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Poésie

Posts Tagged ‘charmer’

L’ARBRE FRAPPE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019



L’ARBRE FRAPPE

I
La foudre spacieuse et le feu du baiser
Charmeront mon tombeau par l’orage dressé.

II
Enlevé par l’oiseau à l’épaisse douleur,
Et laissé aux forêts pour un travail d’amour.

(René Char)

 

 

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Combien dureront nos amours? (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018


bouteille

— Combien dureront nos amours?
Dit la pucelle au clair de lune.
L’amoureux répond : — Ô ma brune,
Toujours, toujours!

Quand tout sommeille aux alentours,
Élise, se tortillant d’aise,
Dit qu’elle veut que je la baise
Toujours, toujours!

Moi, je dis : — Pour charmer mes jours
Et le souvenir de mes peines,
Bouteilles ; que n’êtes-vous pleines
Toujours, toujours!

Mais le plus chaste des amours,
L’amoureux le plus intrépide,
Comme un flacon s’use et se vide
Toujours, toujours!

(Baudelaire)

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ONDÉE PRINTANIÈRE (Emile Lante)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018



ONDÉE PRINTANIÈRE

Il pleut gaîment, dans le soleil,
Il pleut sur les feuilles rieuses,
Il pleut sur les fleurs en éveil ;
Il pleut gaîment, dans le soleil,
Sur les chemins bordés d’yeuses…

Il pleut, et c’est, dans le lointain,
Une fête multicolore
Où tintent des sons argentins ;
Il pleut, et c’est, dans le lointain,
Une fête que le ciel dore…

Il pleut gaîment, dans le soleil,
Il pleut, et les gouttes murmurent
Les fièvres des midis vermeils ;
Il pleut gaîment, dans le soleil,
Il pleut, il pleut des perles pures…

Puisqu’il a plu longtemps, longtemps,
Pour charmer mon cœur de poète,
Pour faire rire tes vingt ans,
Allons, puisqu’il a plu longtemps,
Egoutter des fleurs sur nos têtes.

(Emile Lante)

 

 

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Janvier (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



 

Mathieu Triolet Oiseau mort sur la neige (2013)

Janvier

Songes-tu parfois, bien-aimée,
Assise près du foyer clair,
Lorsque sous la porte fermée
Gémit la bise de l’hiver,

Qu’après cette automne clémente,
Les oiseaux, cher peuple étourdi,
Trop tard, par un jour de tourmente,
Ont pris leur vol vers le Midi ;

Que leurs ailes, blanches de givre,
Sont lasses d’avoir voyagé ;
Que sur le long chemin à suivre
Il a neigé, neigé, neigé ;

Et que, perdus dans la rafale,
Ils sont là, transis et sans voix,
Eux dont la chanson triomphale
Charmait nos courses dans les bois ?

Hélas ! comme il faut qu’il en meure
De ces émigrés grelottants !
Y songes-tu ? Moi, je les pleure,
Nos chanteurs du dernier printemps.

Tu parles, ce soir où tu m’aimes,
Des oiseaux du prochain Avril ;
Mais ce ne seront plus les mêmes,
Et ton amour attendra-t-il ?

(François Coppée)

Illustration: Mathieu Triolet

 

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L’indifférence (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Duy Huynh autumn

L’indifférence

Me rejoignit dans sa cape de neige
L’indifférence et je lui pris les mains.

Hiver, hiver, je ne sais rien de vous.
Ni les sonnets de Michel-Ange, ni
Les Vers Dorés qu’écrivit Pythagore
Ne charment plus ma mémoire infidèle.

Chantons, veux-tu, l’écoulement du temps,
Les vieux désirs quand tempêtes s’endorment,
Et la mosquée où tu connus l’exil,
Toi que l’Église avait déjà chassé.

Pétrarque ? Oubli. Ronsard, Apollinaire ?
Oublis. Tristesse, oubli des mots de l’autre.
Accomplis-moi, ma seule indifférence.

(Robert Sabatier)

Illustration: Duy Huynh 

 

 

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Ses yeux dépassent en éclat (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Rolf Armstrong
    
Ses yeux dépassent en éclat les lueurs rayonnantes

Qui dorent l’ondée passagère ,
Qui étincellent sur les ruisseaux de cristal,

Et réjouissent chaque fleur rafraîchie.

Ses lèvres sont plus brillantes que les cerises,

Elles ont reçu une teinte plus riche;
Elles charment notre vue émerveillée

Et donnent la tentation d’y poser les nôtres :
Son sourire est comme le soir paisible

Quand les couples ailés font l’amour,
Et que les petits agneaux, folâtres et sauvages,

S’ébattent en bandes joueuses.

(Robert Burns)

 

 

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Mortelle (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Mortelle

Pour charmer
ta chevelure
de luciole,
Deborah,
toute la mer
a ourlé
ses tempêtes
en dentelles
à tes genoux.

(André Frénaud)

 

 

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Les serres et les bois (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



    

Les serres et les bois

Dans les serres silencieuses
Où l’hiver invite à s’asseoir,
Sous un jour blême comme un soir
Fument les plantes précieuses.

L’une, raide, élançant tout droit
Sa tige aux longues feuilles sèches,
Darde au plafond, comme des flèches,
Les pointes d’un calice étroit.

Une autre, géante à chair grasse,
Que hérissent de durs piquants,
Ne sourit que tous les cinq ans
Dans une éclosion sans grâce.

Une autre, molle en ses efforts,
Grimpe au vitrail, et la captive
Regarde en pitié l’herbe active
Qui tient tête au vent du dehors.

Pas un souffle ici, rien ne bouge ;
Toutes versent avec lenteur,
A flots lourds, la fade senteur
De leur floraison fixe et rouge.

Celui qu’elles charment d’abord,
Dans cet air qui bientôt lui pèse,
Envahi par un grand malaise,
Descend de l’ivresse à la mort.

Ah ! Que mille fois plus aimée
La violette, fleur des bois !
Et que plus saine mille fois
La chambre qu’elle a parfumée !

Son baume, loin d’appesantir,
Allège et fait l’âme nouvelle ;
mais fine, il faut s’approcher d’elle,
La baiser, pour la bien sentir.

(Sully Prudhomme)

 

 

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L’INDIFFÉRENCE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



 

Mahira Ates (15)

L’INDIFFÉRENCE

Me rejoignit dans sa cape de neige
L’indifférence et je lui pris les mains.

Hiver, hiver, je ne sais rien de vous.
Ni les sonnets de Michel-Ange, ni
Les Vers Dorés qu’écrivit Pythagore
Ne charment plus ma mémoire infidèle.

Chantons, veux-tu, l’écoulement du temps,
Les vieux désirs quand tempêtes s’endorment,
Et la mosquée où tu connus l’exil,
Toi que l’Eglise avait déjà chassé.

Pétrarque ? Oubli. Ronsard, Apollinaire ?
Oublis. Tristesse, oubli des mots de l’autre.
Accomplis-moi, ma seule indifférence.

(Robert Sabatier)

Illustration: Mahira Ates

 

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Serment (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Gabriel Bonmati  (28)

Serment

O poète trop prompt à te laisser charmer,
Si cette douce enfant devait t’être ravie,
Et si ce coeur en qui tout le tien se confie
Ne pouvait pas pour toi frémir et s’animer ?

N’importe ! ses yeux seuls ont su faire germer
Dans mon âme si lasse et de tout assouvie
L’amour qui rajeunit, console et purifie,
Et je devrais encor la bénir et l’aimer.

Heureux ou malheureux, je lui serai fidèle ;
J’aimerai ma douleur, puisqu’elle viendra d’elle
Qui chassa de mon sein la honte et le remord.

Vierge dont les regards me tiennent sous leurs charmes,
Si tu me fais pleurer, je bénirai mes larmes ;
Si tu me fais mourir, je bénirai la mort !

(François Coppée)

Illustration: Gabriel Bonmati

 

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