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Poésie

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Parmi les impatiences du sel et des iodures (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019



Auparavant,
Pendant des profondeurs,
Nous avons cheminé
Parmi les impatiences
Du sel et des iodures.

(Guillevic)

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Iris (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019




    
Iris, à son brillant mouchoir,
De sept feux illumine
La molle averse qui chemine,
Harmonieuse à choir.

Ah, sur les roses de l’été,
Sois la mouvante robe,
Molle averse, qui me dérobe
Leur aride beauté.

Et vous, dont le rire joyeux
M’a caché tant d’alarmes,
Puissé-je voir enfin des larmes
Monter jusqu’à vos yeux.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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DIES IRAE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



DIES IRAE

Etranger suis en mon pays !
Plus un désir… seul, le calice.
Sombre penser, penser maudit,
Mets un bâillon à la justice.

Il sera tard… Vers moi cheminent
Les silences des anciens temps
Et sinistre, cette famine…
Ou des chants sans cesse pleurant :
— Allons, presse-toi, plus n’attends !

(George Bacovia)

 

 

 

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Dans quel but le clair de lune vient-il frapper la prairie? (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




Le clair de lune quand il vient frapper la prairie
Je ne sais quelles choses il me rappelle…
Il me rappelle la voix de la vieille servante
Qui me racontait des contes de fées
Et comment Notre-Dame déguisée en mendiante
Cheminait la nuit sur les routes
Portant secours aux enfants maltraités…

Si je ne peux plus croire que c’est la vérité,
Dans quel but le clair de lune vient-il frapper la prairie?

(Fernando Pessoa)

Illustration: Alexis de Tocqueville

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TOUT chemin est une déviation (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019



Illustration: Ndary Lo
    
TOUT chemin est une déviation.
Qu’importe alors le chemin que l’on suit.
L’idée d’arriver est un virus de la pensée,
l’idée de ne pas arriver
s’harmonise en revanche avec la trame de la terre.

Peut-être serait-il opportun de temps à autre
de faire se retourner les chemins
ou ceux qui cheminent,
simplement pour décompenser les imminences.

Au fond cela revient au même :
le chemin,
plus que le chemin,
c’est un lieu,
Un lieu pour se trouver là,
comme en tout lieu,
un moment seulement.

D’autre part,
tout lieu est aussi un chemin,
bien que nous rêvions de nous arrêter là.

***

TODO camino es una desviación.
No importa entonces qué camino se siga.
La idea de llegar es una contaminación del pensamiento,
la idea de no llegar
hace juego en cambio con la trama de la tierra.

Tal vez fuera oportuno cada tanto
dar vuelta los caminos
o dar vuelta a quienes van por los caminos,
sólo para descompensar las inminencias.

Pero en el fondo es lo mismo :
el camino,
mas que camino,
es un lugar,
un lugar para estar en él,
como en todo lugar,
nada más que un momento.

Por otra parte,
todo lugar es también un camino,
aunque soñemos detenernos allí .

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

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L’allée est droite et longue, et sur le ciel d’hiver (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



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L’allée est droite et longue, et sur le ciel d’hiver
Se dressent hardiment les grands arbres de fer,
Vieux ormes dépouillés dont le sommet se touche.
Tout au bout, le soleil, large et rouge, se couche.
À l’horizon il va plonger dans un moment.
Pas un oiseau. Parfois un léger craquement
Dans les taillis déserts de la forêt muette ;
Et là-bas, cheminant, la noire silhouette,
Sur le globe empourpré qui fond comme un lingot,
D’une vieille à bâton, ployant sous son fagot.

(François Coppée)

Illustration

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Farineuse insomnie (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
Farineuse insomnie
néant friable

Sommeil titubant
on chemine on écrit
de travers

Tournant
sur l’ aire
meulant
un grain maigre

On se perd
des mots chutent
se dispersent
poussière
charpie des nerfs
des chairs

Désir flou
de se résigner
à l’identité saumâtre
du jour et de la nuit

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Les astres (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Les astres pâles dirent :
 » Nos distances de nuit,
Ces déserts de l’espace,
D’un bond l’oeil les franchit.

Mais qui s’en est allé
Du sombre vol de l’âme
Voyage par delà
L’éclat de notre feu.  »

J’ai dit :  » D’où il chemine
Qu’aucun de mes chagrins
N’appelle une pensée
Jusqu’à nos ciels obscurs,

Nulles larmes humaines
Sur ces ailes qui passent,
Libres du poids de terre
Et de la roue des astres.  »

***

The faint stars said,
 » Our distances of night,
These wastes of space,
Sight can in an instant cross,

But who has passed
On soul’s dark flight
Journeys beyond
The flash of our light.  »

I said,  » Whence he is travelling
Let no heart’s grief of mine
Draw back a thought
To these dim skies,

Nor human tears
Drench those wings that pass,
Freed from earth’s weight
And the wheel of stars.  »

(Kathleen Raine)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Tant de coeurs ensevelis (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Tant de coeurs ensevelis
M’instruisent quand je parle
De ce long pèlerinage
Que l’âme doit cheminer,
Les pieds sanglants,
Elle qui follement perdit celui
Qu’avec sagesse amère elle doit alors chercher.

***

How many buried hearts
Instruct me when I speak
Of that long pilgrimage
The soul must walk
On bleeding feet
Who has in folly lost
One whom in bitter after-wisdom she must seek.

(Kathleen Raine)

Illustration: Brandon Olterman

 

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Wollo Wollo (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



J’ai marché sur la terre usée des champs
Wollo Wollo
et j’ai suivi les femmes qui cheminent
sous les calebasses
longtemps longtemps vers les marchés.
l’ai vu passer les bêtes roulantes
des hommes qui n’ont pas de couleur
Wollo Wollo
mais j’ai vu fuir les démons qui les habitent.
Le lion perdra sa chevelure
et le surprenant ne pourra plus rien contre le surpris
Wollo Wollo
mais il faut marcher plus vite que l’horizon
et je marche.

(Pierre Béarn)

Illustration: Alberto Giacometti

 

 

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