Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘chat’

Ce soir (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo 20_n

Les chats mordent les chattes à la nuque pour les posséder.
Toujours mordre pour posséder. S’abandonner un instant.
Ce soir rien n’arrive de ce que je ne sais pas que je veux.
Les étoiles ont une lueur gelée à la langue.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si le chat se nettoie les oreilles (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019


chat

“Si le chat se nettoie les oreilles
c’est soit qu’il va pleuvoir,
soit que les hirondelles sont en retard,
soit qu’il a les oreilles sales”

(Henri-Frédéric Blanc)

Posted in humour | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Le chat c’est un pèlerin (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
le chat c’est un pèlerin
qui explore à l’infini
des espaces sans mesure
où nous n’avons pas accès

les contrées imaginables
ne sont pour son oeil vivant
que domaines sans surprise
il voit d’autres univers

où la lumière caresse
des ombres furtives toujours
et les matins renouvellent
un monde habité sans cesse
de miracles dorés

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Autres séjours
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

le chat l’unique élu (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019



    

le chat l’unique élu
du dieu de l’immanence
on le trouve assis
sur le manuscrit perdu

il le quitte la nuit
pour nourrir sa mémoire
en flânant dans les rues
il est maître du temps

il explore les lieux
qui sont toujours nouveaux
et l’herbe des talus
que défroisse la lune

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Autres séjours
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le chat c’est un vrai mystère (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 


Illustration: ArbreaPhotos
    
le chat c’est un vrai mystère
tel celui des champignons
que raconte André Dhôtel
dis-moi chat je te demande

quand tu as connu la terre
et le monde d’entre-deux
l’art suprême de te taire
et de fixer l’invisible

avant de nous observer
de ce long regard candide

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Autres séjours
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Animal (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Pascal Renoux
    
Animal

Madame un jour je caressais quelque pelage
D’égaré ou de fantasque au soleil poudreux
C’était un chat soyeux, tigre ou chat des chartreux
Qu’importe si ce chat était tendre ou sauvage

Ou si le nombre des félins par moi flattés
Dépasse le millier par toutes les années
Où j’ai choyé leur patience illimitée
Dans tellement de fourrures et de fumets

Que je les confonds tous, parfum fort et souplesse
Dans le même creuset où leur ardeur se coule
Mais ce jour-là c’est la toison de toi,
Maîtresse

Qui s’est creusée à mes doigts souples sur la fente
Où l’animal cède à la rondeur de la pente
Sûre de sa ferveur et d’humidité soûle

(Jacques Chessex)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Crépuscule au bord des fenêtres (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
Crépuscule au bord
des fenêtres, fleurs
fidèles, corolles
chaleureuses, puis la nuit

avec ses légendes, ses
miroirs sous l’obscurité,
la nuit refermée sur
les gestes humains,

la nuit paisible — et
la gourmandise du silence
lorsqu’un chat, avec
sa tiédeur, se glisse
contre toi pour
réparer le monde.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai appris à mener une vie simple et sage (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



J’ai appris à mener une vie simple et sage,
À regarder le ciel, à prier Dieu,
À marcher longuement avant la nuit
Pour fatiguer mon angoisse inutile.

Quand bruissent les bardanes dans le creux du fossé,
Quand jaune orange s’incline la grappe du sorbier,
Je fais des vers joyeux
Sur la vie éphémère, éphémère et superbe.

Je rentre. Me lèche la paume
Un chat duveteux, il ronronne, câlin.
Au bord du lac un feu perçant s’allume,
Sur la tourelle de la scierie.

De loin en loin le cri d’une cigogne
Se posant sur le toit transperce le silence.
Et si tu frappes à la porte
Je n’entendrai même pas, je crois.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE CAVEAU DE LA MÉMOIRE (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



LE CAVEAU DE LA MÉMOIRE

Qui dit que je vis tristement s’égare.
Ne crois pas que les souvenirs me rongent.
Je rends peu de visites à ma mémoire,
D’autant qu’elle dit beaucoup de mensonges.

Quand, lampe en main, au caveau je descends,
A chaque fois l’avalanche, il me semble,
Dans l’escalier étroit sourdement gronde.
La lampe fume, il n’y a point de retour,
Je descends chez l’ennemi de toujours ;
Alors, comme une grâce je demande…

Mais là — finie la fête. Tout est éteint.
Les dames sont rentrées il y a trente ans,
De vieillesse est mort le boute-en-train…
Malheur à moi — je suis venue trop tard.
Vrai, je ne peux me montrer nulle part.

Mais j’effleure les ornements du mur,
Je me chauffe à l’âtre. Et, enchantement! —
Dans le moisi, les miasmes, la pourriture
Deux émeraudes vont étincelant
Et un chat miaule. À la maison, rentrons!
Mais où est ma maison ? et ma raison ?

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les chats aimés (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chats aimés
ne vivent pas assez
longtemps — après

leur mort, persiste
sur notre lit une
place douce comme
un silence de fleur,

une place où il fait
bon promener la main,
avant de s’endormir,

les chats aimés laissent
dans les maisons des
ombres proches de ces
caresses qu’on voudrait

tant retrouver, parmi
les gestes désordonnés
que la vie nous impose.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :