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Posts Tagged ‘(Charles Van Lerberghe)’

L’aube blanche dit à mon rêve (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



Júlia Fernández Sánchez 0009

L’aube blanche dit à mon rêve :
Éveille-toi, le soleil luit.
Mon âme écoute, et je soulève
Un peu mes paupières vers lui.

Un rayon de lumière touche
La pâle fleur de mes yeux bleus ;
Une flamme éveille ma bouche,
Un souffle éveille mes cheveux.

Et mon âme, comme une rose
Tremblante, lente, tout le jour,
S’éveille à la beauté des choses,
Comme mon coeur à leur amour.

Il n’est rien qui ne m’émerveille !
Et je dis en mon rire d’or :
Je suis une enfant qui s’éveille
Jusqu’au moment où Dieu l’endort.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

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L’adieu (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

Musée Bonnat - Idylle - Léon Bonnat (1890)

L’adieu

Le soir fraîchissait dans les roses.
Inquiets de troubler ce charme défaillant,
Des êtres inconnus, voluptueusement,
Atténuaient les choses
De voiles hyacinthes, semblables à des mers.
Tout s’effaçait en un calme silence,
Et devenait l’imperceptible hier.
Des choses qui mouraient paraissaient immortelles,
D’autres, languissamment, s’exhalaient dans le ciel,
Et pour qu’aucun regret n’en fût en nos pensées,
Tout en nous oubliant, semblaient comme oubliées.

Mais, à cette heure suprême
Nos visages encor tournés vers le bonheur,
Attardés dans le soir, dans l’adieu, dans les pleurs,
Attardés en nous-mêmes ;
Nous voulions, malgré que tout espoir fût vain,
Revivre ce beau jour, et seuls, le soir atteint,
Seuls, nous ne savions nous détacher des choses,
À l’heure où les parfums se détachaient des roses,
Et la lumière de notre seuil.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Léon Bonnat

 

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L’attente (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

Jules Joseph Lefebvre    Marie-Madeleine-dans-la-grotte-1876-Jules-Joseph-Lefebvre

L’attente

Du monde invisible et d’aurore
Où me guidaient mes anges pieux,
Qui viendra me rouvrir les yeux ?
Voici le jour. Je rêve encore.

Le doux enchantement des airs
Qui passent sur les roseraies,
Dans mes prunelles azurées
Vient comme une aube au fond des mers.

Heures et choses incertaines ;
Au loin, dans des bosquets de fleurs,
Me chantent mes divines soeurs,
Et j’écoute leurs voix lointaines.

Je tremble et de joie et d’effroi.
Nue, en ma chevelure blonde,
J’attends que le soleil m’inonde,
Et qu’une ombre tombe de moi.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Jules Joseph Lefebvre

 

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Il luit dans l’ombre (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



 

Anne-Marie Zilberman (16)

Il luit dans l’ombre,
Le beau fruit d’or,
Il luit comme un trésor
Entre ces feuilles.
C’est pour toi qu’il a mûri,
Le beau fruit du paradis.
Quelles roses lui sont pareilles ?

Voilés de leurs ailes,
Les anges sommeillent…

Voici que la nuit vient,
Pas une étoile ne se lève.
Oh ! rien
Qu’un effleurement
De tes lèvres…
Qui peut savoir ?
Le souffle du soir le touche bien.

Écoute ma chanson ;
Elle murmure à ton oreille :
Approche et cueille.
Les anges sommeillent…

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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Au bois dormant (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018


 


 

Vladimir Volegov eedc

Au bois dormant

Un peu de jour, un peu d’amour,
Un peu de soleil, comme en rêve,
Et son front et ces lys autour,
C’était chose fragile et brève.

Mais c’était si doux à souffrir
Parmi ces eaux, ces fleurs, ces palmes,
Qu’elle n’en pouvait pas mourir ;
Alors elle a clos ses yeux calmes.

Elle s’est endormie au fond
De mon coeur, sur ses mains tranquilles,
Et lys et roses même sont
Dans des silences immobiles.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Vladimir Volegov

 

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De mon mystérieux voyage (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



 

Lauri Blank -    (6)

De mon mystérieux voyage
Je ne t’ai gardé qu’une image,
Et qu’une chanson, les voici :
Je ne t’apporte pas de roses,
Car je n’ai pas touché aux choses,
Elles aiment à vivre aussi.

