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Poésie

Posts Tagged ‘chemin’

Le jour se déployait (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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Le jour se déployait sur la nudité des prés
le sommeil des chemins creux
les ombres surprises
mais nul ne comprenait
l’allégresse avide des choses
le bonheur sans rides des clairières
au profond du temps
Ils étaient là seulement

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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Le mauvais larron (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



 

Robert Campin  mauvais-larron

Le mauvais larron

J´aurais pu être celui-là
Qui t´a vu mourir sous la croix,
Un de tes derniers compagnons,
Le mauvais larron.
Bien sûr, j´ai mérité la corde
Plutôt que la miséricorde.
Je suis du gibier des prisons,
Le mauvais larron – mauvais larron – mauvais larron.

Bref, j´étais capable de tout
à part de tendre l´autre joue.
Je n´ai pas demandé pardon
D´être un larron.
J´ai pris ce que je pouvais prendre,
Les coups, l´argent, les filles tendres.
Elles trouvaient bien assez bon
Le mauvais larron – mauvais larron – mauvais larron.

Aujourd’hui je suis comme toi,
Quand tu n´avais dessus ta croix
Pour ultime fréquentation
Que les deux larrons.
Je n´ai plus rien qui me console.
Peut-être, en guise d´auréole,
On verra briller sur mon front
Le mauvais larron – mauvais larron – mauvais larron.

C´était peut-être un vendredi
Qu´il est allé au paradis
Par le chemin de la Passion
Des mauvais larrons.
Abandonné entre deux mondes
Jusqu’à sa dernière seconde,
Ainsi chantait de sa prison
Le mauvais larron – mauvais larron – mauvais larron.

(Georges Moustaki)

Illustration: Robert Campin

 

 

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Je m’en vais rêvant par les chemins… (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Je m’en vais rêvant par les chemins
Du soir. Les collines
Dorées, les pins verts
Les chênes poussiéreux! …
Où peut-il aller, ce chemin?

Je m’en vais chantant, voyageur
Le long du sentier…
Le jour s’incline lentement.
« Devant mon cœur était clouée
L’épine d’une passion;
Un jour j’ai pu me l’arracher:
Je ne sens plus mon cœur. »

Et toute la campagne un instant
Demeure, muette et sombre,
Pour méditer. Le vent retentit
Dans les peupliers de la rivière.

Mais le soir s’obscurcit encore;
Et le chemin qui tourne, tourne,
Et blanchit doucement,
Se trouble et disparaît.

Mon chant recommence à pleurer:
« Epine pointue et dorée,
Ah! si je pouvais te sentir
Dedans mon cœur clouée. »

(Antonio Machado)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Le corps d’Eurydice (2/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Certains soirs elle ne savait pas
Ce qui, d’elle, était devenu insaisissable:
Une poignée de plumes rousses
Sur le ciel lisse, où volaient les fleurs du cerisier.
Où l’atteignait, porté par quelque souffle,
Un parfum indéfinissable. Etait-ce
Le laurier rose, dont la feuille est empoisonnée?
Sinon quel souvenir, ou quel désir
Aurait meublé les couches de lumière déclinante,
Et l’espace qui était en elle ce miroir
Obscurci, ce point de fuite, une heure
Avec de légers nuages sur le ciel pâle?
Un moment du monde aurait passé:

« Reprendre le chemin qui ramène
Vers ce lieu de moi-même où tout s’apaise
Et s’équilibre, est-ce tellement difficile
Mère mauvaise? Et me fondre dans ce qui m’appelait:
La nuit accueillante où le corps ne vieillit pas. »

Une vivante. Elle a fait son deuil d’elle-même.
Elle a erré parmi les petits noms de l’amour,
Les objets familiers: beaucoup de fleurs,
D’étoffes, de bijoux, pour embellir une vivante.
Pour retenir sur elle la lumière. Et la passion?
Et le manque, et le besoin, et le plaisir?
Enfin pour finir cette chambre
Sans lit et sans miroirs, où elle se dévisageait
Un moment dans une fenêtre blanche,
Avant de se détourner tout à fait du dehors,
Respirant profondément l’odeur douceâtre
Des bouquets fanés sur la table:

« Nue dans la mémoire, comme dans l’amour,
C’est là que j’ai appris à être impitoyable
Avec ma vie, à n’être plus que du temps
Sans désir comme le soleil sur les pierres nues,
Les pages, désertées d’êtres écrites. »

Ce qui, d’elle, était devenue méconnaissable,
Une partie d’elle-même donc, sa main seulement
Ou sa personne tout entière, les concours
De ce qu’on nomme l’âme? Et beaucoup plus tard
Ce furent d’autres fleurs, celles des paulownias
Qui forment une sorte de ciel mauve
Quand le vrai ciel s’emplit de noir.
Ce qu’il faudrait, de toute urgence, ressaisir,
Elle ne savait toujours pas. – Et pourquoi
Saisir plutôt que se laisser saisir?
Elle regardait alors ces grappes de fleurs,
Respirait cette brume mauve. Elle était capable
D’en jouir. Puis le bleu plus profond
Se mettait tout autour, c’était
Un chef-d’oeuvre de tendresse,
De distraction, ou de destruction:

« Mère mauvaise, non, je n’ai pas changé ma vie.
Mais je suis revenue, parmi les miens, quel que fût
Cet inconnu qui me forçait à aimer l’amour.
Dérobée à lui-même, mes gestes mutilés,
Ceux d’une autre? Sa tête perdue. »

(Claude Adelen)

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Juste avant la nuit (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



 

Juste avant la nuit
les chemins sont en fuite

L’ortie près du fossé
et tout ce qui n’a pas
besoin du temps
ne sait rien du monde

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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Blues (Denis Hamel)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

Danny Quirk QuirkPainting151 [1280x768]

Blues

La chair et le rêve marchent sur un même chemin
ce sont de vieux amis

en-dessous de la chair il y a le squelette
en-dessous du rêve il y a

une rivière de sang

dehors l’horrible soleil éclate de rire

quelques gouttes de parfum tombent dans la poussière

les femmes nues dans les magazines
appartiennent à une cité idéale

oh, moisissure du moi

je voudrais me coucher et ne plus jamais écrire

je voudrais

ne plus jamais être amoureux

(Denis Hamel)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Danny Quirk

 

 

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La tortue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



Toute à sa lenteur
comme l’aiguille à
l’heure elle détruit
l’immobilité de la
nuit pierreuse
devenue chemin Le
but est grenade
fendue par l’attente
aux écailles larges
La soif a les yeux
mornes des brasiers
qu’elle décourage

(Edmond Jabès)

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SENS INTERDIT (André Lartigue)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



coeur

SENS INTERDIT

Défense de cueillir
Des mains évanouies

Le germe de vos vies
S’attarde pour mûrir

La sève de vos pas
Profite des chemins

Ne vous y trompez pas
Trouvez-y votre gloire

La terre a du soleil
Plein ses bras éclatés

Il ne faut-pas fermer
Les portes de vos villes

Vos voix y trouveront
D’autres voix étonnées

Il ne faut pas ternir
Le nom des capitales

Les fleuves vous diront
Ce qui vit sur leurs rives

N’oubliez pas vos mains
N’oubliez pas vos yeux

Le soir viendra trop tôt
Où vous ne pourrez plus

De visages connus
Sentir l’exactitude

Sous la poussée des doigts

(André Lartigue)

 

 

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JE M’EN VAIS, JE M’EN VAIS (Chanson populaire Hongroise)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



A figure walking alone down a long path

 

JE M’EN VAIS, JE M’EN VAIS

Je m’en vais, je m’en vais
sur la route je vais
de la poussière fine
un paletot me fais.

De chagrin et tristesse
le fais passementer
de mes pleurs qui se pressent
je le fais boutonner.

Emporte, vent, emporte
du chemin la poussière
du chemin la poussière
de mon coeur la misère !

(Chanson populaire Hongroise)

 Illustration: Robert Cattan

 

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IDYLLE ROUGE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



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IDYLLE ROUGE

Le chemineux s’est dit : « Je veux
Cette jouvencelle aux cheveux
D’aurore blême ».
Mais la jouvencelle a du bien
Tandis qu’est gueux, gueux comme un chien
Le gars qui l’aime !

Et la belle, aux riches galants
Seuls ! ouvrira les rideaux blancs
De son alcôve ;
Elle course le miséreux…
Alors, par les chemins poudreux,
Le gars s’ensauve !

Errant le jour, de ci de là
Il geint, et la nuit lorsque la
Lune pâlotte
L’éveille au fond de son fossé,
Laissant saigner son cœur blessé
Le gars sanglote.

Dans l’ombre des vieux cabarets
Où le vin, des pichets de grés
A grands flots coule,
Il va se reposer un brin
Et, pour oublier son chagrin,
Le gars se saoule !

Enfin, il vient de faire don
De sa raison aux femmes dont
L’amour s’achète.
Il va par les quais, triste et seul…
Le grand fleuve ouvre son linceul…
Le gars s’y jette…

(Gaston Couté)

 

 

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