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Poésie

Posts Tagged ‘charmée’

Ritournelle (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Philippe Loubat _n

Ritournelle

Dans la plaine blonde et sous les allées,
Pour mieux faire accueil au doux messidor,
Nous irons chasser les choses ailées,
Moi, la strophe, et toi, les papillons d’or.

Et nous choisirons les routes tentantes,
Sous les saules gris et près des roseaux,
Pour mieux écouter les choses chantantes,
Moi, le rythme, et toi, le choeur des oiseaux.

Suivant tous les deux les rives charmées
Que le fleuve bat de ses flots parleurs,
Nous vous trouverons, choses parfumées,
Moi, glanant des vers, toi, cueillant des fleurs.

Et l’amour, servant notre fantaisie,
Fera, ce jour-là, l’été plus charmant :
Je serai poète, et toi poésie ;
Tu seras plus belle, et moi plus aimant.

(François Coppée)

Illustration: Philippe Loubat

 

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Jouissance (Marie-Catherine-Hortense de Villedieu)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Aujourd’hui dans tes bras j’ai demeuré pâmée,
Aujourd’hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur
Triomphe impunément de toute ma pudeur
Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.

Ta flamme et ton respect m’ont enfin désarmée;
Dans nos embrassements, je mets tout mon bonheur
Et je ne connais plus de vertu ni d’honneur
Puisque j’aime Tirsis et que j’en suis aimée.

O vous, faibles esprits, qui ne connaissez pas
Les plaisirs les plus doux que l’on goûte ici-bas,
Apprenez les transports dont mon âme est ravie!

Une douce langueur m’ôte le sentiment,
Je meurs entre les bras de mon fidèle Amant,
Et c’est dans cette mort que je trouve la vie.

(Marie-Catherine-Hortense de Villedieu)

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Crois-moi (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



 

Carol Carter 20656

Crois-moi

Si ta vie obscure et charmée
Coule à l’ombre de quelques fleurs,
Ame orageuse mais calmée
Dans ce rêve pur et sans pleurs,
Sur les biens que le ciel te donne,
Crois-moi :
Pour que le sort te les pardonne,
Tais-toi !

Mais si l’amour d’une main sûre
T’a frappée à ne plus guérir,
Si tu languis de ta blessure
Jusqu’à souhaiter d’en mourir,
Devant tous, et devant toi-même,
Crois-moi :
Par un effort doux et suprême,
Tais-toi !

Vois-tu ! Les profondes paroles
Qui sortent d’un vrai désespoir
N’entrent pas aux âmes frivoles
Si cruelles sans le savoir !
Ne dis qu’à Dieu ce qu’il faut dire,
Crois-moi :
Et couvrant ta mort d’un sourire,
Tais-toi !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Carol Carter

 

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Les Poètes (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2016




Sa tête s’abritait craintivement sous l’abat-jour de la lampe.
Il est vert et ses yeux sont rouges.
Il y a un musicien qui ne bouge pas.
Il dort; ses mains coupées jouent du violon
pour lui faire oublier sa misère.

Un escalier qui ne conduit nulle part
grimpe autour de la maison.
Il n’y a, d’ailleurs, ni portes ni fenêtres.
On voit sur le toit s’agiter des ombres
qui se précipitent dans le vide.
Elles tombent une à une et ne se tuent pas.
Vite par l’escalier elles remontent et recommencent,
éternellement charmées par le musicien qui joue toujours du violon
avec ses mains qui ne l’écoutent pas.

(Pierre Reverdy)

Illustration: Marc Chagall

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LES RUISSEAUX (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2015



LES RUISSEAUX

Tu connais aussi nos ruisseaux,
Nos sources pures
Où le feuillage au bord des eaux
Met des guipures.

L’eau prend plaisir dans le gazon
A se répandre
Et va chantant à l’horizon
La mère Flandre

Petits ruisseaux arc-en-ciellés,
Faisant des bulles,
Petits ruisseaux qui sont frôlés
De libellules.

Tous ces ruisseaux sont des flâneurs,
O mère Flandre !
Mais ce sont aussi des donneurs
De conseil tendre.

Zèle d’amour pris aux amants
Dans les Kermesses,
Qui font devant eux leurs serments,
Et leurs promesses.

Petits ruisseaux, les confidents,
Chantant de joie
Quand on rafraîchit ses mains dans
L’eau qui tournoie.

Et, joyeux, donnant en cadeau,
Pour les dimanches
Aux amoureux, des bagues d’eau
En perles blanches.

Leurs talus sont si rapprochés
Qu’entre les berges
Rien ne se mire : ni clochers,
Ni toits d’auberges,

Ni grands moulins transfigurant
Le paysage;
Mais le cadre est juste assez grand
Pour un visage.

Et c’est tout leur bonheur qu’au fil
De l’eau charmée
Se reflète seul un profil
De femme aimée!

(Georges Rodenbach)

Illustration

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