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Poésie

Posts Tagged ‘cheminée’

UNE FÉE EN HIVER (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018




    
à Hadriana Siloé
UNE FÉE EN HIVER

Une fée s’est réveillée
dans le poivre gris de l’hiver.
Un papillon l’a précédée
au-dessus de la cheminée.
Une fête ! Une fête d’amour
autour des vivants et des morts !
le feu brille dans mes mots du soir :
chaque instant est un éclat de rire
qui fait battre la vie à se rompre !

voici la fée qui se déshabille
sur l’égarement de mes cinq sens.
Une odeur de brûlé s’élève
de sa justice de femme.
Sa chaude lune est
le songe d’un très vieux songe de poète.
Sa force tendrement animale
est un pollen de papillon
sur l’oreiller d’un pharaon d’Egypte !

que la nuit apporte sa tendresse
aux yeux de reine vigilante !
que la maison reste en fleur
dans la neige de son souvenir !
salut, ombre bien-aimée d’Hadriana !
tes semences sont à ma porte
ta joie saute dans mon lit
pour rendre soudain la vue
à l’aveuglement de mes années !

(René Depestre)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud
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La Rentrée de l’hiver (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
La Rentrée de l’hiver

1
Voici l’hiver il va neiger sur la toiture
Voici la pluie il va neiger sur la toiture
Adieu soleil Adieu été
Au revoir beauté
Au revoir printemps
Au revoir beau temps.

2
Les cheminées les araignées sur les toitures
Les cheminées les araignées sur les toitures
C’est la rentrée c’est la sortie
C’est le vent d’esprit
C’est le cri d’la pluie
C’est l’hiver vive l’hiver qui recommence.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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LES QUATRE SAISONS (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

LES QUATRE SAISONS

Au printemps, c’est dans les bois nus
Qu’un jour nous nous sommes connus.

Les bourgeons poussaient, vapeur verte.
L’amour fut une découverte.

Grâce aux lilas. grâce aux muguets,
De rêveurs nous devînmes gais.

Sous la glycine et le cytise.

Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise?

Nous n’aurions rien dit, réséda,
Sans ton parfum qui nous aida.

II

En été les lis et les roses
Jalousaient ses tons et ses poses,

La nuit, par l’odeur des tilleuls
Nous nous en sommes allés seuls.

L’odeur de son corps, sur la mousse,
Est plus enivrante et plus douce.

En revenant le long des blés.

Nous étions tous deux bien troublés.

Comme les blés que le vent frôle,
Elle ployait sur mon épaule.

III

L’automne fait les bruits froissés
De nos tumultueux baisers.

Dans l’eau tombent les feuilles sèches
Et. sur ses yeux, les folles mèches.

Voici les pèches, les raisins,
J’aime mieux sa joue et ses seins.

Que me fait le soir triste et rouge,
Quand sa lèvre boudeuse bouge ?

Le vin qui coule des pressoirs

Est moins traître que ses yeux noirs.

IV

C’est l’hiver.
Le charbon de terre
Flambe en ma chambre solitaire.

La neige tombe sur les toits.

Blanche!
Oh. ses beaux seins blancs et froids!

Même sillage aux cheminées
Qu’en ses tresses disséminées.

Au bal chacun jette, poli.
Les mots féroces de l’oubli.

L’eau qui chantait s’est prise en glace.
Amour, quel ennui te remplace!

(Charles Cros)

 

 

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VOIR VENIR (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



    

VOIR VENIR

Il y a des mains des feuilles qui tombent
Ce soir un nouveau jour
Dans les draps du matin le sillon de l’amour
Les neiges déployées
Les cheminées d’usine
Celui qui marche au fond de l’ombre
Et qu’on devine
Un guichet de lumière
Une cloche en retard
Cet ami inconnu qui remet son départ
La même voix qui recommence
La même plainte
Et un silence
Toujours la même allure
Des bouquets de moineaux piqués dans les ramures.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Je me chauffe les mains à un bouquet de roses ardentes (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018



Feu de cheminée

Je me chauffe les mains
A un bouquet de roses ardentes
A un feuillage de flammes
Alors que le vent frappe à la vitre
Où se regardent les étoiles

Je me chauffe les mains
En regardant mûrir des fruits rouges
Dans le buisson du feu
Et un grand coquelicot éclore
Sur la plaque de l’âtre

Je m’endors et le feu s’éteint
Mais la cendre couve peut-être
Un bel oiseau de braise
Qui m’emportera.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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LE FOND DE LA PENSÉE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




    
LE FOND DE LA PENSÉE

Sur les cailloux
Au fil du sang
L’herbe le brin de paille
Et la main qui descend
Toute la vie
Au bord des sombres pâturages
Les yeux et l’horizon qui manquent d’éclairage
Le feuillet où j’inscris l’avenir de travers
Et si loin
Les hautes cheminées de la mer
Ce qui était mon bien ma raison de comprendre
Toutes mes fleurs
Tous mes oiseaux qu’on veut me prendre
Et jusqu’à cet amour tendrement obstiné
Amour de mon amour
Et des bêtes de lait
Toute la vie pour la plus folle
Pour une belle pour une seule parole.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Les baguettes du vent (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



Illustration: Baiser mortel laurier-rose
    
Les baguettes du vent
Sur la peau des lauriers
Quelques taches de cendres
Vas-tu monter
Descendre
T’épanouir à mes pieds
Mais j’aurai beau crier
Tu ne peux plus m’entendre

La porte a frissonné
Une main traîne encore sur la cheminée

La rue s’éveille
On voit le mur pencher lentement son oreille
Un arbre dans le fond
La maison qui chavire
Et le trou du plafond

Plus près
Celui qui dort
Celui qui fait le mort
Et l’ombre qui nous frôle

C’est là que je t’attends
Au bord de mon épaule

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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POÈMES DE PETERSBOURG (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



POÈMES DE PETERSBOURG

1
Saint-Isaac à nouveau se couvre
D’une parure d’argent fondu.
Le cheval de Pierre le Grand
Se fige, impatient; il menace.

Un vent farouche, qui étouffe,
Emporte les fumées des cheminées…
Ah! le souverain est mécontent
De sa capitale nouvelle.

2
Mon coeur bat d’un rythme égal,
Que me font de longues années!
Nos ombres sont pour toujours
Rue des Galères, sous l’arc.

Sous mes paupières mi-closes
Je le vois, tu es avec moi,
Et ta main tient à jamais
Mon éventail encore fermé.

Parce que nous avons vécu
Ensemble un instant de miracle,
Lorsque sur le Jardin d’été
La lune a ressuscité, rose,
Je n’ai plus besoin d’attentes

Près de cette fenêtre lassante
Ni de rendez-vous ennuyeux.
Ah! L’amour est accompli.
Tu es libre, je suis libre,

Demain est meilleur qu’hier, —
Sur l’eau sombre de la Néva,
Devant le sourire glacé
De l’empereur Pierre le Grand.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Je ne reconnais pas une voix (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017




    
Je ne reconnais pas une voix dans le vent,
pas un visage au haut des têtes béantes
et la ville est seule au milieu des avenues
avec des pierres qui fixent le ciel sans le voir.

Les rues sont nues comme des femmes mortes
auxquelles on n’a pas fermé les yeux
et les fenêtres font remuer le couchant
de toute la marée obscure de leurs carreaux.

Placées comme des arches sous l’éternité,
les cheminées attendent qu’un pont les relie.
Des lampes respirent d’un seul coup leur clarté
et c’est la nuit comme si rien n’avait existé,

la nuit haute comme une montagne
qu’un seul trait de foudre peut terrasser
parmi des murs qui se dressent et se relaient
redoutables comme autant de passants qui s’arrêtent.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Il me semble que je vis dans une cheminée d’ombre (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



   Illustration: Edgar Mélik
    
Il me semble que je vis dans une cheminée d’ombre,
des inconnus en grand nombre
fournissant le charbon,
moi la charbonneuse fumée.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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