Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘chatouiller’

La mer est en extase (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
La mer est en extase sous mes yeux.
Toute chatouillée de petits soleils.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Ma maison (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Ma maison

Le soleil posé sur le toit
La maison s’épanouit
Et écoute sur la branche
Le rire de l’été

Le verger guette la lumière
Qui déjà foule les allées
Et chatouille les oiseaux
Dans leurs nids douillets

Quand la pluie entoure la maison
J’écoute ses gouttes
Tomber sur la route
Et ruisseler sur les vitres
Dès qu’elle cesse
Une natte ensoleillée
Coiffe la maison
De cheveux parfumés

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Venoge (Jean Villard-Gilles)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018




    
On a un bien joli canton :
des veaux, des vaches, des moutons,
du chamois, du brochet, du cygne ;
des lacs, des vergers, des forêts,
même un glacier, aux Diablerets ;
du tabac, du blé, de la vigne,
mais jaloux, un bon Genevois
m’a dit, d’un petit air narquois :
– Permettez qu’on vous interroge :
Où sont vos fleuves, franchement ?
Il oubliait tout simplement
la Venoge !

Un fleuve ? En tout cas, c’est de l’eau
qui coule à un joli niveau.
Bien sûr, c’est pas le fleuve Jaune
mais c’est à nous, c’est tout vaudois,
tandis que ces bons Genevois
n’ont qu’un tout petit bout du Rhône.
C’est comme : «Il est à nous le Rhin !»
ce chant d’un peuple souverain,
c’est tout faux ! car le Rhin déloge,
il file en France, aux Pays-Bas,
tandis qu’elle, elle reste là,
la Venoge !

Faut un rude effort entre nous
pour la suivre de bout en bout ;
tout de suite on se décourage,
car, au lieu de prendre au plus court,
elle fait de puissants détours,
loin des pintes, loin des villages.
Elle se plaît à traînasser,
à se gonfler, à s’élancer
– capricieuse comme une horloge –
elle offre même à ses badauds
des visions de Colorado !
la Venoge !

En plus modeste évidemment.
Elle offre aussi des coins charmants,
des replats, pour le pique-nique.
Et puis, la voilà tout à coup
qui se met à fair’ des remous
comme une folle entre deux criques,
rapport aux truites qu’un pêcheur
guette, attentif, dans la chaleur,
d’un œil noir comme un œil de doge.
Elle court avec des frissons.
Ça la chatouille, ces poissons,
la Venoge !

Elle est née au pied du Jura,
mais, en passant par La Sarraz,
elle a su, battant la campagne,
qu’un rien de plus, cré nom de sort !
elle était sur le versant nord !
grand départ pour les Allemagnes !
Elle a compris ! Elle a eu peur !
Quand elle a vu l’Orbe, sa sœur
– elle était aux premières loges –
filer tout droit sur Yverdon
vers Olten, elle a dit : «Pardon !»
la Venoge !

«Le Nord, c’est un peu froid pour moi.
J’aime mieux mon soleil vaudois
et puis, entre nous : je fréquente !»
La voilà qui prend son élan
en se tortillant joliment,
il n’y a qu’à suivre la pente,
mais la route est longue, elle a chaud.
Quand elle arrive, elle est en eau
– face aux pays des Allobroges –
pour se fondre amoureusement
entre les bras du bleu Léman,
la Venoge !

Pour conclure, il est évident
qu’elle est vaudoise cent pour cent !
Tranquille et pas bien décidée.
Elle tient le juste milieu,
elle dit : «Qui ne peut ne peut !»
mais elle fait à son idée.
Et certains, mettant dans leur vin
de l’eau, elle regrette bien
– c’est, ma foi, tout à son éloge –
que ce bon vieux canton de Vaud
n’ait pas mis du vin dans son eau…
la Venoge !

(Jean Villard-Gilles)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE BONNE FORTUNE SUR LE CHEMIN (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018




    
UNE BONNE FORTUNE SUR LE CHEMIN
Li-Taï-Pé

Je montais un cheval superbe, à l’allure fière et gracieuse.
Il marchait dans les fleurs, dont les arbres printaniers jonchaient la route.

Voici que je vis venir vers moi, un char fermé,
un de ceux dont le nom est : cinq nuages…

Quand il passa à mon côté, je chatouillai légèrement ses roues, du bout de mon fouet.
Alors, écartant le rideau de perles, une femme ravissante m’éblouit de son sourire.

Puis, avant de disparaître, d’un geste furtif,
elle m’indiqua, au loin, une haute maison aux toitures rouges…

Et ce fut comme si elle me disait : « Votre petite servante habite là… »

(Dynastie des Thang, VIIIe siècle de notre ère.)

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DERNIÈRES VOLONTÉS (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Otto Dix
    
DERNIÈRES VOLONTÉS

Ôtez donc de mon visage ce drapeau : ça me chatouille !
Ensevelissez dedans mon chat ensevelissez-le là-bas
où se trouvait mon jardin chromatique.

Ôtez donc de ma poitrine cette couronne de fer-blanc :
ça bat la breloque !
Foutez-la sur le stock de statues en vrac
et donnez les rubans aux putains qu’elles s’en parent.

Dites des prières au téléphone mais coupez le fil,
ou bien enveloppez-les dans un mouchoir avec des miettes de pain
et jetez-les dans l’étang à ces crétins de poissons.

Que l’évêque reste chez lui et se soûle
Qu’on lui donne un barillet de rhum,
prêcher donne soif.

Et fichez-moi la paix avec vos monuments et vos huit reflets !
de ce beau marbre pavez une ruelle inhabitée
une ruelle pour oiseaux.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je me souviens (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Je me souviens
de ces jours anciens
où je vidais à mon réveil
une énorme écuelle
de soupe au lard
dans laquelle trempaient
des tranches de pain de douze livres
qui avait réchauffé dans les cendres chaudes
de la cheminée de cette chaumière bretonne
tandis que ma tante Julie trayait sa vache
avant de me donner un bol de lait crémeux

Qu’il faisait bon vivre
à seize ans dans ce lit clos
sous le gros édredon
quand venait me réveiller
en me chatouillant Pierrete
une jeune voisine
qui avait une si belle poitrine
qu’elle m’autorisait à caresser.

(Jean-Baptiste Besnard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

SIX TERCETS (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



 

Edgar Degas

SIX TERCETS
À Degas.

Les cheveux plantureux et blonds, bourrés de crin,
Se redressent altiers : deux touffes latérales
Se collent sur le front en moqueuses spirales.

Aigues-marines, dans le transparent écrin
Des paupières, les yeux qu’un clair fluide baigne
Ont un voluptueux regard qui me dédaigne.

Tout me nargue : les fins sourcils, arcs indomptés,
Le nez au flair savant, la langue purpurine
Qui s’allonge jusqu’à chatouiller la narine,

Et le menton pointu, signe des volontés
Implacables, et puis cette irritante mouche
Sise au-dessous du nez et tous près de la bouche.

Mais, au bout du menton rose où vient se poser
Un doigt mignon, dans cette attitude songeuse,
Enigmatiquement la fossette se creuse.

Je prends, à la faveur de ce calme, un baiser
Sur les flocons dont la nuque fine est couverte,
En prix de ce croquis rimé d’après vous, Berthe.

(Charles Cros)

Illustration: Edgar Degas

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jamais tranquille (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



 

Jamais tranquille

Je n’ai plus rien à faire…
Quand un petit derrière
– Tiens, mais c’est un lapin! –
Sort de mon calepin
Et vient me chatouiller
Et me riant au nez.

Enfin, voici le soir.
Je crois me laisser vivre.
Mais déjà, du miroir,
Un loup noir a bondi
Qu’il me faudra poursuivre
Tout au long de la nuit.

(Maurice Carême)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE DOIGT DU SOLEIL (Hanne Bramness)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



 

poisson

LE DOIGT DU SOLEIL

Le poisson dont nul n’a voulu
dans le seau nage tout en rond.

Le soleil lui chatouille le dos
d’un doigt mince comme un crayon.

(Hanne Bramness)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une fourmi à ma chaussure (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Une fourmi à ma chaussure je la regarde comme elle danse sur le lacet sans avoir peur.
Elle sera tombée d’herbes folles ou de mon bouquet de coucous qui lourdit mesure que j’avance.
Je quitte la pompe et je la souffle elle a une si petite vie noire.
Elle m’aurait chatouillé les pieds peut-être fait rire toute seule sur la route du cimetière comme si c’était moi comme si c’était elle.

(Valérie Rouzeau)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :