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Pour les seules feuilles nues (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2021




    
Pour les seules feuilles nues
Et le vent fouettant le saule
Chacun mordant l’autre épaule
Corps et souffles soutenus
Ils se sont vraiment connus
Nus de l’un à l’autre pôle.

Hérissé, l’arbre en amour
Battait d’ombre la fenêtre
Tandis que l’être sur l’être
Dans l’être ivre d’être, et pour
Que l’âme l’âme pénètre,
Se fait source vive, et sourd.

Le jardin chargé de pluie
Jette aux vitres son tourment
Ô cher mauvais temps charmant,
Toi de qui plus d’un s’ennuie,
Ici sourit ce moment
Où l’amour heureux s’essuie…

(Paul Valéry)

 

 

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I FEEL PRETTY – WEST SIDE STORY (West Side Story)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2021



    
I FEEL PRETTY – WEST SIDE STORY

MARIA
Je me sens jolie
Oh, si jolie
Je me sens jolie, spirituelle et brillante !
Et j’ai pitié

De toutes les filles qui ne sont pas moi ce soir.

Je me sens charmante
Oh, si charmante
C’est alarmant de voir comme je me sens charmante !
Et si jolie
Que j’ai peine à croire que je suis réelle.

Vous voyez, la jolie fille dans ce miroir, là ?
Qui peut bien être cette fille attirante ?
Un si joli visage
Une si jolie robe
Un si joli sourire
Un si joli moi !

Je me sens stupéfiante
Et ravissante

J’ai envie de courir et de danser de joie
Car je suis aimée
Par un garçon beau et merveilleux !

LES FILLES
Avez-vous rencontré notre gentille amie Maria ?
La fille la plus folle du quartier
Vous la reconnaîtrez dès que la verrez
C’est celle qui est dans un état de choc avancé

Elle croit qu’elle est amoureuse
Elle se croit en Espagne
Elle n’est pas amoureuse
Elle est simplement folle

Ce doit être la chaleur
Ou une maladie rare
Un excès de nourriture

Ou alors, est-ce à cause des puces ?

Ne vous approchez pas d’elle
Envoyer chercher Chino !
Ce n’est pas la Maria
Qu’on connaît !

Modeste et pure
Polie et raffinée
Bien élevée et mature
Complètement déjantée

MARIA
Je me sens jolie
Oh, si jolie
Que la ville devrait me donner sa clé
Un comité
Devrait être constitué pour m’honorer

LES FILLES
La la la la…

MARIA
Je me sens vertigineuse
Je me sens rayonnante
Je me sens pétillante, bien, amusante
Et si jolie
Que Miss America peut aller se rhabiller !

LES FILLES
La la la la…

MARIA
Vous voyez, la jolie fille dans ce miroir, là ?

LES FILLES

Quel miroir, où ça ?

MARIA
Qui peut bien être cette fille attirante ?

LES FILLES
Laquelle ? Quoi ? Où ? Qui ?

MARIA
Un si joli visage
Une si jolie robe
Un si joli sourire
Un si joli moi !

LES FILLES
Un si joli moi !

TOUTES

Je me sens stupéfiante
Et ravissante
J’ai envie de courir et de danser de joie
Car je suis aimée
Par un garçon beau et merveilleux !

***

MARIA
I feel pretty,
Oh, so pretty,
I feel pretty and witty and bright!
And I pity

Any girl who isn’t me tonight.

I feel charming,
Oh, so charming
It’s alarming how charming I feel!
And so pretty
That I hardly can believe I’m real.

See the pretty girl in that mirror there:
Who can that attractive girl be?
Such a pretty face,
Such a pretty dress,
Such a pretty smile,
Such a pretty me!

I feel stunning
And entrancing,
Feel like running and dancing for joy,

For I’m loved
By a pretty wonderful boy!

GIRLS
Have you met my good friend Maria,
The craziest girl on the block?
You’ll know her the minute you see her,
She’s the one who is in an advanced state of shock.

She thinks she’s in love.
She thinks she’s in Spain.
She isn’t in love,
She’s merely insane.

It must be the heat
Or some rare disease,
Or too much to eat

Or maybe it’s fleas.

Keep away from her,
Send for Chino!
This is not the
Maria we know!

Modest and pure,
Polite and refined,
Well-bred and mature
And out of her mind!

MARIA
I feel pretty,
Oh, so pretty
That the city should give me its key.
A committee
Should be organized to honor me.

GIRLS
La la la la . . .

MARIA
I feel dizzy,
I feel sunny,
I feel fizzy and funny and fine,
And so pretty,
Miss America can just resign!

GIRLS
La la la la . . .

