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La peur de la mort (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



 

Illustration: Fred Einaudi
    
La peur de la mort

La Mort à son gré se promène dans nos vies, douce Mort
qui s’affaire à chaque souffle.
Pourquoi la redouter ? Voyez comme elle rit,
son visage est la rose de lumière d’une grâce enjouée !
Une aimante et charmante vierge cueillant des fleurs
dans un jardin embaumé, frais des ondées printanières,
telle est la chose que vous craignez, une jeune et radieuse tourière
qui ouvre à nos âmes les mondes de lumière.
Est-ce parce que la branche tordue doit souffrir
quand les plus tendres mains lui dérobent sa gloire ?
Est-ce parce que la tige sans fleur retombe, ternie
et blême, qui naguère fut si belle ?
Ou est-ce le grincement affreux quand s’ouvre le portail
qui vous ébranle, faibles âmes sans courage ?
La mort n’est que le changement de nos robes pour attendre
en habits de noce à la porte de l’Éternel.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Ô souvenirs ! printemps ! aurore ! (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Illustration: Laurie Justus Pace

    

Ô souvenirs ! printemps ! aurore !

Ô souvenirs ! printemps ! aurore !
Doux rayon triste et réchauffant !
– Lorsqu’elle était petite encore,
Que sa soeur était tout enfant… –

Connaissez-vous, sur la colline
Qui joint Montlignon à Saint-Leu,
Une terrasse qui s’incline
Entre un bois sombre et le ciel bleu ?

C’est là que nous vivions, – Pénètre,
Mon coeur, dans ce passé charmant !
Je l’entendais sous ma fenêtre
Jouer le matin doucement.

Elle courait dans la rosée,
Sans bruit, de peur de m’éveiller ;
Moi, je n’ouvrais pas ma croisée,
De peur de la faire envoler.

Ses frères riaient… – Aube pure !
Tout chantait sous ces frais berceaux,
Ma famille avec la nature,
Mes enfants avec les oiseaux ! –

Je toussais, on devenait brave.
Elle montait à petits pas,
Et me disait d’un air très grave :
 » J’ai laissé les enfants en bas.  »

Qu’elle fût bien ou mal coiffée,
Que mon coeur fût triste ou joyeux,
Je l’admirais. C’était ma fée,
Et le doux astre de mes yeux !

Nous jouions toute la journée.
Ô jeux charmants ! chers entretiens !
Le soir, comme elle était l’aînée,
Elle me disait :  » Père, viens !

Nous allons t’apporter ta chaise,
Conte-nous une histoire, dis !  » –
Et je voyais rayonner d’aise
Tous ces regards du paradis.

Alors, prodiguant les carnages,
J’inventais un conte profond
Dont je trouvais les personnages
Parmi les ombres du plafond.

Toujours, ces quatre douces têtes
Riaient, comme à cet âge on rit,
De voir d’affreux géants très-bêtes
Vaincus par des nains pleins d’esprit.

J’étais l’Arioste et l’Homère
D’un poème éclos d’un seul jet ;
Pendant que je parlais, leur mère
Les regardait rire, et songeait.

Leur aïeul, qui lisait dans l’ombre,
Sur eux parfois levait les yeux,
Et moi, par la fenêtre sombre
J’entrevoyais un coin des cieux !

(Victor Hugo)

 

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Chanson de musette (Henri Murger)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020




    
Chanson de musette

Hier, en voyant une hirondelle
Qui nous ramenait le printemps,
Je me suis rappelé la belle
Qui m’aima quand elle eut le temps.
Et pendant toute la journée,
Pensif, je suis resté devant
Le vieil almanach de l’année
Où nous nous sommes aimés tant.

Non, ma jeunesse n’est pas morte,
Il n’est pas mort ton souvenir ;
Et si tu frappais à ma porte,
Mon cœur, Musette, irait t’ouvrir.
Puisqu’à ton nom toujours il tremble,
Muse de l’infidélité,
Reviens encor manger ensemble
Le pain béni de la gaîté.

Les meubles de notre chambrette,
Ces vieux amis de notre amour,
Déjà prennent un air de fête
Au seul espoir de ton retour.
Viens, tu reconnaîtras, ma chère,
Tous ceux qu’en deuil mit ton départ,
Le petit lit — et le grand verre
Où tu buvais souvent ma part.

