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Poésie

Posts Tagged ‘charmante’

Oh! Permets, charmante fille (Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Albena Vatcheva  (21)

Oh! Permets, charmante fille,
que j’enveloppe mon cou
avec tes bras.

(Hafiz)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Tranquille comme un sage et doux comme un maudit (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Tranquille comme un sage et doux comme un maudit,
…j’ai dit:
Je t’aime, ô ma très belle, ô ma charmante…
Que de fois…
Tes débauches sans soif et tes amours sans âme,
Ton goût de l’infini
Qui partout, dans le mal lui-même, se proclame,

Tes bombes, tes poignards, tes victoires, tes fêtes,
Tes faubourgs mélancoliques,
Tes hôtels garnis,
Tes jardins pleins de soupirs et d’intrigues,
Tes temples vomissant la prière en musique,
Tes désespoirs d’enfant, tes jeux de vieille folle,
Tes découragements;

Et tes jeux d’artifice, éruptions de joie,
Qui font rire le Ciel, muet et ténébreux.

Ton vice vénérable étalé dans la soie,
Et ta vertu risible, au regard malheureux,
Douce, s’extasiant au luxe qu’il déploie…

Tes principes sauvés et tes lois conspuées,
Tes monuments hautains où s’accrochent les brumes.
Tes dômes de métal qu’enflamme le soleil,
Tes reines de théâtre aux voix enchanteresses,
Tes tocsins, tes canons, orchestre assourdissant,
Tes magiques pavés dressés en forteresses,

Tes petits orateurs, aux enflures baroques,
Prêchant l’amour, et puis tes égouts pleins de sang,
S’engouffrant dans l’Enfer comme des Orénoques,
Tes anges, tes bouffons neufs aux vieilles défroques
Anges revêtus d’or, de pourpre et d’hyacinthe,
Ô vous, soyez témoins que j’ai fait mon devoir
Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte.

Car j’ai de chaque chose extrait la quintessence,

Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or.

(Charles Baudelaire)

Illustration: Eugène de Blaas

 

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Jeune pêcheuse (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018




Jeune pêcheuse

Je rêve au matin calme,
regardant passer les nuages,
avec quelle douceur par les arbres
tremble la jeune journée.
La brume palpite et ondoie,
par-dessus l’aurore rose
– ô personne au monde ne sait
que je mis aussi triste.

La mer ondoie fraîche et douce,
passe sans repos ni répit,
i1 me vient un frisson particulier,
et je ferme les yeux.
La brume ne saurait voir
l’aurore rose au-dessus d’elle
– ô personne ne peut comprendre
pourquoi je mis aussi triste.

Volée d’oiseaux fuient gaiement
et chantent de façon si charmante, si gracieuse.
J’aimerais pouvoir voler
où mon coeur désire.
Les brumes ondoient et s’enflent,
recouvrant l’aurore rose,
— ô personne ne peut éprouver
quel point je suis triste.

Je regarde et pleure,
aucune voile de tout l’horizon.
Si triste, si solitaire,
de chagrin mon coeur se brise.
La brume palpite et ondoie,
par-dessus l’aurore rose
Je suis seule au monde à savoir
pourquoi je suis si triste.

(Friedrich Nietsche)

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Charmante vision (Kyokusui)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018



En robe légère
elle affronte le soleil
charmante vision

(Kyokusui)


Illustration

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La voix charmante d’une grive a quelque chose à me confier (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



Toi, le perroquet bavard, tais-toi,
veux-tu ? Dans le jardin des saules
la voix charmante d’une grive
a quelque chose à me confier.

(Tshanyang Gyatsho)


Illustration

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TRANSITION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Alfred Stevens , Portrait of a young woman

TRANSITION

Le vent, tiède éclaireur de l’assaut du printemps,
Soulève un brouillard vert de bourgeons dans les branches.
La pluie et le soleil, le calme et les autans,
Les bois noirs sur le ciel, la neige en bandes blanches,
Alternent. La nature a comme dix-sept ans,
Jeune fille énervée, oscillant sur ses hanches,
Riant, pleurant, selon ses caprices flottants.

Pas encor le printemps, mais ce n’est plus l’hiver.
Votre âme, ô ma charmante, a ces heures mêlées.
Les branches noires sont pleines d’un brouillard vert.
Les mots méchants et les paroles désolées,
Sur vos lèvres, bouton d’églantine entrouvert,
Cessent à mes baisers. Ainsi les giboulées
Fondent, et le gazon s’émaille à découvert.

Votre moue est changée en rire à mes baisers,
Comme la neige fond, pâle retardataire,
Aux triomphants rayons du soleil. Apaisés,
Vos yeux, qui me jetaient des regards de panthère,
Sont bien doux maintenant. Chère, vous vous taisez
Comme le vent neigeux et froid vient de se taire.
Votre joue et le soir sont tièdes et rosés.

(Charles Cros)

Illustration: Alfred Stevens

 

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SUR UN MIROIR (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Constantin Razoumov

SUR UN MIROIR

Toutes les fois, miroir, que tu lui serviras
À se mettre du noir aux yeux ou sur sa joue
La poudre parfumée, ou bien dans une moue
Charmante, son carmin aux lèvres, tu diras :

« Je dormais reflétant les vers, que sur l’ivoire
Il écrivit… Pourquoi de vos yeux de velours,
De votre chair, de vos lèvres, par ces atours,
Rendre plus éclatante encore la victoire ? »

Alors, si tu surprends quelque regard pervers,
Si de l’amour présent elle est distraite ou lasse,
Brise-toi, mais ne lui sers pas, petite glace,
À s’orner pour un autre, en riant de mes vers.

(Charles Cros)

Illustration: Constantin Razoumov

 

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L’Oiseau Bleu (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



L’Oiseau Bleu

J’ai dans mon cœur un oiseau bleu,
Une charmante créature,
Si mignonne que sa ceinture
N’a pas l’épaisseur d’un cheveu.

Il lui faut du sang pour pâture
Bien longtemps, je me fis un jeu
De lui donner sa nourriture :
Les petits oiseaux mangent peu.

Mais, sans en rien laisser paraître,
Dans mon cœur il a fait, le traître,
Un trou large comme la main.

Et son bec fin comme une lame,
En continuant son chemin,
M’est entré jusqu’au fond de l’âme!…

(Alphonse Daudet)


Illustration

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Le soir (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Ernesto Arrisueño 1957 - Peruvian-born Australian painter -  [1280x768]

 

Le soir

Heure incertaine, heure charmante et triste : les roses
Ont un sourire si grave et nous disent des choses
Si tendres que nos coeurs en sont tout embaumés ;
Le jour est pâle ainsi qu’une femme oubliée,
La nuit a la douceur des amours qui commencent,
L’air est rempli de songes et de métamorphoses ;
Couchée dans l’herbe pure des divines prairies,
Lasse et ses beaux yeux bleus déjà presque endormis,
La vie offre ses lèvres aux baisers du silence.

Heure incertaine, heure charmante et triste : des voiles
Se promènent à travers les naissantes étoiles
Et leurs ailes se gonflent, amoureuses et timides,
Sous le vent qui les porte aux rives d’Atlantide ;
Une lueur d’amour s’allume comme un adieu
À la croix des clochers qui semblent tout en feu
Et à la cime hautaine et frêle des peupliers :
Le jour est pâle ainsi qu’une femme oubliée
Qui peigne à la fenêtre lentement ses cheveux.

Heure incertaine, heure charmante et triste : les heures
Meurent quand ton parfum, fraîche et dernière fleur,
Épanche sur le monde sa candeur et sa grâce :
La lumière se trouble et s’enfuit dans l’espace,
Un frisson lent descend dans la chair de la terre,
Les arbres sont pareils à des anges en prière.
Oh ! reste, heure dernière ! Restez, fleurs de la vie !
Ouvrez vos beaux yeux bleus déjà presque endormis…

Heure incertaine, heure charmante et triste : les femmes
Laissent dans leurs regards voir un peu de leur âme ;
Le soir a la douceur des amours qui commencent.
Ô profondes amours, blanches filles de l’absence,
Aimez l’heure dont l’oeil est grave et dont la main
Est pleine des parfums qu’on sentira demain ;
Aimez l’heure incertaine où la mort se promène,
Où la vie, fatiguée d’une journée humaine,
Entend chanter enfin, tout au fond du silence,
L’heure des songes légers, l’heure des indolences !

(Remy de Gourmont)

Illustration: Ernesto Arrisueño

 

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Lilas (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2017



Lilas

Le lilas s’est levé de bonne heure ce matin,
il a mis sa robe de fête, il s’est entouré de guirlandes,
voyez les jolies fleurs qui brillent dans ses cheveux.
Il n’y a pas de fleur plus aimable que le lilas,
un léger incarnat colore ses joues blanches,
elle a la taille souple et flexible;
sa physionomie candide a cependant un petit air espiègle qui fait plaisir.

Bonjour, charmante fleur.
Où vas-tu, joli petit lilas
—Le printemps est venu ce matin me dire: réveille-toi,
tu dors encore paresseuse; n’entends-tu pas le chant de l’alouette?
Viens m’aider dans mes travaux.
Que de choses nous avons à faire ensemble!

Le ruisseau emprisonné par la glace va redevenir libre,
ne faut-il pas qu’il retrouve ses bords couverts de mousse?
A sa vue, la mousse a reverdi, la rose,
piquée d’émulation, s’est entr’ouverte;
le saule s’est paré de feuilles verdoyantes;
le rossignol est venu se poser sur une de ses branches,
et de ses chants joyeux il a salué le lilas.

Le lilas attire les jeunes gens et les jeunes filles.
C’est la fleur confidente de la jeunesse.
Que de secrets on laisse envoler sous son ombre!
Mais le lilas est discret, il ne trahit jamais les secrets qu’on lui confie.
Qui s’est jamais repenti d’avoir ouvert son coeur au lilas?

(J.J. Grandville)

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