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Posts Tagged ‘charpente’

Pins de l’océan (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Illustration: Marc Pfund

    

à Antoine Faivre
Pins de l’océan

Grands vaisseaux charpentés
Pour les vagues du vent
Dans la forêt des mâts
Et des haubans
Vous accueillez
Les fables hauturières

A quels rêves
De long voyage
Nous invite
Votre immobilité ?

Beau peuple terrien
Vous nous accompagnez
Depuis les premiers âges
De vos rumeurs
Et de vos ombres
Est-ce votre amitié
Qui nous enseigne
Contre l’oubli
D’offrir dans la ferveur
De nos paumes levées
Une âme assez rendue
A son mystère ?

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Et maison neuve on bâtira (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Et maison neuve on bâtira

Refrain
On va construire une maison
Pour abriter les camarades
On va construire une maison
Du rez-d’-chaussée jusqu’aux mansardes
On va construire une maison
Le toit les murs les fondations
On va construire une maison.

1
Il faut d’abord abattre la masure
Les vieux taudis les nids à rats
Il faut d’abord abattre la masure
Et maison neuve on bâtira.

2
Il faut aussi creuser profond la terre
Le terrassier a de bons bras
Il faut aussi creuser profond la terre
Et maison neuve on bâtira.

3
Maçon construis de solides murailles.
C’est le gros oeuvre et il tiendra
Par le ciment la pierre et la pierraille
Et maison neuve on bâtira.

4
Le fer, le bois soutiendront la charpente
Couvreur, plombiers, faites le toit
Qu’il nous abrite à l’instant des tourmentes
Et maison neuve on bâtira.

5
Pour la lumière et les fortes serrures
Bons compagnons fait’s c’ qu’il faudra
Comme un voilier inclinant sa mâture
La maison neuv’ naviguera.

6
Le menuisier fait les planchers solides
Pour le repos des travailleurs
Et la maison malgré les vents perfides
Verra briller les jours meilleurs.

7
Pour la construire éblouie de lumière
Soyons unis dans la cité
Et que ces buts guident nos coeurs sincères:
La justice et la liberté.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Retouche à l’âme (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017




    
retouche à l’âme

Tendue d’herbe sèche
que le vent fait frémir
sa charpente en pyramide
a l’humilité d’une paillote
au ras de la mer.
Là, dort mon sosie
qui se passe du monde.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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COUPABLE DE TRISTESSE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



COUPABLE DE TRISTESSE

A la fin ne te sauvera plus la tristesse
Avec son mur usé tu seras confond
Les mots de tes amis devant toi passeront
Grands petits joyeux noirs ne disant rien de toi

Ma poitrine un jardin
Où dorment les oiseaux
Et quand mes yeux y brillent
S’y battent les oiseaux
Et quand mes souvenirs
Remuent dans la poussière
Les oiseaux fuient de là
Ma poitrine un jardin
Dans un été de ville
Seule dans l’âpreté
Quand les maisons sont pires
Que monstres et rochers

Et ce livre est dessous
La plus large des mains
Elle nous porte tous
Charpente de chagrin
si les oiseaux y chantent
Vivent légèrement
Je suis de la charpente
Et je connais la main

I1 faut donc me chasser
Celui qui vous en prie
Est le coupable en vie

Mais dans le grand verger
Je suis un de vos arbres

(Pierre Morhange)


Illustration: Henri Matisse

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Les murs ne tombent pas (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



Les murs ne tombent pas
[1]

Un incident ici et là,
grilles confisquées (pour les canons)
dans ton (et mon) vieux square :

brume et gris brumeux, pas de couleur,
mais abeille, poussin et lièvre de Luxor
poursuivent un but inaltérable

en vert, rose-rouge, lapis ;
ils continuent à prophétiser
depuis le papyrus de pierre :

là-bas, comme ici, ruine ouvre
la tombe, le temple ; entre
là-bas comme ici, aucune porte :

le lieu saint est ouvert au ciel,
la pluie tombe, ici, là-bas
le sable glisse ; l’éternité endure :

ruine partout, or comme le toit tombé
laisse la chambre scellée
ouverte à l’air,

ainsi, dans notre désolation,
des pensées s’éveillent, l’inspiration nous traque
dans l’obscurité :

sans le savoir, Esprit annonce la Présence ;
nous sommes pris de frissons,
comme autrefois, Samuel :

tremblant à un coin de rues connu,
nous ignorons et sommes ignorés ;
la Pythie prononce — nous nous rendons

dans une autre cave, vers un autre mur tranché
où de pauvres ustensiles sont montrés
comme des objets rares dans un musée ;

Pompéi n’a rien à nous apprendre,
nous connaissons la fissure volcanique,
le flot lent de la terrible lave,

pression sur le coeur, les poumons, cerveau
prêt à rompre dans son fragile écrin
(tout ce que le crâne peut endurer !) :

au-dessus de nous, feu apocryphe,
au-dessous, la terre tangue, le sol penche,
déclivité d’un trottoir

où des hommes titubent, ivres
d’une nouvelle confusion,
sorcellerie, possession :

la structure d’os n’était pas faite pour
un tel choc tissé dans la terreur,
pourtant le squelette a résisté :

la chair ? elle a fondu,
le coeur, brûlé, braises mortes,
tendons, muscles brisés, bogue externe démembrée,

pourtant la charpente a tenu :
nous avons passé la flamme : surpris —
sauvé par quoi ? pour quoi ?

