soucoupes de lait ;
Les yeux fixés sur le soufflet,
Le chien bâille en songeant, morose.

Et tandis qu’il songe et repose
Près de la flamme au chaud reflet,
Les chats trempent leur langue rose
Au bord des soucoupes de lait.

Dans le salon, seul le feu glose ;
Mère-grand dit son chapelet,
Suzanne dort sur un ourlet,
Et dans le lait, paupière close,
Les chats trempent leur langue rose.

(Charles Guérin)

Illustration: Brunel Neuville

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Sur mon mur comme un cœur débordant de lumière (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2016



Sur mon mur comme un cœur débordant de lumière
Une rose a fleuri, de toutes la première
Car elle est svelte et blanche,
elle est jeune d’un jour,
Elle rit au ciel neuf de moi, pleine d’amour.

(Charles Guérin)

 

 

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Tu sommeilles ; je vois tes yeux sourire encor (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2016



Harry Holland arch

Tu sommeilles ; je vois tes yeux sourire encor.
Ta gorge, ainsi deux beaux ramiers prennent l’essor,
Se soulève et s’abaisse au gré de ton haleine.
Tu t’abandonnes, lasse et nue et tout en fleur,
Et ta chair amoureuse est rose de chaleur.
Ta main droite sur toi se coule au creux de l’aine,
Et l’autre sur mon coeur crispe ses doigts nerveux.
Ce taciturne émoi flatte ma convoitise.
Ta bouche est entrouverte et ton souffle m’attise
Et le mien qui s’anime agite tes cheveux.

Vivant sachet rempli de nard, de myrrhe et d’ambre,
Tu répands tes parfums irritants dans la chambre.
Je te respire avec ivresse en caressant,
Comme un sculpteur modèle une onctueuse argile,
Ton corps flexible et plein de jeune bête agile.
La lumière étincelle à tes cils, et le sang
Peint une branche bleue à ta tempe fragile.
La courbe qui suspend à l’épaule ton sein
Emprunte aux purs coteaux nocturnes leur dessin.
Ta peau ferme a le grain du marbre et de la rose ;
Et moi je dis tout bas, pendant que je repose
Mon regard amoureux sur tes charmes choisis :
 » La gazelle couchée au frais de l’oasis
N’est pas plus douce à voir que la femme endormie,
Et les lys du matin jalousent mon amie.  »

(Charles Guérin)

Illustration: Harry Holland

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Le soir léger, avec sa brume claire et bleue (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2016



Théodore Chasseriau buste_dhomme_nu_endormi_la_t29753_0 [800x600]

Le soir léger, avec sa brume claire et bleue,
Meurt comme un mot d’amour aux lèvres de l’été,
Comme l’humide et chaud sourire heureux des veuves
Qui rêvent dans leur chair d’anciennes voluptés.

La ville, pacifique et lointaine, s’est tue.
Dans le jardin pensif où descend le repos
Frissonne avec un frais murmure un épi d’eau
Dont la tige se rompt parfois au vent nocturne.

Des jupes font un bruit de feuilles sur le sable.
Des couples amoureux se parlent à voix basse ;
Les roses que leurs doigts songeurs ont effeuillées
Répandent une odeur enivrante de miel.

Un pâle jour occupe encor le bas du ciel
Et mêle, charme étrange et confidentiel,
De la lumière en fuite à de l’ombre étoilée.
Que me font les soleils à venir, que me font
L’amour et l’or et la jeunesse et le génie !…

Laissez-moi m’endormir d’un doux sommeil, d’un long
Sommeil, avec des mains de femme sur mon front :
Ah ! fermez la fenêtre ouverte sur la vie !

(Charles Guérin)

Illustration: Théodore Chassériau

 

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Le vent est doux comme une main de femme (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016



Le vent est doux comme une main de femme,
Le vent du soir qui coule dans mes doigts ;
L’oiseau bleu s’envole et voile sa voix,
Les lys royaux s’effeuillent dans mon âme ;

Au clavecin s’alanguissent les gammes,
Le soleil est triste et les coeurs sont froids ;
Le vent est doux comme une main de femme,
Le vent du soir qui coule dans mes doigts.

Je suis cet enfant que nul ne réclame,
Qu’une dame pâle aimait autrefois ;
Laissez le soleil mourir sur les toits,
Dormir la mer plus calme, lame à lame…
Le vent est doux comme une main de femme.

(Charles Guérin)

 

 

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Les fenêtres qu’on ouvre (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2015



Les fenêtres qu’on ouvre
échangent des éclairs.

(Charles Guérin)

Illustration: Gustave Caillebotte

 

 

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