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Posts Tagged ‘chaumes’

Porteurs de soleils et d’épis (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019


 

Tu vois des chaumes
Et tu vis encore

Cette gloire qu’ils furent
En été

Quand les voici porteurs
De soleils et d’épis.

(Guillevic)

 

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Regains (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Regains

Regains… tout le reste de la plaine est fauché;
Ce vague de l’esprit qui rôdait sur les chaumes
S’en ira balayé par le vent; le fantôme
De l’éternelle inquiétude est desséché.

Regains… je vais pouvoir nager dans le vert tendre
Des prairies, le fouillis des odeurs végétales,
Et lécher la rosée à même les pétales…
Regains… ne pas s’abandonner, mais tout comprendre.

Laisse couler en toi l’ambiance dorée;
Puisque le désir vient d’embrasser ces collines,
Caresse-les des mains : elles sont féminines,
Frémissantes, comme des vagues nacrées.

Où vas-tu, battant l’air divin avec fureur ?
Je te croyais gonflé de calme et d’espérance,
Mûri pour la sagesse et pour la renaissance…
— Peut-être la renaissance de la douleur…

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration

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L’ARBRE PEU (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018


 

L’ARBRE PEU

Si la canicule brûle les sillons et les chaumes
si l’air à plein feu dessèche la gorge
si la coupole-ciel est fournaise immobile
n’hésite pas appelle un arbre même s’il existe peu

Demande à ses racines de descendre profond
là où elles trouveront le silence du frais
Caresse doucement l’écorce de son tronc
même si ta main ne rencontre que vide

Il suffira de peu Du mot tilleul prononcé à voix basse
du mot chêne du mot tremble qui bouge légèrement
et tu pourras trouver l’abri et le repos du frais

à l’ombre de cet arbre qui existe si peu

(Claude Roy)

Illustration: Eliette Graf

 

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Toi, Tu regardes le corbeau (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2017



Toi,
Tu regardes le corbeau,

Tu t’intéresses à ce qu’il fait
Sur les chaumes
Devant ta fenêtre.

Lui,
Rien ne l’oblige,
Il ne te regarde pas écrire.

(Guillevic)

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L’HOMME IMMOBILE (Elvio Romero)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016


 

L’HOMME IMMOBILE

Le voici, immobile.
Immobile
il regarde pleuvoir ; il voit la campagne calme,
immobile.
Douce bruine ingravide.
La terre rêve-t-elle à lui ? Lui, à la terre ?
Pleuvoir est-il un rêve ?

Le voici, immobile.
Immobile
il regarde pleuvoir. Que regarde-t-il
de plus tranquille et sombre que ses yeux,
de plus sec que son front, de plus blessé ?
Se voit-il lui-même pleuvoir ou voit-il reverdir
les champs ? Se regarde-t-il
reverdir ? Regarde-t-il peut-être
le souffle pleuvinant de la bruine ingravide ?
Ou n’a-t-il d’autre rêve que de voir ?

Que regarde
l’homme immobile ?
A quelles semailles pense-t-il, à quelles semailles ?
Dans quels chaumes brûlés erre-t-il, dans quels
chaumes ?
Y a-t-il donc plus de quiétude en son regard
tranquille que dans la pluie ? Pleut-il sur terre
ou seulement dans son désir ? La pluie en songes le
voit-elle
ou est-ce lui qui rêve de voir ?

Le voici, immobile.
Immobile.
Rien, rien ne bouge en lui, et rien dans la campagne.
Est-il le rêve de la pluie ? La pluie est-elle,
immobile, son rêve ?
Un rêve, cette terre ?
Un rêve, cette pluie ?

(Elvio Romero)

Illustration: Jean-Michel Folon

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