***

The walls Do Not Fall

An incident here and there,
and rails gone (for guns)
from your (and my) old town square:

mist and mist-grey, no colour,
still the Luxor bee, chick and hare
pursue unalterable purpose

in green, rose-red, lapis;
they continue to prophesy
from the stone papyrus:

there, as here, ruin opens
the tomb, the temple; enter,
there as here, there are no doors:

the shrine lies open to the sky,
the rain falls, here, there
sand drifts; eternity endures:

ruin everywhere, yet as the fallen roof
leaves the sealed room
open to the air,

so, through our desolation,
thoughts stir, inspiration stalks us
through gloom:

unaware, Spirit announces the Presence;
shivering overtakes us,
as of old, Samuel:

trembling at a known street-corner,
we know not nor are known;
the Pythian pronounces—we pass on

to another cellar, to another sliced wall
where poor utensils show
like rare objects in a museum;

Pompeii has nothing to teach us,
we know crack of volcanic fissure,
slow flow of terrible lava,

pressure on heart, lungs, the brain
about to burst its brittle case
(what the skull can endure!) :

over us, Apocryphal fire,
under us, the earth sway, dip of a floor,
slope of a pavement

where men roll, drunk
with a new bewilderment,
sorcery, bedevilment:

the bone-frame was made for
no such shock knit within terror,
yet the skeleton stood up to it:

the flesh? it was melted away,
the heart burnt out, dead ember,
tendons, muscles shattered, outer husk dismembered,

yet the frame held:
we passed the flame: we wonder
what saved us? what for?

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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MAISON FERMÉE (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016





MAISON FERMÉE

Je songe à la désolation de l’hiver
Aux longues journées de solitude
Dans la maison morte —
Car la maison meurt où rien n’est ouvert
Dans la maison close, cernée de forêts

Forêts noires pleines
De vent dur
Dans la maison pressée de froid
Dans la désolation de l’hiver qui dure

Seul à conserver un petit feu dans le grand âtre
L’alimentant de branches sèches
Petit à petit
Que cela dure

Pour empêcher la mort totale du feu
Seul avec l’ennui qui ne peut plus sortir
Qu’on enferme avec soi
Et qui se propage dans la chambre

Comme la fumée d’un mauvais âtre
Qui tire mal vers en haut
Quand le vent s’abat sur le toit
Et rabroue la fumée dans la chambre
Jusqu’à ce qu’on étouffe dans la maison fermée

Seul avec l’ennui
Que secoue à peine la vaine épouvante
Qui nous prend tout à coup
Quand le froid casse les clous dans les planches
Et que le vent fait craquer la charpente

Les longues nuits à s’empêcher de geler
Puis au matin vient la lumière
Plus glaciale que la nuit.

Ainsi les longs mois à attendre
La fin de l’âpre hiver.

Je songe à la désolation de l’hiver
Seul
Dans une maison fermée.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration

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Mort en poésie (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



Une fin comme une autre
ou une mort en poésie…

Si tu savais comme je lutte de tout mon souffle
contre la malédiction de bâtiments qui craquent
telles ces forces de naufrage qui me hantent
tel ce goût de l’être à se défaire que je crache

et quoi dire que j’endure dans toute ma charpente
ces années vides de la chaleur d’un autre corps
je ne pourrai pas toujours, l’air que je respire
est trop rare sans toi, un jour je ne pourrai plus

ce jour sera la mort d’un homme de courage inutile
venue avec un froid dur de cristaux dans ses membres
mon amour, est-ce moi plus loin que toute la neige
enlisé dans la faim, givré, yeux ouverts et brûlés

(Gaston Miron)


Illustration: John William Waterhouse

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L’Arbre (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2016



L’Arbre

De ce tronc noueux
De cette charpente pierreuse
De ces branches racornies
Renaissent éternellement
Aiguisés par la sève
Bourgeons feuillages et fruits

Remous
Qui contiennent toute mesure
Et secrètent l’équilibre
De la mort
De la vie.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

 

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RETOUCHE A L’ÂME (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2015



 

RETOUCHE A L’ÂME

Tendue d’herbe sèche
que le vent fait frémir
sa charpente en pyramide
a l’humilité d’une paillote
au ras de la mer.
Là, dort mon sosie
qui se passe du monde.

(Daniel Boulanger)

 

 

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