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Poésie

Posts Tagged ‘charmeur’

LE GRAND VIDE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



LE GRAND VIDE

Un pas de plus et l’orage allait lui mordre les doigts.
il le fit, ce pas, il en fit deux.
il entra même tout entier dans la gueule du tonnerre.
Un grand vide. Pas brûlé, pas foudroyé.
Non, mais un grand vide.
Un grand vide charmeur qu’il ne voulut plus jamais quitter.

(Norge)

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Il y a des moments où les femmes sont fleurs (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2018



 

Hermann Albert  url

Il y a des moments où les femmes sont fleurs

Sonnet

Il y a des moments où les femmes sont fleurs ;
On n’a pas de respect pour ces fraîches corolles…
Je suis un papillon qui fuit des choses folles,
Et c’est dans un baiser suprême que je meurs.

Mais il y a parfois de mauvaises rumeurs ;
Je t’ai baisé le bec, oiseau bleu qui t’envoles,
J’ai bouché mon oreille aux funèbres paroles ;
Mais, Muse, j’ai fléchi sous tes regards charmeurs.

Je paie avec mon sang véritable, je paie
Et ne recevrai pas, je le sais, de monnaie,
Et l’on me laissera mourir au pied du mur.

Ayant traversé tout, inondation, flamme,
Je ne me plaindrai pas, délicieuse femme,
Ni du passé, ni du présent, ni du futur !

(Charles Cros)

Illustration: Hermann Albert

 

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Belle au bois dormant (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018


Belle au bois dormant

Au bois, où murmurent les cimes,
Allons écouter :
I1 y dort une gracieuse enfant de roi,
Bercée par une tiède brise de printemps,
Sa chevelure d’or est parsemée de fleurs.
Sommeille, ô sommeille douce et tendre enfant
Merveille captive au château du bois
Ô belle, belle au bois dormant!

Au bois, où murmurent les chênes,
Allons écouter :
Voici qu’approche maint délicat fils de roi,
La pourpre éclatante, et la couronne brille
Charmeur résonne l’accent d’un luth d’or :
Sommeille, Ô sommeille douce et tendre
Fille de roi, de beauté merveilleuse,
Ô belle, belle au bois dormant!

Au bois, où murmurent les cimes,
Allons écouter :
oiseaux y font entendre maint doux chant,
les cimes retentissent comme carillons
A voix légère chante la brise de printemps.
Sommeille doucement, tendrement,
fille de roi, de merveilleuse beauté,
Ô belle, belle au bois dormant !

(Friedrich Nietsche)

Illustration: Gustave Doré

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GALATÉE ET PYGMALION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy Trioson
    
GALATÉE ET PYGMALION

Pygmalion, sculpteur, a travaillé la pierre
Si bien que Galatée idéale apparaît.
Il a mis tout son coeur à cet effort secret
Toute son âme émue et toute sa lumière.

Là voilà, blanche dans l’atelier solitaire,
Finie aux yeux, finie aux reins et l’on croirait
Que le pied délicat quitte le socle, prêt
A courir dans la vie. Et même la paupière

A remué! Ce n’est pas une illusion…
Le marbre devient chair! Pourquoi, Pygmalion,
As-tu fait si charmeurs ces seins et ces épaules?

Elle vit. Écrasé sous sa mignonne main
Tu subis nos douleurs d’hier et de demain :
L’épine de la rose et la neige des pôles.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chant du coeur (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



Illustration: Fabienne Contat
    
Chant du coeur

Tout me sourit, vois-tu, quand je t’ai près de moi,
et de cette joie-là tes yeux sont le miroir.
Ô ma lumière, attends, je n’ai pas dit le quart
de ce qui se bouscule en mon coeur plein de toi,
de ce qui monte en moi dès ton premier regard.
Ne dis rien, si tu veux. Ne me murmure pas
des mots d’amour charmeurs. Je n’ai qu’à être là,
te parler, te toucher, humer la matinale
fraîcheur que tu respires ; si pour toi tout cela,
c’est trop, il me suffit de seulement te voir !

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Eh ! oui, c’est toi la plus forte ! (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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Eh ! oui, c’est toi la plus forte !
Entre tes mains je serai
La plume ou la feuille morte
Que le vent roule à son gré.

Avec un simple sourire.
Même un tradéridéra,
Tu me feras faire et dire
Tout ainsi qu’il te plaira.

Je conviens que ta magie
Fait de moi ce que tu veux.
Tu mates mon énergie
Sous le fouet de tes cheveux.

Tu peux avec une amorce
M’irriter ou m’apaiser.
Tu peux engluer ma force
Dans le miel de ton baiser.

Un mot de ta lèvre rose,
Voilà ma bible et ma foi.
Je suis ton bien et ta chose.
Mais aussi, je sais pourquoi !

