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Posts Tagged ‘charmeur’

Narcisse charmeur (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2020



Illustration: John William Waterhouse
    
Narcisse charmeur

Dors-tu, mon narcisse charmeur ?
Ce n’est certes pas sans raison.
Ta chevelure est en désordre ?
Ce n’est pas non plus sans raison.
Que dire du lait de tes lèvres,
De leur sel et de leur douceur ?
Ce n’est pas non plus sans raison.
Ta bouche est source de jouvence,
Mais tes cils me percent le coeur :
Ce n’est pas non plus sans raison.
Ton absence me fait souffrir.
Si j’éprouve tant de douleur,
ce n’est pas non plus sans raison.
Le vent du soir émeut les roses.
S’il effeuille toutes les fleurs,
ce n’est pas non plus sans raison.

Même si tu caches ta peine, ô Hâfez,
quand je vois tes pleurs,
ce n’est pas non plus sans raison.

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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À fleur de peau (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




Illustration: Egon Schiele

    
À fleur de peau

Les pétales mouillés s’agitent sur les tempes
dans les rameaux secrets des coquilles intimes
du clignement de l’oeil aux chemins de halage
les courbes discourent dans les épis de la neige

La rosée

Le calice tendre frémit
délicieusement entre le cuivre et l’orangé
dans l’écrin des paupières vertes
baisers de seins clairs
germent avec les ongles sombres
sur les nuques saupoudrées de pollen

L’étamine
le parfum brille
je t’aime

La corolle striée grandit chante
les roues marbrées des veines caressantes
le duvet des lueurs les liqueurs d’émoi
rouillent dans les ruines où tremblent nos brumes

Le pistil
rosée de fièvre
la neige de soie tombe
respire

Tout autour de nous
tout proche
le scintillement des découvertes

Respire encore

Le sang vif perle
autour du fard dans les coquilles
caressantes entre le bronze et les rameaux
charmeurs de soies passagères
valsent en lèvres
niellées dans la lueur des pétales

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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LE GRAND VIDE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



LE GRAND VIDE

Un pas de plus et l’orage allait lui mordre les doigts.
il le fit, ce pas, il en fit deux.
il entra même tout entier dans la gueule du tonnerre.
Un grand vide. Pas brûlé, pas foudroyé.
Non, mais un grand vide.
Un grand vide charmeur qu’il ne voulut plus jamais quitter.

(Norge)

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Il y a des moments où les femmes sont fleurs (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2018



 

Hermann Albert  url

Il y a des moments où les femmes sont fleurs

Sonnet

Il y a des moments où les femmes sont fleurs ;
On n’a pas de respect pour ces fraîches corolles…
Je suis un papillon qui fuit des choses folles,
Et c’est dans un baiser suprême que je meurs.

Mais il y a parfois de mauvaises rumeurs ;
Je t’ai baisé le bec, oiseau bleu qui t’envoles,
J’ai bouché mon oreille aux funèbres paroles ;
Mais, Muse, j’ai fléchi sous tes regards charmeurs.

Je paie avec mon sang véritable, je paie
Et ne recevrai pas, je le sais, de monnaie,
Et l’on me laissera mourir au pied du mur.

Ayant traversé tout, inondation, flamme,
Je ne me plaindrai pas, délicieuse femme,
Ni du passé, ni du présent, ni du futur !

(Charles Cros)

Illustration: Hermann Albert

 

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Belle au bois dormant (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018


Belle au bois dormant

Au bois, où murmurent les cimes,
Allons écouter :
I1 y dort une gracieuse enfant de roi,
Bercée par une tiède brise de printemps,
Sa chevelure d’or est parsemée de fleurs.
Sommeille, ô sommeille douce et tendre enfant
Merveille captive au château du bois
Ô belle, belle au bois dormant!

Au bois, où murmurent les chênes,
Allons écouter :
Voici qu’approche maint délicat fils de roi,
La pourpre éclatante, et la couronne brille
Charmeur résonne l’accent d’un luth d’or :
Sommeille, Ô sommeille douce et tendre
Fille de roi, de beauté merveilleuse,
Ô belle, belle au bois dormant!

