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Posts Tagged ‘chemin’

JE CHANTE (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Charles Trenet

JE CHANTE

Je chante !
Je chante soir et matin,
Je chante sur mon chemin
Je chante, je vais de ferme en château
Je chante pour du pain je chante pour de l’eau
Je couche
Sur l’herbe tendre des bois
Les mouches
Ne me piquent pas
Je suis heureux, j’ai tout et j’ai rien
Je chante sur mon chemin
Je suis heureux et libre enfin.

Les elfes
Divinités de la nuit,
Les elfes
Couchent dans mon lit.
La lune se faufile à pas de loup
Dans le bois, pour danser, pour danser avec nous.
Je sonne
Chez la comtesse à midi :
Personne,
Elle est partie,
Elle n’a laissé qu’un peu d’riz pour moi
Me dit un laquais chinois

Je chante
Mais la faim qui m’affaiblit
Tourmente
Mon appétit.
Je tombe soudain au creux d’un sentier,
Je défaille en chantant et je meurs à moitié
« Gendarmes,
Qui passez sur le chemin
Gendarmes,
Je tends la main.
Pitié, j’ai faim, je voudrais manger,
Je suis léger… léger… »

Au poste,
D’autres moustaches m’ont dit,
Au poste,
« Ah ! mon ami,
C’est vous le chanteur vagabond ?
On va vous enfermer… oui, votre compte est bon. »
Ficelle,
Tu m’as sauvé de la vie,
Ficelle,
Sois donc bénie
Car, grâce à toi j’ai rendu l’esprit,
Je me suis pendu cette nuit… et depuis…

Je chante !
Je chante soir et matin,
Je chante
Sur les chemins,
Je hante les fermes et les châteaux,
Un fantôme qui chante, on trouve ça rigolo
Je couche,
Parmi les fleurs des talus,
Les mouches
Ne me piquent plus
Je suis heureux, ça va, j’ai plus faim,
Heureux, et libre enfin !

(Charles Trenet)

 

 

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La route enchantée (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Marcio Melo 04

La route enchantée

1. Le ciel est plein de joie
La nuit est parfumée
Ah! Quel parfum subtil
Odeur de feu de bois
Douce odeur de fumée
Odeur du mois d´avril
On sent que bientôt c´est la fête
La jolie fête du printemps
Qui fleurit par-dessus nos têtes
Le ciel d´avril comme les champs

{Refrain:}
Une étoile m´a dit
Deux étoiles m´ont dit
Connais-tu le pays du rêve
Le pays d´amour où,sous le ciel bleu
Tout est joyeux
Les beaux jours sont courts
Au pays d´amour
Et les nuits les nuits sont brèves
Mais l´on vit sa vie
Loin de tous soucis
Viens cette nuit
Pars c´est du mystère
Que tu veux : en voilà!
Pars oublie la terre
Pars viens avec nous tu verras
Les joyeux matins et les grands chemins
Où l´on marche à l´aventure
Hiver comme été
Toujours la nature
La route enchantée…

2. Rivière mon amie
C´est pour toi que je chante
Et vous petits oiseaux écoutez-moi
Cochons vaches et veaux
Et vous bêtes méchantes
Qui hurlez dans les bois
Demain c´est le jour où l´on s´aime
Et qui sème récolte l´amour
L´amour c´est le plus beau poème
Pourquoi ne pas s´aimer toujours

{Refrain} :
Une étoile m´a dit
Deux étoiles m´ont dit
Chante l´amour au clair de lune
Chante sans un sou
Chante comme un fou
Partout partout
La jeunesse est là
Qui te tend les bras
Le soleil c´est la fortune
Si tu vis ta vie
Loin de tous soucis
Viens cette nuit
Pars c´est du mystère
Que tu veux : En voilà
Pars oublie la terre
Pars viens avec nous tu verras
Les joyeux matins et les grands chemins
Où l´on marche à l´aventure
Hiver comme été
Toujours la nature
La route enchantée…
Bonjour le jour la vie la nuit l´amour!

(Charles Trenet)

Illustration: Marcio Melo

 

 

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Ah dis ah dis ah dis ah bonjour (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Ah dis ah dis ah dis ah bonjour

Quel est, dans le bois, ce lumineux coquelicot?
C´est le soleil plus matinal que tes jolis yeux ma chérie.
Quel est, dans le ciel, cet écho, ce cocorico?
C´est la chanson d´un jeune coq qui chante sur la prairie.
Quelle est cette goutte sur la joue de cette fleur?
C´est la rosée qui met partout qui met des larmes de bonheur.
Quelle est cette ardeur qui vient avec le gai printemps?
C´est du désir. Réveille-toi. La nature a vingt ans.

Ouvre ton cœur à l´amour.
Ouvre ta fenêtre au jour.
Laisse entrer chez toi le gai soleil et dis,
Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bon-jour!
Cueille la fleur, la plus belle.
Chante une chanson nouvelle
Et va-t´en courir sur les chemins
Qui sont de la nature les lignes de la main.

Prends un bain dans la rivière.
Sèche-toi dans la clairière
Et n´assieds pas ton derrière
Sur les orties familières…
Dis-toi que le temps est court,
Qu´il faut penser à l´amour.
Ouvre ton cœur et ta fenêtre au jour
Et dis : Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bon-jour!

