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Assez! Nous voulons de la douceur à la pelle (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



« Assez! Nous voulons de la douceur à la pelle,
L’éloge du printemps, l’esthétique des roses,
Sur fond d’oiseaux, le portrait grandeur nature
D’une femme endiamantée qui se prélasse
Et lève un doigt gracile vers un ciel de velours.
Nous ne voulons ni chaux, ni sang, ni boue
Et surtout pas de cadavre qui nous ressemble! »

(Jean Joubert)

Illustration: Fanny Verne

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Ballade qui dit que nous ne disparaissons pas (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



Ballade qui dit que nous ne disparaissons pas

Ceux qui prirent la mer à l’aube
mais qui jamais ne reviendront
laissèrent une trace sur la vague —

au fond tombe alors un coquillage
beau comme lèvres pétrifiées

ceux qui suivirent la route sablonneuse
mais sans atteindre les persiennes
bien qu’on vît déjà les toits —

un tourbillon d’air leur est abri

ceux qui ne rendront orphelins
qu’une chambre glaciale quelques livres
un encrier vide une page blanche —

en vérité ils ne sont pas morts tout entiers

ils chuchotent dans les taillis de la tapisserie
une tête plate loge dans le plafond

d’air d’eau de chaux de terre
est fait leur paradis l’ange du vent
effacera leur corps entre ses paumes
ils se disperseront
par les prairies de ce monde

(Zbigniew Herbert)

Illustration

 

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Le café (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



Le café

L’on s’aperçoit soudain qu’il n’y a rien dans le verre,
que l’on porte l’abîme à ses lèvres.
Les guéridons de marbre s’évaporent comme neige au soleil.
Seuls les miroirs se mettent en frais face aux miroirs, ils sont les seuls à croire à l’infini.
Voici l’heure où il convient, sans attendre le saut meurtrier de l’araignée, de partir.
La nuit on peut revenir pour observer à travers la grille le terrible sabbat des objets.
Les tables et les chaises tuées avec bestialité sont sur le dos les pieds dressés vers un ciel de chaux.

(Zbigniew Herbert)

Illustration

 

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Retouche à l’agrandissement (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2017



retouche à l’agrandissement

un oiseau heurte
la paupière en suspens du lent matin d’été

dans la campagne une fenêtre s’éblouit
entre deux murets de chaux

l’horizon aiguise une faux

(Daniel Boulanger)

 

 

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Instantané (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Instantané

Un ciel bleuté comme du lait.

Une voix de même couleur sur la terre.

Dans la ville aux maisons de chaux
une femme chante parmi les siestes.

Au-dessus d’elle pend un chapelet de bombes
arrêté pour toujours dans notre regard.

Pour toujours
à sa rencontre
s’élève cette voix qui s’arrêtera dans une seconde
parmi les figues caillées du sang.

(Marie-Claire Bancquart)

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La bouche (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2016



La bouche

Bouche qui fus la fleur de nos glaciers,
seule présence écarlate en ce lieu
où ne neigeaient que lumière et que chaux,

oiseau de braise et rose déchirée,
torche où veillait une furtive flamme
dans le silence irrité de la nuit:

à d’autres vents se creuse ton baiser,
pour d’autres yeux tu brûles, tu fleuris,
tu vas soufflant promesse de brasier,

tandis que nous comptons dans la pâleur
du jour que lèche une langue de pierre
le peu de biens que nous laisse l’hiver.

(Jean Joubert)

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Le Suicidé De Nuit (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



petite fille école

Le Suicidé De Nuit

Les rameaux verts s’inclinent
quand la libellule apparaît au détour du sentier
J’approche d’une pierre tombale plus transparente
que la neige blanche comme le lait blanche
comme la chaux blanche blanche comme les murailles
La libellule patauge dans les flaques de lait
L’armure de verre tremble frémit se met en marche
Les arcs-en-ciel se nouent à la Louis XV
Eh quoi ? déjà le sol dérobé par notre route dresse la main
Se bat avec l’armure de verre
Sonne aux portes
Flotte dans l’air
Crie
Gémit pleure ah ! ah ! ah ! ah ! sillage tu meurs en ce bruit bleu rocher
Les grands morceaux d’éponges qui tombent du ciel recouvrent les cimetières
Le vin coule avec un bruit de tonnerre
Le lait le sol dérobé l’armure se battent sur l’herbe
qui rougit et blanchit tour à tour
Le tonnerre et l’éclair et l’arc-en-ciel
Ah ! sillage tu crevasses et tu chantes
La petite fille s’en va à l’école en récitant sa leçon.

(Robert Desnos)

 

 

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Les preuves sont nulles (André Schmitz)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2016



Les preuves sont nulles
les signes sont fragiles

On ne peut pas encore affirmer
que le jour naîtra
que l’horizon ouvrira ses lèvres au soleil
on ne peut rien dire.

On se tait on retient son haleine
on laisse la rosée toucher des paupières
on laisse l’oiseau dire ce qu’il veut.

On attend
on voit l’incertain trembler
entre la cendre et la chaux
on a mal à son désir.

(André Schmitz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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RETOUCHE A LA CITE DES MORTS (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2015



 

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RETOUCHE A LA CITE DES MORTS

Dans les jardins cubiques et nus
où les fleurs sont une frise de cendre
les familles font cuire un poulet.
Les disparus n’ont que des qualités.
Le croissant noir, graffite dans la chaux,
fait s’enrouler le mur de sable
en un cône qui s’évase
et chacun tend l’oreille
pour écouter la voix profonde
et les conseils indéchiffrables.

(Daniel Boulanger)

Illustration: Mark Kostabi

 

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