Au bois, où murmurent les cimes,
Allons écouter :
oiseaux y font entendre maint doux chant,
les cimes retentissent comme carillons
A voix légère chante la brise de printemps.
Sommeille doucement, tendrement,
fille de roi, de merveilleuse beauté,
Ô belle, belle au bois dormant !

(Friedrich Nietsche)

Illustration: Gustave Doré

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GALATÉE ET PYGMALION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy Trioson
    
GALATÉE ET PYGMALION

Pygmalion, sculpteur, a travaillé la pierre
Si bien que Galatée idéale apparaît.
Il a mis tout son coeur à cet effort secret
Toute son âme émue et toute sa lumière.

Là voilà, blanche dans l’atelier solitaire,
Finie aux yeux, finie aux reins et l’on croirait
Que le pied délicat quitte le socle, prêt
A courir dans la vie. Et même la paupière

A remué! Ce n’est pas une illusion…
Le marbre devient chair! Pourquoi, Pygmalion,
As-tu fait si charmeurs ces seins et ces épaules?

Elle vit. Écrasé sous sa mignonne main
Tu subis nos douleurs d’hier et de demain :
L’épine de la rose et la neige des pôles.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chant du coeur (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



Illustration: Fabienne Contat
    
Chant du coeur

Tout me sourit, vois-tu, quand je t’ai près de moi,
et de cette joie-là tes yeux sont le miroir.
Ô ma lumière, attends, je n’ai pas dit le quart
de ce qui se bouscule en mon coeur plein de toi,
de ce qui monte en moi dès ton premier regard.
Ne dis rien, si tu veux. Ne me murmure pas
des mots d’amour charmeurs. Je n’ai qu’à être là,
te parler, te toucher, humer la matinale
fraîcheur que tu respires ; si pour toi tout cela,
c’est trop, il me suffit de seulement te voir !

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Eh ! oui, c’est toi la plus forte ! (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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Eh ! oui, c’est toi la plus forte !
Entre tes mains je serai
La plume ou la feuille morte
Que le vent roule à son gré.

Avec un simple sourire.
Même un tradéridéra,
Tu me feras faire et dire
Tout ainsi qu’il te plaira.

Je conviens que ta magie
Fait de moi ce que tu veux.
Tu mates mon énergie
Sous le fouet de tes cheveux.

Tu peux avec une amorce
M’irriter ou m’apaiser.
Tu peux engluer ma force
Dans le miel de ton baiser.

Un mot de ta lèvre rose,
Voilà ma bible et ma foi.
Je suis ton bien et ta chose.
Mais aussi, je sais pourquoi !

Et quand je courbe la tête,
Je me dis, tout en rampant :
« Patience ! le poète
Est un charmeur de serpent. »

(Jean Richepin)

 Illustration

 

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Charmeur d’oiseaux (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Charmeur d’oiseaux

Charmeur d’oiseaux, de sources et de brises
Aux mains du temps dérobant des joyaux
L’enfant s’en va lumineux d’être libre
Porter sa bouche à la hauteur des eaux
Tout l’univers à son baiser s’enivre.

Tant de chevaux sur la rive s’assemblent
Qu’il n’est plus d’homme à savoir les compter
Sa main caresse une échine qui tremble
La mer approche et vient se refermer
Sur un galop de cavales et d’anges.

Toujours marchant, l’enfant porte remède
À la douleur des plantes de la nuit
Amour le suit, luciole l’éclaire
Et chaque fleur pour lui s’ouvre sans bruit
Le temps de vivre un peu plus haut que terre.

Sur les fronts noirs il souffle des étoiles
Caresse une ombre et délivre un oiseau
Quand vient le temps d’aimer plus qu’un visage
Devenu fruit, silence ou bien ruisseau
L’enfant se mêle à la clarté des astres.

(Robert Sabatier)

Illustration: Lia R.

 

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JEUNE FEMME (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



JEUNE FEMME

Beaux yeux, charmeurs savants, flambeaux de notre vie,
Parfum, grâce, front pur, bouche toujours ravie,
O vous, tout ce qu’on aime ! O vous, tout ce qui part !

(Léon Dierx)

Illustration: Cris Ortega

 

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