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Poésie

Posts Tagged ‘château’

J’ai mis (Arthur Haulot)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



J’ai mis

J’ai mis dans ma gibecière
mes collines, mes châteaux,
mes églises, mes rivières,
mes prairies, mes chevaux.
Je me suis noué au cou
un foulard de pleine lune
dans ma poche ai mis un bout
de pain et deux ou trois prunes.
J’ai chaussé mes gros souliers
pris mon chapeau de tempête
et je me suis en allé
esprit clair et coeur en fête.
J’irai jusqu’au bout du monde
et je rentrerai chez moi
si la terre est vraiment ronde
le bout est derrière toi.

(Arthur Haulot)

Illustration

 

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La couverture (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019


La couverture du cahier
bleu pâle figure
un château féodal
sur le ciel d’orage de l’image
on a dessiné la Mort tenant sa faux
des feuilles tombées
cachent le sentier
à maisons livides
dans l’une on entend
crier Dieu merci.

(Jean Follain)

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Je me souviens (Paul Henri Lezac)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



>cabane-cahute-arbreJe me souviens

De ces vacances heureuses
De la langueur insidieuse
Des si longs après-midi d’été
Du goût du chocolat au goûter
J’avais 5 ans, 7 ans, un peu plus peut-être
Ni leçons, ni devoirs, ni maître
Nous étions des enfants
Bercés de rires et de chants
Nous vivions des aventures
ZORRO, Tintin, le Roi Arthur
Nous faisions des cabanes
Des arcs, des flèches, des sarbacanes,
Des maquettes et des châteaux ,
Nous avions nos cachettes et nos courses au trésor
Et grimpions dans les arbres
En attendant Septembre
Qui ne viendrait jamais,
C’est ce que l’on croyait …

Dédié à Bertrand, Thibaud, Arthur
et à tous ceux qui ont fait des cabanes

(Paul Henri Lezac)

Textes de Prisonniers: lecercledespoetesdetenus

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Tu cherches ne cherche pas (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



Giampaolo Ghisetti -  (35)

Tu cherches ne cherche pas
si le vent souffle j’offre ma poitrine
et s’il y a un grand amour dans mes yeux
je le cache dans mes paupières chevelues

tu cherches ne cherche pas
si le vent poussait dans le bon sens
il collerait mon corps au tien
mais le vent passe et ignore
et nous passons

si tu veux nous danserons nus sous des voiles
dans la prairie de ton château
si le vent souffle dans le bon sens
il plaquera les voiles sur nos corps

alors tu ne chercheras plus
mais il faut que le vent souffle
dans le bon sens

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

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Une rumeur d’épouvante rôde en ville (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Une rumeur d’épouvante rôde en ville,
Se glisse dans les maisons comme un voleur.
Pourquoi ne pas relire, avant de m’endormir,
Le conte de Barbe-Bleue ?

Comment la septième monta l’escalier,
Comment elle appela sa soeur cadette,
Et guetta, retenant son souffle,
Ses frères bien-aimés, ou la terrible messagère…

Une poussière s’élève comme un nuage de neige,
Les frères vont entrer au galop dans la cour du château,
Et sur la nuque innocente et gracile,
Le tranchant de la hache ne se lèvera pas.

Consolée à présent par cette cavalcade,
Je devrais m’endormir tranquille
Mais qu’a-t-il, ce coeur, à battre comme un enragé,
Et le sommeil, pourquoi ne vient-il pas ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Walter Crane

 

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Les branches ont le secret (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
Les branches ont le secret
d’une écriture aussi
vivante que celle qui rythma

mon enfance. L’école était
mon château, mon refuge,
ma patrie. Sur le tableau,
se déroulaient, comme

des portées radieuses,
les modèles que je devais
suivre pour conquérir
le coeur du temps et

comprendre qu’il me
faudrait grande prudence
pour ne jamais trahir
l’écriture des branches.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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A CHAQUE INSTANT (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2019



Illustration: Josephine Wall
    
A CHAQUE INSTANT

Dans les veines du temps un filon plus précieux
que l’or, que les châteaux, que les grandes actions
un filon invisible et que nul ne connaît
en deçà des idées, en deçà de tout geste
un filon lancinant et qui n’existe pas
même en tant que filon, même en tant qu’invisible
à chaque instant sauve la terre.

(Paul de Roux)

 

Recueil: Les pas
Traduction:
Editions: L’Alphée

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Lire la mémoire (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2019




    
Lire la mémoire aux volets fermés,
ses crimes, ses clés, ses caves,
le château des pluies,

Lire la prose des ombres, le babil
des abeilles, cette chose noire et douce,

Lire au soir le blason des nuages
lorsque l’eau se ride et que tu allonges
la main, tirant le fond noir du ciel.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu es sur le chemin (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019




    
Tu es sur le chemin dont nul n’est revenu,
c’est ton tour, c’est le vieillissement,
l’illisible dieu interroge sous le masque.

L’hiver s’avance d’un pas égal, dénude
les arbres, rentre en lui-même, souverain.

C’est l’accession sans égarement, tu regardes
le seuil, les maisons sont plus âpres, les portes
fermées, comme un château défait
la vie retombe.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA VOYAGEUSE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
LA VOYAGEUSE

J’ai dormi cent ans sous une aubépine
Et l’arbre devint la racine et les branches de ma pensée
Et ses pétales blancs fleurirent dans ma couronne.

J’ai flotté mille ans dans un lac
Et mes yeux en pleurs ont pu contenir
La clarté diffuse de la lune et le nuage brûlant.

Oui, mon regard connaît
L’eufraise, l’églantine et l’asphodèle.
J’ai vu l’arc-en-ciel s’ouvrir, s’éteindre le soleil.

Vent qui souffle sur les terres,
J’ai dressé des temples de neige, des châteaux de sable,
Et je les ai laissés vides comme une main morte.

Éphémère ailé, je suis né
Avec des yeux multiples et des ailes scintillantes
Que les flammes doivent flétrir, les eaux noyer.

Je dois vivre, je dois mourir,
Je suis le souvenir de tout désir,
Je suis les cendres du monde, et le feu qui met le feu.

***

THE TRAVELLER

A hundred years I slept beneath a thora
Until the tree was root and branches of my thought
Until white petals blossomed in my crown.

A thousand years I floated in a lake
Until my brimful eje could hold
The scattered moonlight and the burning cloud.

Mine is the gaze that knows
Eyebright, asphodel, and briar rose.
I have seen the rainbow open, the sun close.

A wind that blooms about the land
I have raised temples of snow, castles of land
And left them empty as a dead hand.

A winged ephemerid I am born
With myriad eyes and glittering wings
That flames must wither or waters drown.

I must live, I must die,
I am the memory of all desire,
I am the world’s aches, and the kindling Eire.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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