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Poésie

Posts Tagged ‘charretier’

LA FORGE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Illustration
    
LA FORGE

Le peintre installé
dans la forge des champs
abandonnée enfin
dessine les courbes
de ses figurations
devant la silencieuse fille
dont le corps prétexte à des couleurs
mains aux hanches se tient
sur la flaque de soleil.
Sa gorge s’enfle avivée
prés du soufflet vétuste
vert comme l’étang tiède
où parfois elle se baigne
entendant dans le lointain les voix
des charretiers invisibles et bons.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Saisons (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2016



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Saisons

Le jour est à sa place et coule à fond de temps,
A moins que l’être monte à travers des espaces
Superposés dans la mémoire et délestant
La cervelle et le coeur de souvenirs tenaces.

Étés, puissants étés, votre nom même passe,
Être et avoir été, passe-temps et printemps,
Il passe, il est passé comme une eau jamais lasse,
Sans cicatrices, sans témoins et sans étangs.

Saisons, vous chérissez du moins le grain de blé
Qui doit germer aux jours de dégel et la clé
Pour ouvrir aux départs les portes charretières.

Les astres dans le ciel par vous sont rassemblés,
L’an va bientôt finir et des pas accablés
Traînent sur les chemins ramenant aux frontières.

(Robert Desnos)

 

 

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Chanson pour un âne mort de mon pays (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



II y a un âne qui n’a pas de parents
et qui brait tout le temps.

Il y a un charretier qui le bat
et qui crache sur ses coups.

Il y a une route que ruminent les vaches
et un trou qui est l’enfer.

Il y a aussi un arbre
et l’âne à l’envers dessous.

(Edmond Jabès)

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Midi au village (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2015




Midi au village

Nul troupeau n’erre ni ne broute ;
Le berger s’allonge à l’écart ;
La poussière dort sur la route,
Le charretier sur le brancard.

Le forgeron dort dans la forge ;
Le maçon s’étend sur un banc ;
Le boucher ronfle à pleine gorge,
Les bras rouges encor de sang.

La guêpe rôde au bord des jattes ;
Les ramiers couvrent les pignons ;
Et, la gueule entre les deux pattes,
Le dogue a des rêves grognons.

Les lavandières babillardes
Se taisent. Non loin du lavoir,
En plein azur, sèchent les hardes
D’une blancheur blessante à voir.

La férule à peine surveille
Les écoliers inattentifs ;
Le murmure épars d’une abeille
Se mêle aux alphabets plaintifs…

Un vent chaud traîne ses écharpes
Sur les grands blés lourds de sommeil,
Et les mouches se font des harpes
Avec des rayons de soleil.

Immobiles devant les portes
Sur la pierre des seuils étroits,
Les aïeules semblent des mortes
Avec leurs quenouilles aux doigts.

C’est alors que de la fenêtre
S’entendent, tout en parlant bas,
Plus libres qu’à minuit peut-être,
Les amants, qui ne dorment pas.

(René-François Sully Prudhomme)

Illustration: Julien Girard

 

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