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Posts Tagged ‘chenille’

DANS UN LENT IMPARFAIT (Sándor Csoóri)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



DANS UN LENT IMPARFAIT

Lentement, afin que rien ne casse,
lentement, afin que rien ne passe,
lentement, afin que le coeur s’use debout.

En rampant vaguement, comme un roi-des-chenilles vert,
comme la vermine des charrettes à bras
à travers le temps calciné ; —
la jambe appartient dès lors à l’anéantissement
et déjà la main elle aussi se dessèche.

Lentement, tout comme en l’homme disparaît l’oiseau,
la ville dans les villes,
mon corps dans le corps du monde ; —
dans un lent imparfait,
devant un éclair de magnésium qui tarde.

(Sándor Csoóri)

Illustration: Chloe Yzoard

 

 

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MÉTAMORPHOSE (Chantal Boqueho)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017




MÉTAMORPHOSE

De branche en branche se tortille la chenille
Dévorant toutes les feuilles sur son passage.
Elle rampe ainsi jusqu’au bout d’une brindille
Où des fleurs coquines dégrafent leur corsage.

Soudain, devant elle, une ombre se profile.
Frémissante et curieuse, elle relève la tête
Et voit, illuminé par le soleil, gracile,
Un être, aux ailes chatoyantes, qui volette.

Eblouie, elle fixe cette apparition
Et soupire. Oh ! Comme je t’envie bel ange.
J’ aimerais tant voler, quitter ma reptation.
On t’admire ; on me chasse car je dérange.

Ne désespère pas ma bien-aimée soeur.
Un beau jour toi aussi tu obtiendras des ailes
Pour butiner les corolles, ivre de bonheur.
Aie confiance, la métamorphose est réelle.

Sceptique, mais une lueur d’espoir au coeur,
La chenille poursuit lentement son chemin.
Bientôt elle ressent une profonde langueur.
Une force l’immobilise un beau matin.

La belle, dans son cocon blanc, s’est endormie.
C’est une mystérieuse transmutation
Qu’entame en grand secret l’Energie de la Vie.
Aux rayons du soleil est né le papillon.

(Chantal Boqueho)

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J’ai vu tout à l’heure une chenille qui avait des ailes (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



J’ai vu tout à l’heure une chenille qui avait des ailes
Mais elle ne se servait pas de ces ailes
Et peut-être que maintenant
Le papillon s’est envolé

Combien y a-t-il de mots d’ici au tournant de la route
Ils n’entreront pas tous j’ai mis un tourniquet à la porte
Beaucoup de ceux qui sont ici ne devraient pas y être
Ou du moins pas à la place où ils se sont assis tout seuls

Un poète après tout n’est peut-être qu’un placeur de mots
Mon habitude est venue s’asseoir ici je l’ai suivie
Et pourtant je croyais bien être seul avec le soleil sur la route
Et les mots qui ont l’air d’être seuls suivraient-ils aussi quelque chose

Les habitudes qu’on ne suit plus où vont-elles
Peut-être qu’elles meurent
J’ai horreur de tuer mais il le faut
Me nourrirais-je donc des mots que les générations ont déjà mâchés

Vous les grands aïeux mes ancêtres je vous salue
Mais je ne veux point que vous me donniez la becquée
Comment dirai-je la joie du monde
Maintenant que me voici tout seul

Je la dirai mathématiquement

(Pierre-Albert Birot)

 

 

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La Métamorphose (Francis Ponge)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



metamorphose1

La Métamorphose

Tu peux tordre au pied des tiges
L’élastique de ton coeur
Ce n’est pas comme chenille
Que tu connaîtras les fleurs
Quand s’annonce à plus d’un signe
Ta ruée vers le Bonheur

Il frémit et d’un seul bond
Rejoignit les papillons…

(Francis Ponge)

Illustration

 

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IL est devant la porte (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016



Robert Delaunay   voronca1926

IL est devant la porte ou devant la fenêtre.
Mais l’a-t-on reconnu ? Il est venu peut-être
Pour entendre nos voix et regarder nos yeux.
Ces routes de la nuit mènent vers ses grands yeux.
Il voudrait nous parler aussi; mais nulle larme
Ne lui est de secours. La mer brûle ses armes
Et ses navires, ses aurores, ses couchants.

Nous sommes là plusieurs à écouter son chant
Et son souffle pareil aux orages de sable.

Et tout devient plus beau. Nul contour haïssable,
Nulle faim, nulle soif, pour tenir son amour.
D’où revient-il ? Du Nord ? De l’Ouest ? Tous les jours
Il rôdait là. Mais nul ne l’a su…

Nulle part un regret, dont il n’eût pas souffert:
L’injustice, les lois méchantes, dans ses vers
Passèrent comme la chenille par la feuille.
Et tu y es aussi, lecteur, que tu le veuilles
Ou non. Le sauras-tu? il te faudrait encore
Te détacher de toi, tel un vaisseau des bords
De l’océan. Ouvre ce livre. Mais peut-être
Une ombre te fera deviner aux fenêtres
Ou dans la chambre ainsi qu’un souffle (auras-tu peur ?)
Ce voyant, ce proscrit, ce triste voyageur.

Il me faudra ici te quitter ombre, frère,
Je laisserai ces mots, ces chants inachevés.
Le souffle est là tout près qui mélange les terres
Et nos regards, nos mains et nos sommeils.
Je vais sans savoir où. Et toi, aussi, ombre, pareille
Au souvenir, oiseau qui dans l’air se dissout
Le soir est là tel un vaisseau qui appareille
Nous séparant de tout ce qu’une fois fut « nous ».

(Ilarie Voronca)

 Illustration: Robert Delaunay 

 

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La brise de ce matin (Buson)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2016



La brise de ce matin
Courbe les poils
D’une chenille

(Buson)

Illustration

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La petite fille (Françoise Naudin)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



 

La petite fille
A enjambé la chenille
D’un pas de géante

(Françoise Naudin)

 

 

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La chenille devant moi (Jean-Hughes Malineau)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



 

La chenille devant moi
Hausse ses dix épaules
Je cède le passage

(Jean-Hughes Malineau)

Illustration

 

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Là est (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016


L’infini qui sépare
Le silex bref
de la flamme durable
La chenille grimpante
de la chute des feuilles
L’appel de l’enfant perdu
de la mère qui attend
L’infini que traverse le souffle
du Vide médian
Là est le lieu de vie
Là est le lieu

Là est

(François Cheng)

Illustration: Vladimir Kush

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Je suis debout j’avance (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2016



je suis debout j’avance et le sol me répond
j’ai devant moi l’espace immense
je vois que tout est neuf je recommence
à mettre un signe sur chaque chose comme autrefois

je trébuchais contre un caillou je m’émerveille
qu’il soit si dur et si durable dans le temps
je ne crains plus la violence du vent
je ne crains plus qu’une fleur se fane

ai-je douté du monde ai-je pleuré
je ne reconnais plus les blessures anciennes
ni la douleur présente à chaque pas

je suis debout les astres m’accompagnent
une chenille est là qui me guide sur le chemin
je sens déjà l’odeur des roses sur mes mains

(Claude Esteban)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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