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Posts Tagged ‘châtaignier’

FEMME EN FLEURS (Marcelle Delpastre)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

Abbott Handerson Thayer_A_Virgin_1892-3

FEMME EN FLEURS

Femme en fleurs comme un grand châtaignier qui répand ses senteurs puissantes
Tu te dresses sur la campagne, tu flambes de bonnes odeurs,
tu prends le soleil et la pluie à tes rameaux chargés de fruits,
Tu es debout sur la colline, le bleu de l’espace et le vent ruissellent sur toi de la bouche aux talons,
les moissons croissent sur tes bras ; la ronde blondeur de tes seins gonfle le temps des récoltes mûres,
et dans ton sein déjà la nuit profonde se fermente ; déjà la grande mer roule sur toi la courbe de ses vagues.

(Marcelle Delpastre)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

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Châtaignier de l’auvent (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Manda
    
Châtaignier de l’auvent
Qui ici et maintenant
En entrevoit la fleur?

***

yo no hito no
mitsukenu hana ya
noki no kuri

(Bashô)

 

Recueil: Haïkus еt Notes de voyage sur le chemin étroit du nord profond
Traduction: Manda
Editions: Synchronique

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ÉTÉ (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

ÉTÉ

Au soir se tait la plainte
Du coucou dans la forêt
Plus bas s’incline l’épi,
Le rouge pavot

Un orage noir menace
Au-dessus de la colline
Le vieux chant du grillon
Meurt dans la campagne

Plus rien n’émeut la frondaison
Du châtaignier.
Sur l’escalier tournant
Frémit ta robe

Calme brille la bougie
Dans la pièce obscure ;
Une main d’argent
L’éteignit ;

Le vent se tait, nuit sans étoiles.

(Georg Trakl)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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C’est même feu (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



 

L’enfantement fleurit ou se fait danse
Si le corps, ce n’est plus ce que meurtrit l’âme,
Ni la beauté le fruit de sa propre angoisse,
Ni la sagesse l’oeil cerné des nuits de veille.
O châtaignier, souche, milliers de fleurs,
Es-tu le tronc, la fleur ou le feuillage ?
O corps que prend le rythme, ô regard, aube,
C’est même feu le danseur et la danse.

***

Labour is blossoming or dancing where
The body is not bruised to pleasure soul,
Nor beauty born out of its own despair,
Nor blear-eyed wisdom out of midnight oil.
O chestnut-tree, great-rooted blossomer,
Are you the leaf, the blossom or the bole ?
O body swayed to music, O brightening glance,
How can we know the dancer from the dance ?

(William Butler Yeats)

 

 

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La fontaine (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
La fontaine

Dans la pâleur de l’air se dresse mon désir,
Fraîche rumeur sans repos sur un fond de verdure,
Telle une svelte colonne tronquée dont la grâce
Couronne le calme déjà céleste des eaux.

Bananiers et châtaigniers bordent de lisses avenues
Et emportent tout au loin mon soupir diaphane,
De chemins lumineux en nuages légers,
Du vol ralenti des colombes grises.

Au pied des statues vaincues par le temps,
Alors que je copie leur pierre dont le charme a figé
Ma tremblante sculpture de ces instants liquides,
Unique entre les choses, je meurs et toujours renais.

Ce jaillissement sans fin vient de la lointaine
Cime où tombèrent les dieux, des siècles
Passés, et son accent de paix baigne encore la vie
Qui dore faiblement le bleu de ma fougue glacée.

En moi flottent au vent les traces apaisées
De vieilles passions, de gloires et de deuils d’antan,
Ils demeurent, dans l’ombre naissante du soir,
Mystérieux face à la vaine rumeur de l’éphémère.

La magie de l’eau fige les instants :
Je suis le divin secours de la peine des hommes,
L’image de qui fuit la lumière pour l’ombre,
Le trouble de la mort devenu mélodie.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Les nuages
Traduction: Anthony Bellanger
Editions: Fata Morgana

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Fleurs de châtaignier (Keiko Niwa)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



chataignier1 

Fleurs de châtaignier —
Un livre dont je ne me souviens plus
est sur l’étagère

(Keiko Niwa)

Illustration

 

 

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Le châtaignier (Alain Boudet)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2017



Aux chaleurs des grands jours
le châtaignier éclate
en gerbes d’étincelles.

(Alain Boudet)

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Châtaigniers (Lawrence Sail)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016


Le fait de ne pas nommer l’objet, mais de présenter
Les châtaigniers, peut éventuellement devenir
Un hommage aux quiddités simples des choses –
Par exemple, de quelle manière sur l’herbe trempée d’octobre
Ils reposent, ébrasés, leur tête de massue verte et piquante toute
Explosée pour laisser voir un intérieur velouté
Pas tout à fait jaune, pas tout à fait blanc ni gris:
Et, étrangement carrés, les immeubles de fruits bruns,
Les trois ou quatre qui se tiennent au milieu,
Plus ou moins emboîtés, faciles à déloger.

Il vient le sentiment que quelque chose de secret est montré,
Qu’on révèle un lieu tendre au toucher,
Une indication offerte de ce qui est interdit
A l’objet sa solitude, son indépendance.
Par-dessus le fruit tombé, l’arbre qui enfle;
En dessous, le milieu tordu des racines.
A l’intérieur de l’objet, sans nom, le sujet caché,
Son absence qui vous revient aussi naturellement
Que le cœur bondit en entendant le nom de son amour.

(Lawrence Sail)

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