Tu remettras la robe blanche
Dont tu te parais autrefois,
Et comme autrefois, le dimanche,
Nous irons courir dans les bois.
Assis le soir sous la tonnelle,
Nous boirons encor ce vin clair
Où ta chanson mouillait son aile
Avant de s’envoler dans l’air.

Dieu, qui ne garde pas rancune
Aux méchants tours que tu m’as faits,
Ne refusera pas la lune
A nos baisers sous les bosquets.
Tu retrouveras la nature
Toujours aussi belle, et toujours,
Ô ma charmante créature,
Prête à sourire à nos amours.

Musette qui s’est souvenue,
Le carnaval étant fini,
Un beau matin est revenue,
Oiseau volage, à l’ancien nid ;
Mais en embrassant l’infidèle,
Mon cœur n’a plus senti d’émoi,
Et Musette, qui n’est plus elle,
Disait que je n’étais plus moi.

Adieu, va-t’en, chère adorée,
Bien morte avec l’amour dernier ;
Notre jeunesse est enterrée
Au fond du vieux calendrier.
Ce n’est plus qu’en fouillant la cendre
Des beaux jours qu’il a contenus,
Qu’un souvenir pourra nous rendre
La clef des paradis perdus.

(Henri Murger)

 

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Les genêts (François Fabié)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020




    
Les genêts

Les genêts, doucement balancés par la brise,
Sur les vastes plateaux font une boule d’or ;
Et tandis que le pâtre à leur ombre s’endort,
Son troupeau va broutant cette fleur qui le grise ;

Cette fleur qui le fait rêver d’amour, le soir,
Quand il roule du haut des monts vers les étables,
Et qu’il croise en chemin les grands boeufs vénérables
Dont les doux beuglements appellent l’abreuvoir ;

cette fleur toute d’or, de lumière et de soie,
En papillons posée au bout des brins menus,
Et dont les lourds parfums semblent être venus
De la plage lointaine où le soleil se noie…

Certes, j’aime les prés où chantent les grillons,
Et la vigne pendue aux flancs de la colline,
Et les champs de bleuets sur qui le blé s’incline,
Comme sur des yeux bleus tombent des cheveux blonds.

Mais je préfère aux prés fleuris, aux grasses plaines,
Aux coteaux où la vigne étend ses pampres verts,
Les sauvages sommets de genêts recouverts,
Qui font au vent d’été de si fauves haleines.

***

Vous en souvenez-vous, genêts de mon pays,
Des petits écoliers aux cheveux en broussailles
Qui s’enfonçaient sous vos rameaux comme des cailles,
Troublant dans leur sommeil les lapins ébahis ?

Comme l’herbe était fraîche à l’abri de vos tiges !
Comme on s’y trouvait bien, sur le dos allongé,
Dans le thym qui faisait, aux sauges mélangé,
Un parfum enivrant à donner des vertiges !

Et quelle émotion lorsqu’un léger froufrou
Annonçait la fauvette apportant la pâture,
Et qu’en bien l’épiant on trouvait d’aventure
Son nid plein d’oiseaux nus et qui tendaient le cou !

Quel bonheur, quand le givre avait garni de perles
Vos fins rameaux émus qui sifflaient dans le vent,
– Précoces braconniers, – de revenir souvent
Tendre en vos corridors des lacets pour les merles.

Mais il fallut quitter les genêts et les monts,
S’en aller au collège étudier des livres,
Et sentir, loin de l’air natal qui vous rend ivres,
S’engourdir ses jarrets et siffler ses poumons ;

Passer de longs hivers dans des salles bien closes,
A regarder la neige à travers les carreaux,
Éternuant dans des auteurs petits et gros,
Et soupirant après les oiseaux et les roses ;

Et, l’été, se haussant sur son banc d’écolier,
Comme un forçat qui, tout en ramant, tend sa chaîne,
Pour sentir si le vent de la lande prochaine
Ne vous apporte pas le parfum familier.

***

Enfin, la grille s’ouvre ! on retourne au village ;
Ainsi que les genêts notre âme est tout en fleurs,
Et dans les houx remplis de vieux merles siffleurs,
On sent un air plus pur qui vous souffle au visage.

On retrouve l’enfant blonde avec qui cent fois
On a jadis couru la forêt et la lande ;
Elle n’a point changé, – sinon qu’elle est plus grande,
Que ses yeux sont plus doux et plus douce sa voix.

 » Revenons aux genêts ! – Je le veux bien ?  » dit-elle.
Et l’on va côte à côte, en causant, tout troublés
Par le souffle inconnu qui passe sur les blés,
Par le chant d’une source ou par le bruit d’une aile.

Les genêts ont grandi, mais pourtant moins que nous ;
Il faut nous bien baisser pour passer sous leurs branches,
Encore accroche-t-elle un peu ses coiffes blanches ;
Quant à moi, je me mets simplement à genoux.

Et nous parlons des temps lointains, des courses folles,
Des nids ravis ensemble, et de ces riens charmants
Qui paraissent toujours si beaux aux coeurs aimants
Parce que les regards soulignent les paroles.

Puis le silence ; puis la rougeur des aveux,
Et le sein qui palpite, et la main qui tressaille,
Au loin un tendre appel de ramier ou de caille…
Comme le serpolet sent bon dans les cheveux !

Et les fleurs des genêts nous font un diadème ;
Et, par l’écartement des branches, haut dans l’air.
Paraît comme un point noir l’alouette au chant clair
Qui, de l’azur, bénit le coin d’ombre où l’on aime !…

Ah ! de ces jours lointains, si lointains et si doux,
De ces jours dont un seul vaut une vie entière,
– Et de la blonde enfant qui dort au cimetière, –
Genêts de mon pays, vous en souvenez-vous ?

(François Fabié)

 

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SOIR (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Stéphane Pellennec
    
SOIR

Ciel ! un fourmillement emplit l’espace noir ;
On entend l’invisible errer et se mouvoir ;
Près de l’homme endormi tout vit dans les ténèbres.
Le crépuscule, plein de figures funèbres,
Soupire ; au fond des bois le daim passe en rêvant ;
À quelque être ignoré qui flotte dans le vent
La pervenche murmure à voix basse : je t’aime
La clochette bourdonne auprès du chrysanthème
Et lui dit paysan, qu’as-tu donc à dormir ?
Toute la plaine semble adorer et frémir.
L’élégant peuplier vers le saule difforme
S’incline ; le buisson caresse l’antre ; l’orme
Au sarment frissonnant tend ses bras convulsifs ;
Les nymphaeas, pour plaire aux nénuphars pensifs,
Dressent hors du flot noir leurs blanches silhouettes ;
Et voici que partout, pêle-mêle, muettes,
S’éveillent, au milieu des joncs et des roseaux,
Regardant leur front pâle au bleu miroir des eaux,
Courbant leur tige, ouvrant leurs yeux, penchant leurs urnes,
Les roses des étangs, ces coquettes nocturnes.
Des fleurs déesses font des lueurs dans la nuit,
Et dans les prés, dans l’herbe où rampe un faible bruit,
Dans l’eau, dans la ruine informe et décrépite,
Tout un monde charmant et sinistre palpite.
C’est que là-haut, au fond du ciel mystérieux,
Dans le soir, vaguement splendide et glorieux,
Vénus rayonne, pure, ineffable et sacrée,
Et, vision, remplit d’amour l’ombre effarée.

(Victor Hugo)

 

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Les chansons des rues et des bois (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Henri Martin
    
Les chansons des rues et des bois

Je ne me mets pas en peine
Du clocher ni du beffroi ;
Je ne sais rien de la reine,
Et je ne sais rien du roi ;

J’ignore, je le confesse,
Si le seigneur est hautain,
Si le curé dit la messe
En grec ou bien en latin ;

S’il faut qu’on pleure ou qu’on danse,
Si les nids jasent entre eux ;
Mais sais-tu ce que je pense ?
C’est que je suis amoureux.

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?
C’est au mouvement d’oiseau
De ton pied blanc qui se lève
Quand tu passes le ruisseau.

Et sais-tu ce qui me gêne ?
C’est qu’à travers l’horizon,
Jeanne, une invisible chaîne
Me tire vers ta maison.

Et sais-tu ce qui m’ennuie ?
C’est l’air charmant et vainqueur,
Jeanne, dont tu fais la pluie
Et le beau temps dans mon coeur.

Et sais-tu ce qui m’occupe,
Jeanne ? C’est que j’aime mieux
La moindre fleur de ta jupe
Que tous les astres des cieux.

(Victor Hugo)

 

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LE SOUHAIT (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



Louis Treserras -ImpressioniArtistiche-17 [800x600]

LE SOUHAIT

Du roi Phrygien la fille rebelle
Fut en noir rocher changée autrefois;
La fière Prokné devint hirondelle,
Et d’un vol léger s’enfuit dans les bois.
Pour moi, que ne suis-je, ô chère maîtresse,
Le miroir heureux de te contempler,
Le lin qui te voile et qui te caresse,
L’eau que sur ton corps le bain fait couler,
Le réseau charmant qui contient et presse
Le ferme contour de ton jeune sein,
La perle, ornement de ton col que j’aime,
Ton parfum choisi, ta sandale même,
Pour être foulé de ton pied divin !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Louis Treserras 

 

 

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Le sein ému, le front à demi soulevé (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



Luis Falero Reclining_Nude

Le sein ému, le front à demi soulevé,
Inquiète, elle attend celui qu’elle a rêvé.
Et le vent monotone endort les noirs feuillages;
La mer en gémissant berce les coquillages;
La montagne muette, au loin, de toutes parts,
Des coteaux aux vallons,brille de feux épars;
Et la source elle-même, au travers de la mousse,
S’agite et fuit avec une chanson plus douce.

Mais le jeune Immortel, le céleste Inconnu,
L’Amant mystérieux et cher n’est pas venu !
Il faut partir, hélas ! et regagner la plaine.
Thestylis sur son front pose l’amphore pleine,
S’éloigne, hésite encore, et sent couler ses pleurs;
De la joue et du col s’effacent les couleurs;
Son corps charmant, Éros, frissonne de tes fièvres !
Mais bientôt, l’oeil brillant, un fier sourire aux lèvres,
Elle songe tout bas, reprenant son chemin :
— Je l’aime et je suis belle! Il m’entendra demain !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Luis Falero 

 

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Vous souvenez-vous (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



vous souvenez-vous
comme nous avions
peur / envie
du corps de l’autre?

Notre intime mélodie:
inassouvie désirance.

Ah, vraiment charmant,
n’était-il pas charmant, ce
jeu?
(délicieux / déchiré)

(Emmanuelle Le Cam)

Illustration

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CHENGDU (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2019




    
CHENGDU

Les nuages qui survolent les montagnes de Jade
ressemblent aux changements de l’histoire
– Du Fu –

Les fleurs s’épanouissaient de manière charmante
aux alentours tout était vert
paisible et rêveur
tels les pandas dans les arbres.

La poésie résonnait en langues
que l’on pouvait ou non comprendre.
Les chinois récitaient leurs poèmes à gorge déployée
annonçant Le changement ?

Fascinants la danse et le show,
mais le poète restait prudent
méditant et inquiet
de l’avenir du temps.

(Poème écrit pour le Festival International de Poésie de Chengdu, Chine 2019)

***

CHENGDU

Flying clouds over the Jade Mountains
Are like the changes of history
– Du Fu

Flowers were blooming so gaily,
and all around was green
peaceful and dreamingly
like the pandas in the trees.

Poetry echoed in tongues
One could or couldn’t understand.
Chinese poems were shouted,
announcing The Change?

The dance and the show were fascinating.
But the poet remained thoughtful,
meditating and questioning
the future of Time.

***

成 都


玉垒浮云变古今
——杜甫


花朵如此欢快地绽放,
周围绿草茵茵
宁静而梦幻
就像熊猫在树上


诗歌语言中回响
你能或不能理解
中国诗歌被吼叫
在宣告“改变”?


舞蹈和表演很迷人
但诗人仍然在沉思
在冥想和怀疑
时间的未来。

***

Λουλούδια

Χαρούμενα π’ ανθίζουν τα λουλούδια
με πράσινο ένα γύρο
σαν τ’ όνειρο αθώο
σαν πάνδας μες στα δέντρα

Ποίηση που ηχεί σε γλώσσες
που δεν καταλαβαίνεις.
Κινέζικα ποιήματα ακούστηκαν
που ανακοίνωναν την Αλλαγή

Χορός και χιόνι γιόρταζαν
μα σκεπτικός ο ποιητής
ρωτά και διαλογίζεται
χρόνο μελλοντικό.

***

CHENGDU

De wolken die over het Jadegebergte voorbijtrekken
zijn zoals de veranderingen van de geschiedenis
Du Fu

De bloemen bloeiden zo liefelijk
en overal rond was het groen
vredig en dromerig
zoals de panda’s in de bomen.

Poëzie weerklonk in talen
die men al dan niet begrijpen kon
De Chinezen reciteerden hun gedichten luidkeels,
verkondigend De Verandering?

Fascinerend de dans en de show,
maar de dichter bleef bedachtzaam
mediterend en bezorgd
over toekomst van de tijd.

***

CHENGDU

Las nubes que pasan sobre las montañas de jade
son como los cambios de la historia
Du Fu

Las flores germinaban alegremente
y todo alrededor era verde
pacífico y soñador
como los pandas en los árboles.

La poesía resonaba en los idiomas
que uno podía entender o no
Gritaban sus poemas los chinos
¿anunciando El Cambio?

Fascinante fue el baile y el espectáculo,
pero el poeta permaneció pensativo,
meditando y cuestionando
el futuro del tiempo.

***

CHENGDU

Fliegende Wolken über den Jadebergen
Sind wie die Veränderungen der Geschichte.
– Du Fu

Die Blumen blühten so heiter,
und überall herum war grün.
friedlich und verträumt
wie die Pandas in den Bäumen.

Die Poesie erklang in Sprachen
die man entweder oder nicht verstehen konnte.
Die Chinesen deklamierten ihre Gedichte lärmend/laut,
verkündigend Die Veränderung?

Faszinierend der Tanz und die Schau,
aber der Dichter blieb nachdenklich,
meditieren und besorgt
über die Zukunft der Zeit.

***

CHENGDU

Flying clouds over the Jade Mountains
Are like the changes of history
– Du Fu

Flowers were blooming so gaily,
and all around was green
peaceful and dreamingly
like the pandas in the trees.

Poetry echoed in tongues
one couldn’t understand.
Chinese poems were shouted,
announcing The Change?

The dance and the show were fascinating.
But the poet remained thoughtful,
meditating and questioning
the future of Time.

***

CHENGDU

Le nuvole che volano sopra le montagne di Giada
sono come i cambiamenti della storia
– Du Fu

Con tale gioia sbocciavano i fiori,
e tutto intorno era verde
nella pace nel sogno
come i panda sugli alberi.

Eco di poesia sulle lingue
che nessuno poteva capire.
poesie erano gridate in cinese,
annunciando il Cambiamento?

Lo spettacolo e la danza erano affascinanti.
ma il poeta rimase pensieroso,
meditabondo e perplesso
sul futuro del Tempo.

***

CHENGDU

As nuvens que passam sobre as montanhas de jade
são como as mudanças da história
Du Fu

As flores germinavam alegremente
e tudo ao redor era verde
pacífico e sonhador
como os pandas nas árvores.

A poesia ressoava nos idiomas
que cada um podia entender ou não
gritavam os chineses os seus poemas
anunciando A MUDANÇA?

Fascinante foi o baile e o espetáculo
mas o poeta permaneceu pensativo,
meditando e questionando
o futuro do tempo.

***

CHENGDU

Norii plutesc deasupra munților de jad
asemeni trecătoarelor schimbări istorice
– Du Fu

Creșteau voioase florile
și-n jurul lor era totul de-un verde
la fel de pașnic și de visător
ca urșii panda tolăniți pe ramuri.

Vibrau în aer poezii
pe limbi neînțelese.
Chineze vorbe, oare prevesteau
Schimbarea presupusă?

Pașii și jocul fascinant
poetului nu-i alungară tulburarea,
rămase meditând îngrijorat,
la mersul vremurilor viitoare.

***

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 604
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Anglais Germain Droogenbroodt / Chinois William Zhou / Grec Manolis Aligizakis / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Espagnol Rafael Carcelén / Allemand Wolfgang Klinck / Anglais Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Hébreu Dorit Wiseman / Indi Jyotirmaya Thakur /
Editions: POINT

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