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Poésie

Posts Tagged ‘chaud’

Qu’est-ce qui bout (Aphorismes Bretons)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017




    
– Petra a verv hep beañ tomm ?
Ur varrikenn jistr
Mat en he flom.

– Qu’est-ce qui bout
sans être chaud ?
– Une barrique de bon cidre
bien d’aplomb.

(Aphorismes Bretons)

 

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Printemps (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017




    
Printemps

De lointaines tiédeurs, errantes mains, caressent,
Moiteur de peau sortant des troncs velus que pressent
Le lierre et les lichens. La volupté confond

Les bras humains avec la courbure assouplie
Des bouleaux étirant leur geste qui supplie;
Et mon désir comprend, frémit et leur répond.

C’est l’amour qui m’enlace et c’est lui qui m’enfièvre
A travers le vent chaud dont m’étouffe la lèvre;
Je lui ouvre ma chair qui veut et qui consent.

La force que j’adore, en la brise aromale
Flotte indiciblement; la sève triomphale
Dans un suprême élan vient se mêler au sang.

Unité de la vie: Elle est moi, je suis elle;
Je coule éperdument en sa mer qui ruisselle,
Atome extasié, sans pensée et qui jouit

De n’être plus disjoint du pollen des narcisses,
Ni du cri des oiseaux, ni des sourdes délices
Où ce qui doit durer s’aime et s’épanouit.

(Marie Dauguet)

 

 

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Je fais l’école buissonnière (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration
    
Je fais l’école buissonnière
Sous la tendresse de tes mains,
Tout y est chaud comme ton souffle
Quand je t’aime par grands orages.

(Roger Foulon)

 

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HOMMES DE MON PAYS (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



Illustration
    
HOMMES DE MON PAYS

Dans nos montagnes il y a des hommes,
ce sont des amis de la nuit;
leurs yeux brillent du noir des chèvres,
leurs gestes raides comme la pluie.
Ils ont pour maître l’olivier,
simple vieillard aux bras croisés.
Eux,
leurs mains sont de chardons,
leurs poitrines sanctuaires,
« le ciel tourne autour de leurs fronts,
comme un insecte lourd à la chaude saison ».
Dans nos montagnes il y a des hommes,
qui ressemblent au tonnerre,
et savent que le monde est gros comme une pomme.

(Nadia Tueni)

 

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DESCRIPTION D’OCTOBRE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

DESCRIPTION D’OCTOBRE

Abattus, les chênes d’illusion
de notre nord céleste, chaud comme pierre, debout
dans l’air en dette
de sang qui pousse
autour de la vigne mûrissante. Plus loin,
au-delà même de l’ivresse
que nous aurons respirée,
une aile de pie tournoiera
et son battement traversera notre ombre.

Viens,
prends cette monnaie de douleur
que je te donne.

(Paul Auster)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Que ma première certitude (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



Illustration:Annie Swynnerton
    
Que ma première certitude soit de toi
À la chaude Clarté du matin
Et ma première Crainte, que l’Inconnu
Dans la nuit ne t’engloutisse

***

Let my first knowing be of thee
With morning´s warming Light –
And my first Fearing, lest Unknowns
Engulph thee ni the night –

(Emily Dickinson)

 

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SUPPLÉMENT AU CAHIER GOTHIQUE (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration: Lazo de Valdez Elisa
    
SUPPLÉMENT AU CAHIER GOTHIQUE

LA NUIT VIENT AVEC LE CHANT

La nuit vient avec le chant
prolongé du petit duc,
sème ses lumières dans la conque,
gravit les pentes humides, tremble
un peu. La force au cours de longues années
acquise en souffrant fait défaut
et la faible science désarme,
le sourire viril
ne connaît plus de calme.

Qui es-tu
toi qui attendais invisible, embusquée
à un tournant de l’âge,
que vînt ton heure ? Je te dois
ce temps de gratitude
et d’autant de douleur.

Et maintenant l’inquiétude s’insinue,
pénètre ces premières nuits d’été,
envahit le mur encore chaud, suit
le vol des lucioles sur les aires,
s’enfonce dans les sentiers où soudain
dans l’éblouissement des phares le lièvre fulgure.

Amie, comment ai-je pu ne pas comprendre ?
La vie était suspendue
tout entière comme cette veillée.
Il y a de quoi pleurer en songeant
à la façon dont j’ai gaspillé cette longue attente
avec tant de mots inadéquats,
tant d’actes irréfléchis, irréparables,
et maintenant blessé je dis peu importe
pourvu que le supplice prenne fin.

« Le salut ainsi espéré ne convient
ni à toi ni à d’autres comme toi. La paix,
si elle vient, te viendra par d’autres voies
plus lumineuses que celle-ci, plus ressenties ;
quand souffrir ne te paraîtra pas vain,
car la douleur aussi existe et doit vivre
et se changer en ton bien et celui d’autrui.
La foi est en toi, la foi est une personne. »

Cette chanson n’a plus de mots.

***

LA NOTTE VIENE COL CANTO

La notte viene col canto
prolungato dell’assiuolo,
semina le sue luci nella conca,
sale per le pendici umide, trema
un poco. La forza in lunghi anni
acquistata a soffrire viene meno
e la piccola scienza si disarma,
il sorriso virile
non ha più la sua calma.

Tu chi sei
che aspettavi invisibile, appostata
a una svolta dell’età
finché fosse la tua ora ? Ti devo
questo tempo di gratitudine
e d’altrettanto dolore.

Ed ora l’inquietudine s’insinua,
penetra queste prime notti estive,
invade il muro ancora caldo, segue
il volo delle lucciole sulle aie,
s’inselva pelle viottole ove a un tratto
nell’abbaglio dei faré la lepre saetta.