MARIA
See the pretty girl in that mirror there:

GIRLS

What mirror where?

MARIA
Who can that attractive girl be?

GIRLS
Which? What? Where? Whom?

MARIA
Such a pretty face,
Such a pretty dress,
Such a pretty smile,
Such a pretty me!

GIRLS
Such a pretty me!

ALL

I feel stunning
And entrancing,
Feel like running and dancing for joy,
For I’m loved
By a pretty wonderful boy!

(West Side Story)

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Tout va sous terre et rentre dans le jeu (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2021


fragonard_baiser_vole_reve_mouvant

Les cris aigus des filles chatouillées,
Les yeux, les dents, les paupières mouillées,
Le sein charmant qui joue avec le feu,
Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,
Les derniers dons, les doigts qui les défendent,
Tout va sous terre et rentre dans le jeu!

(Paul Valéry)

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J’ai ta main (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Eugeniusz Zak - Tutt'Art@ (22) [1280x768]

J’ai ta main

Nous sommes allongés
Sur l´herbe de l´été.
Il est tard.
On entend chanter
Des amoureux et des oiseaux.

On entend chuchoter
Le vent dans la campagne.
On entend chanter la montagne.

J´ai ta main dans ma main.
Je joue avec tes doigts.
J´ai mes yeux dans tes yeux
Et partout, l´on ne voit

Que la nuit, belle nuit, que le ciel merveilleux,
Tout fleuri, palpitant, tendre et mystérieux.

Viens plus près, mon amour,
Ton cœur contre mon cœur
Et dis-moi qu´il n´est pas de plus charmant bonheur
Que ces yeux dans le ciel, que ce ciel dans tes yeux,
Que ta main qui joue avec ma main.

Je ne te connais pas.
Tu ne sais rien de moi.
Nous ne sommes que deux vagabonds,
Fille des bois, mauvais garçon.

Ta robe est déchirée.
Je n´ai plus de maison.
Je n´ai plus que la belle saison

Et ta main dans ma main
Qui joue avec mes doigts.
J´ai mes yeux dans tes yeux
Et partout, l´on ne voit

Que la nuit, belle nuit, que le ciel merveilleux,
Tout fleuri, palpitant, tendre et mystérieux.

Viens plus près, mon amour,
Ton cœur contre mon cœur
Et dis-moi qu´il n´est pas de plus charmant bonheur.
On oublie l´aventure et la route et demain
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.

(Charles Trenet)

Illustration: Eugeniusz Zak

 

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Si tu le veux bien (Léon Randin)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021




    
Si tu le veux bien

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

L’aurore paraît, la nuit fuit le jour,
Pour toi l’oiseau dit ses chansons d’amour,
Et la fleur s’éveille, ô ma douce amie.
L’aurore parait, la nuit fuit le jour,
Et toi seule encor restes endormie.

Je connais au bois de vrais coins charmants,
Tout frais… et cachés, faits pour les amants,
Comme le bon Dieu rarement parsème.
Je connais au bois de vrais coins charmants
Où l’on est heureux, où toujours l’on s’aime.

Et là nous irons la main dans la main,
Sans s’inquièter ni du lendemain,
Ni du monde vain qui jamais ne rêve.
Viens, là, nons irons la main dans la main,
Enivrés et seuls, et rêvant sans trêve.

Viens, car le soleil monte dans le ciel
Plus étincelant et plus solennel,
Jetant sur les prés ses rayons de flammes.
Viens, car le soleil monte dans le ciel :
C’est l’heure d’aller où chantent les âmes.

De rêve et d’amour ce n’est point assez,
Dirons-nous tous deux mollement bercés
Par le chaud zéphir ou la folle brise.
De rêve et d’amour ce n’est point assez
Dira notre coeur qui, je crois, se grise.

Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Recherchant avide un regard divin
Et les habits blancs d’adorables anges.
Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Et nous chanterons de pures louanges.

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

(Léon Randin)

 

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Entrechat (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



 

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Entrechat

Longue oreille, des crocs intacts, des vrais ivoires,
Le corps svelte quoique râblu,
Son beau pelage court et gris à barres noires
Lui faisant un maillot velu ;

Des yeux émeraudés, vieil or, mouillant leur flamme
Qui, doux énigmatiquement,
Donnent à son minois le mièvre et le charmant,
D’un joli visage de femme.

Avec cela rôdeur des gouttières, très brave,
Fort et subtil, tel est ce chat,
Pratiquant à loisir le bond et l’entrechat,
Au grenier comme dans la cave.

