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Posts Tagged ‘chaudron’

Six heures tombent de l’horloge (Tristan Derème)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



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Six heures tombent de l’horloge
Comme six noix dans un chaudron.

(Tristan Derème)

 

 

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Volupté des parfums ! — Oui, toute odeur est fée (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Jacob Collins

Volupté des parfums ! — Oui, toute odeur est fée.
Si j’épluche, le soir, une orange échauffée,
Je rêve de théâtre et de profonds décors ;
Si je brûle un fagot, je vois, sonnant leurs cors,
Dans la forêt d’hiver les chasseurs faire halte ;
Si je traverse enfin ce brouillard que l’asphalte
Répand, infect et noir, autour de son chaudron,
Je me crois sur un quai parfumé de goudron,
Regardant s’avancer, blanche, une goélette
Parmi les diamants de la mer violette.

(François Coppée)

Illustration: Jacob Collins

 

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La journée en feu (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



La porte brillait dans le jour en feu
mais les nattes des habitantes
ne tremblaient pas
l’une se penchait sur les eaux des chaudrons
et peint sur une faïence
un oiseau s’épuisait à chanter.
On vit entrer le messager
il avait dans ses mains
une lettre et un pain d’or
il parla
puis ce fut un silence austère
et tout le jardin embauma.

(Jean Follain)

Illustration: Vladimir Gusev

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AUTOMNE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



 

    

AUTOMNE

Le duvet de chardon voyage
Bien que les vents soient tous tranquilles
Tantôt là sur le pâturage
Tantôt gravissant la colline
Le courant qui vient de la source
A présent bout comme un chaudron
Et franchit d’innombrables pierres
En bouillonnant à gros bouillons

Le sol racorni craquelé
A la mine d’un pain trop cuit
Le gazon vert est saccagé
Ses tiges desséchées sans vie
Les jachères comme de l’eau
Miroitent à perte de vue
Les fils de la vierge tremblotent
D’une herbe à l’autre suspendus.

Les collines tel un fer ardent
Brûlent à leur faîte au soleil
Et les ruisselets dans leur cours
Flambent clair à de l’or pareils
L’air aussi est de l’or liquide
La terre brûle comme un four
Quiconque promène les yeux
Voit l’Éternité alentour

***

AUTUMN

The thistledown’s flying
Though the winds are all still
On the green grass now lying
Now mounting the hill
The spring from the fountain
Now boils like a pot
Through stones past the counting
It bubbles red hot

The ground parched and cracked is
Like overbaked bread
The greensward all wracked is
Bents dried up and dead
The fallow fields glitter
Like water indeed
And gossamers twitter
Flung from weed unto weed

Hill-tops like hot iron
Glitter hot i’ the sun
And the rivers we’re eyeing
Burn to gold as they run
Burning hot is the ground
Liquid gold is the air
Whoever looks round
Sees Eternity there

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Retouche à l’immobilité (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
retouche à l’immobilité

Le couteau, les oignons, le chaudron
l’ombre est en croix sur le mur
celui qui entrera dans ma maison
dira le mot pur
prendra ma main
mes façons
ô feu de la pudeur
plan du vin dans le verre

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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L’étang (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017



Illustration: Catherine Mignot Masi
    
L’étang

Auprès de l’étang solitaire
Dont l’eau se plombe et se corrompt,
J’aime effeuiller la douce-amère
Que font cuire dans leur chaudron
Les sorciers, et parmi les sphaignes,
Sous les rachitiques bouleaux,
Rêver dans l’ombre qui s’imprègne
Lividement à leurs rameaux.

J’aime la nuit insomnieuse
Où tant de mystère est tapi;
Au pied des saules accroupis
Cueillir, s’enténébrant, l’yeuse;
Ecouter la vase qui grouille
Amoureusement et, sinistre
Instrument que la brume rouille,
Le vent résonner comme un sistre.

J’aime la voltigeuse flamme,
Hantant les marais violets,
Mangés d’ulcères et se squames,
D’un maléfique feu-follet;
Et noire en des vols de macreuses,
Debout aux rives vénéneuses,
Contempler, promenant sa faux,
La Mort qui fauche les roseaux.

(Marie Dauguet)

 

 

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Chaudron de pensées (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017




    
Chaudron de pensées
se prenant pour homme.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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LA FORTERESSE DES OMBRES (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



LA FORTERESSE DES OMBRES

Cûchulainn chante :

J’ai fait un voyage, ô Loegaire,
un voyage à la terre des Ombres.
La forteresse des Ombres avait des serrures de fer,
mais j’y ai posé la main.

Sept murs entouraient la cité,
haineuse était cette forteresse,
une palissade en fer sur chaque mur,
sur laquelle sept têtes étaient fichées.

Il y avait des portes de fer de chaque côté,
mais ce n’était pas même une défense contre des femmes,
je les ai frappées avec mon pied
si bien qu’elles sont tombées en morceaux.

Il y avait une fosse dans la forteresse,
celle du roi, disent-ils.
Dix serpents jaillissaient
de ses bords. Ce fut un haut fait.

Je courus vers eux,
et bien que leur nombre fut grand,
je les mis en morceaux
entre mes deux pouces.

Il y avait une maison pleine de crapauds
qui s’avancèrent vers nous.
C’étaient des bêtes à la tête pointue,
ils se collèrent à mon visage.

Des monstres horribles comme des dragons
furent lachés contre nous.
Puissants étaient leurs sortilèges.
Bien qu’ils (fussent terribles),

je courus vers eux
et lorsque je (les atteignis) ,
je les réduisis en petits morceaux
entre mes deux paumes

Il y avait un chaudron en cette forteresse.
Il ruisselait d’or et d’argent, quelle splendide découverte !
Ce chaudron (nous) fut donné
par la fille du roi.

Nous emmenâmes trois vaches.
Elles nagèrent sur la mer.
Il y avait un chargement d’or
pour deux hommes sur leur dos.

Quand nous partîmes sur l’océan
qui était vaste, vers le nord,
les hommes de mon bateau furent noyés
par la cruelle tempête.

Alors je portai,
bien que ce fût dangereux,
neuf hommes sur chacune de mes mains,
trois sur ma tête

et huit sur mes deux flancs,
accrochés à mon corps.
Ainsi je nageai sur la mer
jusqu’à parvenir au port.

Livre de la Vache Brune.

(Poésie Irlandaise)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Fille penchée (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016


 

Une fille à traits purs
se penche sur des chaudrons.
Le paisible entre dans la cour
près du seuil lavé
à grandes eaux
tousse pour avertir
des lueurs voguent
autour des pieds féminins
restés nus.
Les volailles à peine s’effarent
sans besoin de consolation
dans le soleil levant.

(Jean Follain)

 

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Blues de l’escalier (Antonio Gamoneda)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2016


Une femme monte dans l’escalier
elle a un chaudron plein de peines.
Une femme monte dans l’escalier
elle porte le chaudron des peines.

J’ai rencontré dans l’escalier la femme
et devant moi elle a baissé les yeux.
J’ai rencontré la femme et son chaudron.
Je n’aurai plus de paix dans l’escalier.

***

Blues de la escalera

Par la escalera sube una mujer
con un caldero lleno de penas.
Por la escalera sube la mujer
con el caldero de las penas.

Encontré a una mujer en la escalera
y ella bajo sus ojos ante mi.
Encontré la mujer con el caldero.

Ya nunca tendré par en la escalera.

(Antonio Gamoneda)

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