Cara, come ho potuto non intendere ?
La vita era sospesa
tutta come questa veglia.
C’è da piangere a pensare
come ho sciupato questa lunga attela
con tante parole inadeguate,
con tanti atti inconsulti, irreparabili,
e ora ferito dico non importa
purché il supplizio abbia fine.

« La salvezza sperata cosi non si conviene
né a te, ne ad altri come te. La pace,
se verrà, ti verrà per altre vie
più lucide di questa, più sofferte ;
quando soffrire non ti parra vano
ché anche la pena esiste e deve vivere
e trasformarse in bene tuo ed altrui.
La Pede è in te, la fede è una persona. »

Questa canzone non ha più parole.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Ô COMBIEN EST HEUREUSE (Adrian Le Roy)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017




    
Ô COMBIEN EST HEUREUSE

Ô combien est heureuse
La peine de cacher
Une flamme amoureuse
Qui deux cœurs fait brûler,
Quand chacun d’eux s’attend
D’être bientôt content.

Las on veut que je taise
Mon apparent désir,
En feignant qu’il me plaise
Nouvel amy choisir :
Mais telle fiction
Veut même affection.

Votre amour froide et lente
Vous rend ainsi discret :
La mienne violente
N’entend pas ce secret :
Amour nulle saison
N’est amie de raison.

Si mon feu sans fumée
Est cuidant et chaud
Etant de vous aimée
Du reste ne m’en chaut :
Soit mon mal vu de tous
Et seul senti de tous.

Si femme en ma présence
Autre vous entretient,
Amour veut que je pense
Que cela m’appartient :
Car luy et longue foi
Vous doivent tout à moi.

Que me sert que je sois
Avec Princes, ou Rois,
Et qu’ailleurs je vous voie
Sans approcher de moi ?
La peur du changement
Me cause grand tourment.

Quand par bonne fortune
Serez mien à tout point,
Lors parlez à chacune
Il ne m’en plaindrai point :
Bien vous pry cependant
N’être ailleurs prétendant.
Hélas qu’il fut possible
Que puisses être moy,
Pour voir s’il m’est pénible
Le mal que j’ai pour toi :
Tu prendrais grand pitié
De ma ferme amitié.

Vous semble-t-il, que la vue
Soit assez entre amis,
Ne me voyant pourvue
De ce qu’on m’a promis ?
C’est trop peu que des yeux
Amour veut avoir mieux.

De vous seul je confesse
Que mon cœur est transis :
Si j’étais grand princesse
Je dirais tout ainsi :
Si le vôtre ainsi fait
Montrez-le par effet.

***

O how happy is
The pain of sealing
An amorous flame
That makes two hearts burn,
When each of them expects
To soon be happy.

Alas, one wishes that I conceal
My apparent desire,
By feigning that it pleases me
To choose my new friend
But such a fiction
Wishes the same affection.

Your cold, slow love
Thus makes you discreet:
Mine, violent
Hears not this secret:
Love in no season
Is the friend of reason.

If my fre without smoke
Is burning and hot,
Being loved by you
Besides, it matters little to me:
Let my ill be seen by all
And felt alone by all.

If a woman in my presence
Other than you maintains,
Love wants me to think
That that belongs to me:
For he and long faith
You owe everything to me.

***

O, wie schön ist doch die Müh’,
Eine Liebesflamme zu verhehl’n,
Die zwei Herzen lässt erglühn,
Und wenn ein jeder freudig drauf’ gefasst’,
Zufrieden bald zu sein.

Ach, ich soll jedoch verschweigen
Mein sichtbares Begehr,
Und tun, so, als ob er mir gefele,
Einen neuen Freund erkör’.
Aber solch eine Mär
Will doch auch Herzenserhör’.

Eure ach so kalte und lahme Lieb’
Macht Euch so “verschämt“,
Die meine nun hingegen, gar heftig,
Hört nicht auf solch Geheim’:
Die Liebe, wann auch immer,
Will nie vernünftig sein!

Wenn mein rauchlos’ Feuer
Ist brennend und so heiß,
Wenn ich von Euch geliebet,
Der Rest ist mir dann gleich!
Dann kann ruhig ein jeder sehen
Und spüren meine Pein.

Wenn ein ander’ Weib
Vor mir Euch unterhält,
Die Liebe will, dass ich dann denke,
Dass mir das doch zufällt:
Denn er und lange Treue
Euch alles schulden mir.

(Adrian Le Roy)

 

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Chaque année plus longue (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017




    
Chaque année plus longue, la fin de l’hiver
De cri en cri nous redoutons de suivre les mouettes
qui assaillent la ville les portes n’y font rien, fermées,
ni les corps repliés.
On ne respire que pour soi.

Petite fille, pas même un an, tournée vers la lumière,
pour la première fois nous lui désignons les oiseaux
et tout de suite elle avance les mains comme le souffle
et sur la vitre chaude, que devons-nous dire ?
palpite ou résonne un ciel aussi bleu que ses yeux.

(Pierre Dhainaut)

 

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La main chaude (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017




    
La main chaude

N’enterrez pas le monde
Car il resurgirait
Dans les sèves futures.

Ma langue est une olive
Que je presse pour toi.
Une huile écrite en coule.

Si tu cueilles la soif,
J’inventerai le fruit
Pour éveiller la source.

Si je suis page vide,
Écris-moi sur ton corps.
Tu seras mon poème.

Nous voguerons sur l’aube
Et je serai ta barque,
Ta voilure et le vent.

Tu gardes le pouvoir
De me faire silence.
Berceuse de l’amour,
Je suis ton instrument.

Si le poète meurt,
L’Univers aura froid.

(Robert Sabatier)

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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