Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘chef’

Malchance Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2021




    
– Malchance

Et maintenant que j’avais commencé
à comprendre le paysage :
Le chef de train dit « On descend. »
« Le voyage est fini. »

***

Disdetta

E ora che avevo cominciato
a capire il paesaggio:
“Si scende”, dice il capotreno.
“È finito il viaggio”.

(Giorgio Caproni)
Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le franc-tireur .
Traduction: Traduit de l’italien par Philippe Di Meo
Editions: Champ Vallon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jean Ruet aussi est mort (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration
    
… Jean Ruet aussi est mort ;
Il avait vingt-quatre ans ;
C’était un gars de Saint-Ay
Dans les vignes, sur la Loire.
Jean Ruet a été tué !
Qui donc aurait pu croire
Que celui-là mourrait ?
Il était si vivant
Que c’était grand plaisir
De voir ce garçon-là,
Son nez humant l’espace,
Ses fins sourcils farceurs
Ses gestes de danseur,
Et d’entendre son rire !
Son œil, quand il lisait
La guerre dans les journaux,
Était l’œil de Panurge
Écoutant Dindenault.
Et la belle santé
Excluant la rancune,
Nos grands chefs militaires
Excitaient sa gaîté.
Il est mort un matin
Qu’il pliait son grand corps
Pour saisir aux épaules
Un mort dans un boyau.
Un obus est tombé
Au bord du parapet
Et sa gerbe a criblé
Notre gentil Jean Ruet.
Sur le brancard j’ai vu
Son corps blanc et splendide :
La mort n’avait pas pu
Abîmer sa poitrine.
Hélas ! j’ai vu ses traits
S’amincir et se fondre
Pendant qu’il répétait
L’adresse de sa mère.
Nous l’avons enterré
Dans un bas-fond d’Argonne ;
J’ai vu trois jours après
L’eau qui couvrait la place.
[…]

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE JOURNÉE QUI COMMENCE (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



écoliers rl

UNE JOURNÉE QUI COMMENCE

Le même cartable de cuir
Prix d’un mois de travail
Les mêmes baisers furtifs
Au bord de la route,
Le même vélo historique et quotidien
Tous les trois, la marche en avant
Au goût d’appréhension,
Les camarades qui accrochent leurs yeux
Aux souliers de la grande soeur
A la blouse lavée et raccommodée
Le chef serrant une poignée de main de traître,
Mais le soir, une nourriture
Réchauffée,
Savoureuse.
Maternelle,
Amoureuse,
Une communion solidaire
Après,
Un partage du livre :
Les hommes auront la force d’être ;
Il faut comprendre,
Rappelle la voix fatiguée
Et forte du Père.

(Yvon Le Men)

Illustration: Robert Doisneau

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

COIFFURE (Lucie Spède)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



 

COIFFURE

Quand il fait la roue
le paon
est le plus grand
des grands
chefs indiens.

(Lucie Spède)

 

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

LES ADIEUX (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    LES ADIEUX
Li-Oey
Le grand Chef est parti pour la guerre ;
avant le premier mouvement de son cheval, sa femme lui a donné une étoffe de soie.

« Emporte, en souvenir de moi, cette étoffe où j’ai brodé des caractères,
et ne t’attarde pas trop longtemps ;

Car voici le moment de la pleine lune, et chaque jour lui ôte un morceau de sa rondeur ;
Ainsi le temps cruel fera décroître ma beauté.  »

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Alors que je commençais à comprendre le paysage (Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018




    
Alors que je commençais à comprendre le paysage:
 » Tout le monde descend « ,
dit le chef de gare.
 » Il est fini, le voyage.  »

(Giorgio Caproni)

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le ciel et la terre sont vastes, dit-on (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



 

katsushika hokusai-fantome-japonais-gravure-sur-bois-n-1350918-0

Le ciel et la terre
Sont vastes, dit-on
Mais pour moi
Comme ils sont étroits!
Le soleil et la lune
Brillent, à ce qu’on assure,
Mais pour moi
Ils ne luisent guère,
En est-il pour tous de même
Ou pour moi seulement ?
Par fortune
Je me trouve homme.
Comme tous les autres hommes
Je suis fait.
Ma veste de toile
Non doublée
Pend en lambeaux
Comme du varech.
Ce ne sont que haillons
Jetés sur mes épaules
Dans ma cabane
Qui penche, croulante,
Le sol nu
Est jonché de la paille tirée d’une botte.
Mon père et ma mère
Dorment près de mon chevet.
Ma femme et mes enfants
A mes pieds
M’entourent
En geignant.
Du foyer
Aucune fumée ne s’élève
Dans la marmite
Les araignées ont tissé leurs toiles.
On a oublié
Comment on fait cuire un repas.
Nous sommes là gémissants
Comme l’oiseau nue
Quand le chef du village
porteur de sa canne
Jusque dans notre chambre
Vient nous appeler
Pour raccourcir,
Comme on dit,
Un bâton déjà
Trop court.
Est-elle donc à tel point
Sans remède
La vie de ce monde ?

(Yamanoue no Okura)

Illustration: Katsushika Hokusai

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Monsieur le chef de gare… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Monsieur le chef de gare…
Biguine

1
Monsieur le chef de gare
Siffle comme un oiseau
L’oiseau s’envole en haut
Le train part dare-dare.

2
Quand un train sur sa voie
Rencontre un autre train
Il serre un peu les freins
Et siffle plein de joie.

3
Et moi, quand Joséphine
Trottine devant moi,
Rempli d’un doux émoi
Je siffle la coquine.

4
Quand je danse avec elle
Mille sifflets soudain
Roulent dans le lointain
Comme des hirondelles.

5
Et depuis, à chaque heure,
J’évoque son reflet
Qui coupe mon sifflet
Comme un fil dans du beurre.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chef chef et derechef (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Chef chef et derechef
1
Mon père était chef de cuisine
Du sel par-ci du sel par-là
Mon père était chef de cuisine
Du sel par-ci du sel par-là
Vive un poulet cuit à la broche
Le boeuf bouilli, l’huître de roche
Vive le sel vive le pain
Surtout vive le vin.
Mon père était chef de cuisine
Il m’apprit l’art de bien manger
Le pain est fait avec de la farine
Le vin est fait avec de bons raisins
Il m’apprit l’art de bien manger
Et de vivre en buvant du vin.

2
Mon mari est un chef de gare
Signal par-ci signal par-là
Mon mari est un chef de gare
Signal par-ci signal par-là
Vive un express à cent à l’heure
Vive la gare qui demeure
Vive le rail et le charbon
Et puis vive les ponts.
Mon mari est un chef de gare
Il m’apprit l’art de bien aimer
Aux cris des trains qui filent dare-dare
L’amour s’enfuit aussi vite qu’un train
Il m’apprit l’art de bien aimer
D’aimer toujours, d’aimer sans frein.

3
Mon amant est un chef d’orchestre
Du si par-ci, du mi par-là
Mon amant est un chef d’orchestre
Du si par-ci, du mi par-là
Vive un piano noir et sonore
Vivent les dents dont il s’honore
Vive sa queue évidemment
Et tous les instruments.
Mon amant est un chef d’orchestre
Il m’apprit l’art de mesurer
Le doux plaisir des voluptés terrestres
Ah! qu’il est doux de bien jouer dans le ton
Ré mi fa sol la si do ré
Vive mon chef et son bâton.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE DÉPART DU GRAND CHEF (Thou-Fou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



LE DÉPART DU GRAND CHEF

Le grand chef a quitté tristement son amie ;
il est sorti par la grande porte de la ville
et s’en est allé dormir dans sa tente, où il rêve à son amie.

Tout à coup, un bruit semblable à celui des feuilles mortes,
remuées par le vent d’automne, le réveille et il se soulève sur son coude.
C’est la robe de soie de son amie, qui imite le bruit des feuilles mortes,
remuées par le vent d’automne, de son amie, qui est venue le rejoindre.

« J’avais perdu mon âme, et subitement elle m’est rendue.
Je suis plus surpris que si les neiges de la montagne de l’Ouest s’étaient tout à coup fondues. »
Ainsi parle le grand Chef, et son amie lui répond :

« Je pleurais à la fenêtre occidentale ; une hirondelle, touchée, m’a prêté ses ailes,
et je suis venue, avec tant de promptitude,
que près de moi, ton cheval de bataille aurait eu la marche des tortues. »

(Thou-Fou)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :