Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘chaude’

Si tu as touché mon corps (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Lauri Blank -    (1)

Si tu as touché mon corps
draine dans tes doigts beaucoup de lumière
ne t’en va pas avec le désir
alourdissant tes reins comme une obsession de plomb
si tu as touché mon corps
éteins tes prunelles et laisse vierge le silence

celles qui sont parties sans rien dire
avec leurs mains chaudes et humides
ont eu autre chose que mon sourire

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Lauri Blank

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’homme parla longuement (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019


 


Oskar Kokoschka

 

L’homme parla longuement. Sa parole était chaude et dense.
Longuement on l’écouta. On ne s’aperçut pas de son départ.
Le silence continuait de parler.
Le lieu avait gardé la parole.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Oskar Kokoschka

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cette main vivante (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

Cette main vivante, chaude maintenant et capable
D’ardente étreinte, viendrait, si elle était froide
Dans le silence glacial du tombeau
Tellement hanter tes jours et transir les rêves de tes nuits,
Que tu voudrais épuiser tout le sang de ton coeur
Pour qu’en mes veines la vie rouge puisse à nouveau couler,
Pour être en paix, alors, avec ta conscience. Regarde !
la voici !
Je la tends vers toi !

(John Keats)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jolimont (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



A l’ombre du gazomètre,
Vénus marchait dans l’ortie.
Une odeur de pleine mer
Coulait de sa chevelure
Où l’algue brouillait les mèches.
La sirène de la mine
Appelait éperdument
A ses tempêtes profondes
Mille marins maquillés
Qui tenaient d’une main rêche
La lampe des vierges folles.
Quelque nuage frileux
Rentrait dormir à la niche,
L’oreille basse et la langue
Pendante jusqu’au pavé.
Vénus, lumineuse et chaude,
Marchait dans l’ortie en fleur.
Elle s’appelait Minouche.
Au Minouche, que j’aimais
Tes jeunes cris dévêtus
Et les taches de rousseur
De tes cuisses de brugnon
Dans les blés de Jolimont.

(Norge)

Illustration: William Bouguereau

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui me réchauffe, qui m’aime encore ? (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

Gao Xingjian escanear

[…]

Qui me réchauffe, qui m’aime encore ?
Donnez des mains chaudes !
donnez des coeurs-réchauds !
Etendue, frissonnante,
Pareille au moribond à qui l’on chauffe les pieds,
secouée, hélas ! de fièvres inconnues,
Tremblante devant les glaçons aigus des frimas,
chassée par toi, pensée !
Innommable ! Voilée ! Effrayante !
chasseur derrière les nuages !
Foudroyée par toi,
œil moqueur qui me regarde dans l’obscurité !
Ainsi je suis couchée,
je me courbe et je me tords, tourmentée
par tous les martyrs éternels,
frappée
par toi, chasseur le plus cruel,
toi, le dieu — inconnu…

[…]

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Gao Xingjian

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Jolimont (Norge)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018


Jolimont

A l’ombre du gazomètre,
Vénus marchait dans l’ortie.
Une odeur de pleine mer
Coulait de sa chevelure
Où l’algue brouillait les mèches.
La sirène de la mine
Appelait éperdument
A ses tempêtes profondes
Mille marins maquillés
Qui tenaient d’une main rêche
La lampe des vierges folles.
Quelque nuage frileux
Rentrait dormir à la niche,
L’oreille basse et la langue
Pendante jusqu’au pavé.
Vénus, lumineuse et chaude,
Marchait dans l’ortie en fleur.
Elle s’appelait Minouche.
Au Minouche, que j’aimais
Tes jeunes cris dévêtus
Et les taches de rousseur
De tes cuisses de brugnon
Dans les blés de Jolimont.

(Norge)

Illustration: Theodore Chassériau

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

CHANSON DES SARDINES (Haruo Satô)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018


 


 

CHANSON DES SARDINES
SANMA NO UTA

Ah, ah,
Vent d’automne!
Si tu as un coeur, va leur dire
Qu’il y a un homme
Aujourd’hui qui dine seul ;
Il mange des sardines
Et il rêve.

Sardines, sardines,
Au pays de cet homme on vous mange
En pressant le jus amer d’un petit citron vert.
Elle qui trouvait cela étrange et familier
Combien de fois a-t-elle cueilli un petit citron vert pour la table de nos dîners?
Ah! Il y avait là une femme qu’on allait abandonner
Un homme que sa femme avait fui
Et une petite fille au père sans grand amour
Empêtrée dans ses baguettes d’enfant
Et qui voulait donner un peu de ses sardines à un homme qui n’était pas son père!

Ah, ah,
Vent d’automne!
T’en souvient-il? Tu regardais
Cette rencontre unique.
Oh,
Vent d’automne!
Je t’en supplie,
Sois-en témoin!
Cette rencontre, ces instants n’étaient donc pas un rêve.

Ah, ah,
Vent d’automne!
Si tu as un coeur, va dire,
Va dire à cette femme qui n’a pas perdu son mari
A cette enfant qui n’a pas perdu son père
Qu’il y a un homme
Aujourd’hui qui dîne seul :
Il mange des sardines
Et il pleure.

Sardines, sardines,
Sardines, êtes-vous amères? salées?
Dans quel pays vous mange-t-on
En versant sur vous des larmes chaudes?
Ah, ah,
Question étrange!

(Haruo Satô)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA CARESSE (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

LA CARESSE

Mes chaudes mains, baigne-les
Dans les tiennes…. Rien ne calme
Comme d’amour ondulés
Les passages d’une palme.

Tout familiers qu’ils me sont,
Tes anneaux à longues pierres
Se fondent dans le frisson
Qui fait clore les paupières

Et le mal s’étale, tant,
Comme une dalle est polie,
Une caresse l’étend
Jusqu’à la mélancolie.

(Paul Valéry)

Illustration: Bénédicte Pontet

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vers la mer (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Vers la mer

Odeur chaude et grasse
Buisson de chair
L’aube se décroche de l’horizon
Suinte sur les bois profonds
Et gagne les jardins

Un chant blessé
Monte de la sève du jour
Nous empruntons des routes
Qui se perdent vers la plage

Alors que la mouette et le vent s’affrontent
Au-dessus de la mer
La vague roule
Tes seins comme des galets.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Gustave Courbet

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Phantasma (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Dorina Costras 260-7

Phantasma

J’ai rêvé l’archipel parfumé, montagneux,
Perdu dans une mer inconnue et profonde
Où le naufrage nous a jetés tous les deux
Oubliés loin des lois qui régissent le monde.

Sur le sable étendue en l’or de tes cheveux,
Des cheveux qui te font comme une tombe blonde,
Je te ranime au son nouveau de mes aveux
Que ne répéteront ni la plage ni l’onde.

C’est un rêve. Ton âme est un oiseau qui fuit
Vers les horizons clairs de rubis, d’émeraudes,
Et mon âme abattue est un oiseau de nuit.

Pour te soumettre, proie exquise, à mon ennui
Et pour te dompter, blanche, en mes étreintes chaudes,
Tous les pays sont trop habités aujourd’hui.

(Charles Cros)

Illustration: Dorina Costras

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :