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Poésie

Posts Tagged ‘cheminement’

La main à pleine poignée (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



 

La main à pleine poignée quand le pied glisse
se retenant — non pas la chute libre comme
toujours dans le buisson de la voix le silence
quelque chose un instant le retient, langue brûlée
mais le cheminement (caillou plus tard sur la page
à plat de mon carnet pour que ne s’envolent
les mots lentement gagnés dans la montée)
quand l’herbe jamais de nous ne retiendra
dans le matin abrupt aux pages penchées qu’
un nom (herbe vivace) et son écho qui meurt

(Pascal Commère)

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VERS QUOI? (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



VERS QUOI?

Vers quel édifice
Toutes ces fondations ?

Vers quelle destination
Toutes ces poursuites ?

Vers quelle cible
Toutes ces flèches ?

Vers quelle durée
Tous ces instants ?

Vers quel mirage
Nos cheminements ?

(Andrée Chedid)


Illustration: Catherine Catteloin

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La poésie (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



La poésie n’est pas un genre littéraire parmi d’autres;
elle est le chant de l’origine
qui se dégage des silences et des cris de l’homme
en quête de son propre secret
en même temps que de l’Enigme de l’univers.

Ici, l’âme s’exprime au plus près de la transparence
dans l’éclat d’une illumination fugace
mais qui aspire follement à la durée.

A la fois chemin et cheminement vers l’Etre,
la poésie est une aventure extrême,
exigeante et périlleuse,
qui engage la totalité de l’individu.

Le poète est conçu, écrit, raturé, éternisé
ou gommé par son oeuvre:
il est un texte vivant, le poème de son poème.

(Marc Alyn)


Illustration: Odilon Redon

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Ton arrivée (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019


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Ton arrivée est souvent prélude
à ton vrai cheminement

(Adonis)

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N’es-tu pas déjà passé (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018




    
N’es-tu pas déjà passé
par ce corridor,
ce parcours dans des cercles
sans mémoire ?

C’est toujours ton nom qui interroge
et toujours le même cheminement,
les meubles futiles, les roues, les saisons.
Tu es pauvre parmi les mots

plus pâles, reste à jeter le ciel
sur l’autre pente.
Ici rien ne manque parce que

rien est tout : les biens convoités
sont un désert et toute face fermée
te ressemble.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une oeuvre d’homme (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018




    
Une oeuvre d’homme n’est rien d’autre
que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l’art
les deux ou trois images simples et grandes
sur lesquelles le coeur, une première fois,
s’est ouvert?

(Albert Camus)

 

Recueil: L’Envers et l’Endroit
Traduction:
Editions: Folio

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Cassures (Elsie Suréna)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



 

Bruno Walpoth -Zoom

Cassures

Nudités des jours
Écoulés sans surprise
Les uns
À la suite
Des autres
Est-ce cela vivre?

Amitiés aussi incertaines
Aussi maladroites parfois
Qu’une écriture tremblée
Est-ce cela vivre?

Brèves amours
Qui se suivent
Et se ressemblent
Tel un cheminement
De fourmis folles
Est-ce cela vivre?

Île natale aussi présente en moi
Qu’en gestation dans ses eaux à rompre
Là-bas où le facteur plaint les miens
Est-ce cela vivre?

Pays cassé au ras de nos rêves
Toujours blessé de vents contraires
Et chaque jour un peu plus délaissé
Parviendrai-je au bout du voyage
À me rencontrer face à face
Pour mieux te revenir et enfin vivre?

(Elsie Suréna)

Illustration: Bruno Walpoth

 

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L’INFINITIF DU BLEU (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
L’INFINITIF DU BLEU (extrait)

Cette longue errance n’aura donc été
qu’un rêve magnifique sous une étoile damnée,
et la cause perdue d’un exode sans fin,
une lune à cueillir sur un ciel trop distant
et pourtant,
l’âme naquit au soleil solitaire
de passagers sans lendemain qui vont, faits de mystère
et ne deviennent que par l’orage d’un secret ;
et pourtant la lumière éclaire un cheminement
incertain, mais il eût fallu monter plus haut
pour connaître enfin que la terre était loin,
et la route s’arrête là où le froid greffe
la plante fugace d’une erreur splendide
qui nous oblige à l’espoir d’encore espérer.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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La Trêve (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



La Trêve

Dans le désert ridé des draps,
la nuit dévêt l’enfance d’une épaule,
sel et soleil aux yeux du survivant

qui suit du doigt le long cheminement
du sang léger au flanc de la dormeuse
et la tiédeur d’une chair hasardeuse.

Les rues se sont vidées de leur venin
et l’on entend les bêtes pacifiques
ruser avec la lune sous les feuilles,

cependant que très loin, dans le brouillard,
la mer remue les algues et les monstres,
à coups de reins, dans son lit froid.

Et c’est la somnolence de l’hiver.

Au creux des meules s’engourdit
la rage têtue des vipères.

(Jean Joubert)


Illustration: Katerina Belkina

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Noeud après noeud (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017



Noeud après noeud
tu te recourbes de plus en plus
improvisant ton histoire réversible

des naissances narcissiques
des morts ambiguës

ce n’est qu’un trompe-l’oeil
d’un subtil cheminement
maillé à l’invisible

avec ta peau de sable
tes rides de vent
comment te saisir
dans ces sillons fuyants?

(Aïcha Arnaout)

Recueil: L’inventaire des choses (Anthologie)
Traduction: Aïcha Arnaout
Editions: Action Poétique

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