Mais pour toi, de mes yeux ardents,
J’ai regardé dans l’air et l’onde,
Dans le feu clair et dans le vent,
Dans toutes les splendeurs du monde,
Afin d’apprendre à mieux te voir
Dans toutes les ombres du soir.

Afin d’apprendre à mieux t’entendre
J’ai mis l’oreille à tous les sons,
Ecouté toutes les chansons,
Tous les murmures, et la danse
De la clarté dans le silence.

Afin d’apprendre comme on touche
Ton sein qui frissonne ou ta bouche,
Comme en un rêve, j’ai posé
Sur l’eau qui brille, et la lumière,
Ma main légère, et mon baiser.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Lauri Blank

 

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Quand vient le soir (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Bao-Pham Thienbao 444181899c89

Quand vient le soir,
Des cygnes noirs,
Ou des fées sombres,
Sortent des fleurs, des choses, de nous
Ce sont nos ombres.

Elles avancent ; le jour recule.
Elles vont dans le crépuscule,
D’un mouvement glissant et lent.
Elles s’assemblent, elles s’appellent,
Se cherchent sans bruit,
Et toutes ensemble,
De leurs petites ailes,
Font la grande nuit.

Mais l’Aube dans l’eau
S’éveille et prend son grand flambeau.
Puis elle monte,
En rêve monte, et peu à peu,
Sur les ondes elle élève
Sa tête blonde,
Et ses yeux bleus.

Aussitôt, en fuite furtive,
Les ombres s’esquivent,
On ne sait où.
Est-ce dans l’eau ? Est-ce sous terre ?
Dans une fleur ? Dans une pierre ?
Est-ce dans nous ?
On ne sait pas. Leurs ailes closes
Enfin reposent.
Et c’est matin.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Bao-Pham Thienbao

 

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Je l’ai cueilli ! Je l’ai goûté (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Hans Baldung Grien (8)

Je l’ai cueilli ! Je l’ai goûté,
Le beau fruit qui enivre
D’orgueil, et je vis !
Je l’ai goûté de mes lèvres
Le fruit délicieux de vertige infini.
Mon âme chante, mes yeux s’ouvrent,
Je suis égale à Dieu !

Un autre monde de beauté
S’étend devant mes rêves ;
De toutes choses sur la terre se lèvent
De nouvelles clartés.
Ah ! tout n’était qu’illusion humaine,
Et songes décevants !
Pour la première fois je vois et je comprends,
Comme Dieu même.

Ah ! qu’en la paix de l’Eden il repose,
L’arbre miraculeux de lumière et de vie,
Où je devais trouver la mort !
Pas un frisson dans ses feuilles ravies.
Avec quel sourire de calme bonheur,
Il respire l’air empourpré du soir !
Et voici qu’à la place où furent ces fruits d’or,
Les rameaux innocents se sont couverts de roses.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Hans Baldung Grien

 

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RÊVERIE (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



RÊVERIE

A quoi, dans ce matin d’avril,
Si douce et d’ombre enveloppée,
La chère enfant au cœur subtil
Est-elle ainsi tout occupée ?

La trace blonde de ses pas
Se perd parmi les grilles closes ;

Je ne sais pas, je ne sais pas,
Ce sont d’impénétrables choses.

Pensivement, d’un geste lent,
En longue robe, en robe à queue,
Sur le soleil au rouet blanc
A filer de la laine bleue.

A sourire à son rêve encor,
Avec ses yeux de fiancée,
A tresser des feuillages d’or
Parmi les lys de sa pensée.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: William Bouguereau

 

 

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C’est en toi, bien-aimé, que j’écoute (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



 

Jeanie Tomanek   bigprayer

C’est en toi, bien-aimé, que j’écoute,
Et que mon âme voit.
Accueille mon silence et montre-moi la route,
Mes yeux fermés au monde se sont ouverts en toi.

C’est en toi que je ris, c’est en toi que je rêve,
Que je pleure tout bas.
En toi que mon sein se soulève,
En toi que mon coeur bat.

Ô toi, dont s’ensoleille
D’un tremblement d’ailes d’or
Mon souffle animé,
C’est en toi que je m’éveille,
Et c’est en toi que je m’endors,
Ô bien-aimé !

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Jeanie Tomanek 

 

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