Quel est cet oiseau qui, gentiment, nous applaudit?
C´est l´hirondelle de mon cœur qui chante, chante jour et nuit.
Quel est ce château qui nous sourit à l´horizon?
C´est le mirage le plus beau ma chérie : c´est notre maison.
Qui est ce gros chien qui jappe au bas de l´escalier?
C´est le gardien, le gros Médor dont le visage est familier.
Quel est cet étang qui nous invite à canoter?
C´est le bon temps, l´avenir, c´est le printemps et l´été.

(Charles Trenet)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Je suis aveugle, et ne sais où aller (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2021




Je suis aveugle, et ne sais où aller :
De mon bâton, pour ne pas m’écarter,
Je vais sondant mon chemin çà et là;
Quelle pitié que je sois forcé d’être
L’homme égaré qui ne sait où il va…

***

Aveugle suy, ne sçay ou aler doye :
De mon baston, affin que ne forvoye,
Je vois tastant mon chemin ça et la;
C’est grant pitié qu’il convient que je soye
L’omme esgaré qui ne scet ou il va.

(Charles d’Orléans)

 

 

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Célébration brève de la nudité (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2021


nudité

En me dépouillant
j’éloigne le néant.

C’est comme si le désert
était le chemin vers
le coeur de l’univers.

Quand « je » ne sera plus rien
l’espace-temps sera mien.

(Henri-Frédéric Blanc)

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NE ME DITES JAMAIS LE NOM (Michel Manoll)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2021



NE ME DITES JAMAIS LE NOM

Si je penche malgré mon coeur
Vers un asile sans frontières
Où je vivrais les yeux ouverts
Ne me dites jamais le nom
De ce qui n’a plus forme humaine
Ni de cette ombre sans visage
Qui flotte un instant sur ma peine
Et coule à pic comme l’orage

Ne me dites jamais le nom
Des nuits amassant leur silex
Du flot de lave qui saccage
Le front des statues bien-aimées
De la douleur tissant sa cage
Avec le sang de ses victimes
Et de tous ceux qui vont et viennent
Privés de source et les mains lourdes
D’un fret d’étoupe et de chardons

Je ne veux pas savoir qui rampe
Sur le marbre noir de la mort
Ni pourquoi vacille la lampe
Au fond d’un sombre corridor
Laissez-moi franchir pas à pas
Le chemin mouvant qui va l’amble
De son aurore à son couchant
Je porte en moi mes souvenirs
Comme un carquois vide de flèches
Comme un bouquet qui se dessèche.
Ne me dites pas : cicatrices
Mais le bourgeon qui va s’ouvrir
Et les oiseaux de l’avenir.

(Michel Manoll)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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LA FEMME DE MA VIE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

Albena Vatcheva    (29) [1280x768]

LA FEMME DE MA VIE

Mon épouse ma loyale étoffe
ma cressonnière mon doux pépin
ma banlieue mon gros gras jardin
mes fesses mes vesses mes paroles
mon chat ou j’enfouis mes besoins
ma gorge de bergeronnette

Ma veuve mon essaim d’helminthes
mes boules de pain pour mes mains
pour ma tripe sur tous mes chemins
mon feu bleu où je cuis ma haine
ma bouteille mon cordial de nuit
mon torchon pour essuyer ma vie
l’eau qui me lave sans se tacher

Ma brune ou blanche ma moitié
nous n’aurions fait qu’une couleur
qu’un soleil lune à tout casser
à tous les deux par tous les temps

si un jour je t’avais connue
si tu avais été.

(André Frénaud)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Il n’y avait plus d’envers (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



il n’y avait plus d’envers
où terrer une idée
ni d’ombre pour la mousse

le sable avait bu le désir
qui prolongeait ce songe
et l’air ne portait plus

qui fut la proue du temps
quand l’heure revenue
montra le seuil dissous
et l’aile refermée

le chemin
le chemin n’était plus
que la voie du chemin sans chemin

(Bernard Noël)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Caroline Duvivier

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La beauté des ruines (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021



Il y a du sublime à gaspiller une vie qui pourrait être utile,
à ne jamais réaliser une oeuvre qui serait forcément belle,
à abandonner à mi-chemin la route assurée du succès ! …

Pourquoi l’art est-il beau? Parce qu’il est inutile.

Pourquoi la vie est-elle si laide ?
Parce qu’elle est un tissu de buts, de desseins et d’intentions ?
Tous ses chemins sont tracés pour aller d’un point à un autre.

Je donnerais beaucoup pour un chemin conduisant d’un lieu d’où personne ne vient,
vers un lieu où personne ne va…

La beauté des ruines ?
Celle de ne plus servir à rien.

(Fernando Pessoa)

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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UNE FILLE (Slobodan Kojovik)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021




UNE FILLE

Avec mes cheveux gris et ma barbe trop blanche,
A moi-même fidèle, âmes songes d’enfant,
Malgré la brume épaisse et le temps étouffant,
Et l’avenir broyé sous un poids d’avalanche,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante, avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

Quand un échec remplace une énorme espérance,
Quand l’homme bestial domine l’univers,
Quand la terre est rongée aux coups d’immondes vers,
Comme au temps révolu de ma première enfance,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante, avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

Ma vie arrive au bout prenant de la vitesse.
Sans être vraiment fier d’un tel état de lieux,
De la profonde nuit, des nuages aux cieux,
Malgré le grand déboire et l’immense détresse,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

(Slobodan Kojovik)

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