Et quand je courbe la tête,
Je me dis, tout en rampant :
« Patience ! le poète
Est un charmeur de serpent. »

(Jean Richepin)

 Illustration

 

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Charmeur d’oiseaux (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Charmeur d’oiseaux

Charmeur d’oiseaux, de sources et de brises
Aux mains du temps dérobant des joyaux
L’enfant s’en va lumineux d’être libre
Porter sa bouche à la hauteur des eaux
Tout l’univers à son baiser s’enivre.

Tant de chevaux sur la rive s’assemblent
Qu’il n’est plus d’homme à savoir les compter
Sa main caresse une échine qui tremble
La mer approche et vient se refermer
Sur un galop de cavales et d’anges.

Toujours marchant, l’enfant porte remède
À la douleur des plantes de la nuit
Amour le suit, luciole l’éclaire
Et chaque fleur pour lui s’ouvre sans bruit
Le temps de vivre un peu plus haut que terre.

Sur les fronts noirs il souffle des étoiles
Caresse une ombre et délivre un oiseau
Quand vient le temps d’aimer plus qu’un visage
Devenu fruit, silence ou bien ruisseau
L’enfant se mêle à la clarté des astres.

(Robert Sabatier)

Illustration: Lia R.

 

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JEUNE FEMME (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



JEUNE FEMME

Beaux yeux, charmeurs savants, flambeaux de notre vie,
Parfum, grâce, front pur, bouche toujours ravie,
O vous, tout ce qu’on aime ! O vous, tout ce qui part !

(Léon Dierx)

Illustration: Cris Ortega

 

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ODE A RANAVALONA III (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




ODE A RANAVALONA III
(extraits)

[…]

Quel chérubin obscur a pu compter les gouttes
De larmes dont tes yeux ont inondé tes jours!
Peut-être que témoin insensible de tes doutes
Ton ange a-t-il prévu de si brillants retours.

Lorsque la mort, plus tard, vint délivrer ton âme,
Le souffle du désert ou quelques vieux corbeaux
Ont pu seuls écouter les plaintes de tes mânes
Parmi les myrtes verts qui veillaient ton tombeau.

[…]

Mais où sont les taureaux à la nuque étoilée
Dont le sang abondant doit arroser le sol ?
Où donc est la génisse à tes pas immolée ?
Je cherche vainement ton rouge parasol.

Dans le jardin des rois, les « sahondras » sont mortes.
Nulle conque marine avec des sanglots longs
N’ose non plus troubler le silence des Portes
Ni déchirer les flancs paisibles des vallons.

Sous le ciel éclatant d’un bleu d’apothéose,
Je ne vois point marcher des vierges des tribus
La théorie ardente en guirlandes de roses
Pour réciter en choeur les chants qui te sont dus.

*
Une foule innombrable envahit l’Acropole
Et refait vaguement les gestes rituels.
Mais l’Aigle qui défend l’accès des nécropoles
Semble ignorer ton Ombre et tes restes mortels.

Les bambous ont verdi. Les ficus centenaires,
Des ébats de ta cour témoins silencieux,
Poursuivent, nonchalants, leur songe imaginaire
Autour de la « Maison-Froide » de tes aïeux.

Mais, seul, l’arbre des rois, d’un geste symbolique,
Contemple ta dépouille avec des lents remous :
L’« Aviavy » sacré parfume ta relique
Du baume hypothétique à tes cendres si doux.

*

Reine, petite reine aux yeux charmeurs et tristes
Dont la langueur valut l’empire d’un pays,
Au milieu des rois morts dont la vertu t’assiste,
Que tu dois être heureuse en ce linceul ami !

Maintenant que tu dors sous le signe des Rites,
Qu’importe à ton destin que des peuples nouveaux
Rangent sous d’autres lois l’éclat des latérites :
Ton âme aura vécu ses rêves les plus beaux,

Reine, petite reine aux yeux charmeurs et tristes,
Maintenant que tu dors sous le signe des Rites.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration et présentation de la Reine Ranavalona III

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J’ai éteint mon amour sur le sentier de la terre (Tristan Tzara)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



j’ai éteint mon amour sur le sentier de la terre
froid devenir de ce bruit qui me cuit
je te fuis invincible charme sous le signe du joug
charmeuse de folies aux marées de douleurs

mémoire suivie de tant d’âpres légendes
vitreuse conscience que brûle le diamant
sur les traces éperdues de mes désirs de chaos
chasseur de nuits givrées ou troubles confiances

d’heure en heure plus serrées aux terres profondes
de sommeil que découvrent les réveils de glace
et sans regret, des chairs fondues en larmes sombres
fuir l’onde rayonnante et le repos de fer

fuir les yeux aux doux rappels de cendre
les mains perdues qui s’offrent aux voluptés
des chevelures maîtrisées par les regards patients
les mains de soleil — ainsi s’en va-t-il

que le froid le guette
sans âge aux détours des vergers
où le sort s’engouffre — ainsi s’en va-t-il
à sortir des plantes aventureuses les rumeurs de vie

(Tristan Tzara)

Illustration

 

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