(Maurice Rollinat)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

 

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Son avidité n’a d’égal que moi (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



Son avidité n’a d’égal que moi
Donneuse de monde en mouvement
Cernée de plaisir comme un feu
Dans l’ombre tu te diriges mieux qu’une ombre
Tête accordée

Mon coeur bat dans tout ton corps
Dans tes retraites préférées
Sur l’herbe blanche de la nuit
Sous les arbres noyés

Nous passons notre vie
A renverser les heures
Nous inventons le temps

Et d’un seul coup comme toujours
Des verdures et des oiseaux
Où sommes-nous
Soufflent sur tes regards
Se posent sur tes paupières
Garde-toi de bouger
Les guirlandes de tes membres
Sont pour des fêtes moins subtiles

Pas un geste apparent
On nous croit immobiles
Tant nous sommes secrets

Donne ton juste poids à l’aube
A l’horizon le nerf de ta balance
Le cratère d’une couronne d’air pur
Sur ta chevelure folle
Mille bouffées d’écume entre les lèvres du soleil
Ou l’aile battante de ton sang
Donne ta force ta confiance

Dans l’étendue de tes yeux
Il y a tantôt un château charmant
Ouvert comme un papillon à tous les vents
Tantôt une masure terrible
Une dernière caresse
Destinée à nous séparer
Tantôt le vin tantôt une rivière
Close comme un essaim d’abeilles

Viens là docile viens oublier
Pour que tout recommence.

(Paul Eluard)

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C’est cette jeune fille au teint sombre (Krishnakânt)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2021




    
C’est cette jeune fille au teint sombre

Comme des cygnes qui picorent en ligne
Les jeunes filles qui chantent et repiquent le riz
Semblent très très belles
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui a noué le pan de son sari
Rouge vif telle une bannière, qui s’élève et ondule
Comme si elle était sortie conquérir l’univers entier
C’est elle qui les guide
Et les surveille toutes
Ne t’arrête pas maintenant, ne flanche pas
À toutes elle répète cette formule
Toutes ensemble dans le ventre de la Terre
Ne cessent de repiquer le riz
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui dans sa langue fait pleuvoir
Une mélodie mêlée de miel
En arrière toutes ses compagnes
Entremêlent les mélodies
«Jaiyo sugnâ dûr desh ur jaiyo re… »
Lorsqu’on les aperçoit certaines rougissent, embarrassées
Mais elles continuent de s’épancher dans leur babil
Les gouttes de sueur brillent à leur front
Oh surprise
Vois, quelle scène charmante!
La terre parfumée, les vents
Qui fredonnent
Lorsque la verdure exultera La Terre distribuera des sourires
Demain la sueur dissoute dans le sol deviendra céréales
La faim des Hommes disparaîtra

C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui rentre à sa maison
En ayant conquis la Terre, subjugué tout le monde
Sur sa tête le pan de son sari
Converse avec le ciel
Et rit comme l’étendard de la victoire…

(Krishnakânt)

 

Recueil: Pour une poignée de ciel Poèmes au nom des femmes dalit (Intouchable)
Traduction: Traduit du Hindi par Jiliane Cardey
Editions: Bruno Doucey

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AU SOLEIL COUCHANT (Chansons populaires)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    
AU SOLEIL COUCHANT

Au soleil couchant
je sors devant ma porte
et la vois passer,
visage plein de douceur,
le long de la joue
une mèche charmante…
Un parfum léger
flotte dans la rue…

(Chansons populaires)

Six dynasties 221-558

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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EN HIVER A LA CAMPAGNE (Maurice De Guérin)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



EN HIVER A LA CAMPAGNE

Il a neigé toute la nuit.
Les volets mal fermés m’ont laissé entrevoir dés mon lever,
cette grande nappe blanche qui s’est étendue en silence sur la campagne.
Les troncs noirs des arbres s’élèvent comme des colonnes d’ébène sur un parvis d’ivoire ;
cette opposition dure et tranchée et l’attitude morne des bois attristent éminemment.
On n’entend rien ; pas un être vivant,
sauf quelques moineaux qui vont se réfugier en piaulant dans les sapins qui tendent leurs longs bras chargés de neige.
L’intérieur de ces arbres touffus est impénétrable aux frimas ;
c’est un asile préparé par la Providence, les petits oiseaux le savent bien.

J’ai visité nos primevères chacune portait son petit fardeau de neige, et pliait la tête sous le poids.
Ces jolies fleurs, si richement colorées, faisaient un effet charmant sous leurs chaperons blancs.
J’ai vu des touffes entièrement recouvertes d’un seul bloc de neige ;
toutes ces fleurs riantes. ainsi voilées et se penchant les unes sur les autres,
semblaient un groupe de jeunes filles surprises par une ondée
et se mettant d l’abri sous un tablier blanc.

(Maurice De Guérin)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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