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Posts Tagged ‘chef-d’oeuvre’

Nostre Aurore vermeille (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



 

Leon-Francois Comerre  lune  rl

Nostre Aurore vermeille

Nostre Aurore vermeille
Sommeille,
Qu’on se taise à l’entour,
Et qu’on ne la resveille
Que pour donner le jour.

Vostre beauté divine,
Assassine
Nos coeurs par ses beaux yeux,
C’est la belle Lucine,
Le chef-d’oeuvre des Cieux.

En vous, belle Julie,
S’allie
La Grâce et la bonté,
Et la Vertu remplie
D’attraits et de beauté.

Vous estes accomplie,
Julie,
Plus belle que le jour,
Et chacun vous publie
L’ornement de la Cour.

La beauté d’Angélique
Est unique,
Et ses yeux nos vainqueurs,
Ont un secret magique
Pour gagner tous les coeurs.

(Vincent Voiture)

Illustration: Leon-Francois Comerre

 

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Charabia (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019



J’ai noté un chef-d’oeuvre
Dans mon journal
Au milieu de la nuit
Quand le soleil se leva
C’était du charabia

(Abbas Kiarostami)

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Ce sentiment là (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018



Illustration: Marie-France Le Clainche
    
Oh! Je ne me révolte pas.
Jamais je ne me suis révoltée. Il est grand!

Je l’adore, je m’incline, aussi religieuse maintenant que jadis,
devant sa pensée infinie dont je suis victime.

Et j’accepte avec une sérénité sans espoir d’être,
moi, le rien, sacrifiée à ses fins.

Il me semble que si j’étais une pauvre pièce de toile,
je me soumettrais ainsi avec une douleur affectueuse et docile
à la torture des ciseaux et de l’aiguille,

par respect et par amour
pour le chef-d’oeuvre inconnu de l’ouvrière.
Ce sentiment là, ce doit aussi être une piété.

(Marie Noël)

 

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Un chef-d’oeuvre nouveau (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



 

Un chef-d’oeuvre nouveau
produit le charme et l’épouvante
d’un météore.

(Saint-Pol Roux)

Illustration: Pablo Picasso

 

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Psyché (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Zinovy Shersher
    
Psyché dans ma chambre est entrée,
Et j’ai dit à ce papillon :
– « Nomme-moi la chose sacrée.
« Est-ce l’ombre ? est-ce le rayon ?

« Est-ce la musique des lyres ?
« Est-ce le parfum de la fleur ?
« Quel est entre tous les délires
« Celui qui fait l’homme meilleur ?

« Quel est l’encens ? quelle est la flamme ?
« Et l’organe de l’avatar,
« Et pour les souffrants le dictame,
« Et pour les heureux le nectar ?

« Enseigne-moi ce qui fait vivre,
« Ce qui fait que l’oeil brille et voit !
« Enseigne-moi l’endroit du livre
« Où Dieu pensif pose son doigt.

« Qu’est-ce qu’en sortant de l’Érèbe
« Dante a trouvé de plus complet ?
« Quel est le mot des sphinx de Thèbe
« Et des ramiers du Paraclet ?

« Quelle est la chose, humble et superbe,
« Faite de matière et d’éther,
« Où Dieu met le plus de son verbe
« Et l’homme le plus de sa chair ?

« Quel est le pont que l’esprit montre,
« La route de la fange au ciel,
« Où Vénus Astarté rencontre
« À mi-chemin Ithuriel ?

« Quelle est la clef splendide et sombre,
« Comme aux élus chère aux maudits,
« Avec laquelle on ferme l’ombre
« Et l’on ouvre le paradis ?

« Qu’est-ce qu’Orphée et Zoroastre,
« Et Christ que Jean vint suppléer,
« En mêlant la rose avec l’astre,
« Auraient voulu pouvoir créer ?

« Puisque tu viens d’en haut, déesse,
« Ange, peut-être le sais-tu ?
« Ô Psyché ! quelle est la sagesse ?
« Ô Psyché ! quelle est la vertu ?

« Qu’est-ce que, pour l’homme et la terre,
« L’infini sombre a fait de mieux ?
« Quel est le chef-d’oeuvre du père ?
« Quel est le grand éclair des cieux ? »

Posant sur mon front, sous la nue,
Ses ailes qu’on ne peut briser,
Entre lesquelles elle est nue,
Psyché m’a dit : C’est le baiser.

(Victor Hugo)

 

Recueil: La chanson des rues et des bois
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il ne faut pas travailler tout le temps (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Illustration: René Baumer
    
Il ne faut pas travailler tout le temps.
Il faut prendre des temps,
prendre son temps.

Il faut digérer. Oui.
C’est dans la digestion des connaissances
que réside le talent.

L’essentiel est de n’avoir pas de minutes vulgaires ou insignifiantes.
Ennuyez-vous.

Car ce jour-là vous prendrez un porte-plume et un papier
et vous ferez peut-être un chef-d’oeuvre.
Tout est dans la qualité de l’ennui.

Aimer les mots. Aimer un mot.
Le répéter, s’en gargariser.
Comme un peintre aime une ligne,
une forme, une couleur.

Autour d’un mot se coagule une phrase, un vers, une strophe, une idée.
Ah ! quel beau mode d’extériorisation !
Et extérioriser, c’est tout!

Sans doute par la quantité d’idées, de sentiments qui se sont incendiés pour la produire
ou bien parce qu’elle s’attache à un pivot qui n’est pas en vous.

Je crois que les œuvres très extériorisées sont très rares.
Le style c’est d’extérioriser!

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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QUESTION-REPONSE (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018




Illustration
    
QUESTION-REPONSE

La beauté n’est pas silence.
C’est pourquoi ma voix
n’est pas un monologue.

La fleur du grenadier,
par exemple,
est un chef d’oeuvre
que
le jour récite.

Je vois, j’entends
des lumières de voix.

C’est pourquoi vous me voyez
marchant (et même
dans le désert)
m’incliner souvent.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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Anonymes du XX siècle (Jean-Luc Pouliquen)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



 

Anonymes du XX siècle

Qui
peut se résoudre à accepter
que tous ces battements de mains
éparpillés sur les contours de la terre
se consumeront dans l’oubli?

Même si chacun
s’efforce d’inscrire son image
dans le granit des jours,
la mémoire
est une arche effilée.

Pourtant
les sourires
s’apparentent aux chefs-d’oeuvre,
et ce don quotidien de soi
pour qu’un enfant poursuive
au-delà de son sillon,
toute cette eau vive
puisée aux sources intérieures.

Au bas de la fresque bi-millénaire
l’humanité tout entière a signé.

(Jean-Luc Pouliquen)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Edward Okun

 

 

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Comment peut-il en être ainsi (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017




Comment peut-il en être ainsi,
Dans une seule créature,
Tellement de biens de nature,
Pour l’étonnement de chacun?

Jamais je ne vis de chef-d’oeuvre
Accompli plus parfaitement:
Comment peut-il en être ainsi
Dans une seule créature ?

Je croyais mes yeux mensongers
Quand ils ont présenté ses traits
A mon coeur, sous forme d’image :
C’était vrai, plus que je ne dis.
Comment peut-il en être ainsi !

(Charles d’Orléans)

Illustration: Amaury Duval

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LA SURVIVANTE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
LA SURVIVANTE

Toi
Comme il faudrait toutes les sources
Ma survivante des forêts
Toi dans le ciel avec les ourses
Qui perdent lentement leur lait
Toi que je nomme en ma mémoire
Carpe de lune pour eaux noires
Sais-tu bien que je pleure encor

Quatre murs blancs c’est un décor
Quatre murs blancs sans une image
Du Dieu qui dès l’apprentissage
Fit un chef-d’œuvre de son corps

Mais par bonheur une fenêtre
Grande ouverte sur la vallée
Un facteur va dans les allées
Du ciel en soulevant tes lettres

Lettres ou fleurs je ne sais pas
L’encre est bleue comme les lilas
Abeilles déchiffrez la neige
Colombe emporte ces mots-là

Et toi qui m’écris sur la route
Sur le pupitre des prairies
Aide-moi à terrasser toutes
Les roses noires de ma vie.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Le cœur définitif
Traduction:
Editions: Seghers

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