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Posts Tagged ‘chérie’

La petite chérie arrive à Paris (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019


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La petite chérie arrive à Paris.
Paris fait du bruit. Paris fait du bruit.

La petite chérie traverse la rue.
Le bruit tombe en pluie. Le bruit tombe en pluie.

La petite chérie est sur le trottoir
Où de gros messieurs cossus et tout noirs

Empêchent son coeur de faire trop de bruit.

(Paul Eluard)

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LA TRISTESSE EST UNE AISANCE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



 

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LA TRISTESSE EST UNE AISANCE

La tristesse est une aisance, ne t’abandonne point
A une solution provisoire, volupté médiocre.

Quand il s’agit de pleurer, chante
Secoue la poussière de tes souliers.
(Quand nous nous donnons c’est comme si nous nous lamentions,
Quand nous nous sommes donnés, nous sommes
accaparés par le silence)
J’ai eu bien soif de lumière dans l’obscurité.

Adieu, ma pale tristesse, adieu, chérie,
Je te renvoie l’anneau afin que tu te rappelles de moi
Dans ton rêve, dans ton deuil.

Debout, mon Ange, plein d’amertume, lève toi.
Je respire un parfum de jasmins fleuris
Comme si le temps tournait au beau vers l’aurore.
Il se fait en moi-même une quiétude lumineuse
comme celle qui suit la pluie.

As-tu vu mon âme ?

Peut-être a-t-elle eu soif des sources, peut-être
A-t-elle allumé sa lampe éclairant les couloirs
Pour que passent les âmes solitaires allant à leur rendez-vous
Toutes celles qui ont été trahies cruellement
attendent l’Amour,
L’Amour céleste, le Tout-puissant.

Salut, Echelle !… Salut, Cruche… Salut Fleuve !

Laissez-moi, je ne veux pas aller me coucher :
C’est ainsi que je pense m’exprimer, en croisant les mains,
Quand on viendra me demander mon âme.

(Georges Themelis)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

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Dans le domaine lointain de l’Empereur (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Jaya Suberg annagitt4-yeswkl

Dans le domaine lointain
De l’Empereur,
Au pays de Tsukushi
Où courent les feux follets
Son amour l’avait conduit
Comme une enfant en pleurs,
Sans s’arrêter
Pour reprendre son souffle.
Des mois et des années
N’avaient pas encore passé
Et mon coeur
Ne se doutait de rien.
Or te voilà gisante,
Étendue sous mes yeux.
Je ne sais que dire,
Je ne sais que faire.
Ni aux rochers ni aux arbres
Je ne saurais m’adresser.
Si nous étions à la maison
Ta silhouette serait présente.
Quelle cruauté est la tienne
Mon auguste femme chérie !
Et maintenant
Que puis-je faire ?
Côte à côte
Comme deux grèbes (fidèles)
Nous avions juré de vivre.
Tu restes maintenant loin de chez nous.

(Yamanoue no Okura)

Illustration: Jaya Suberg

 

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Est-il possible (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Irina Vitalievna Karkabi
    
Est-il possible, chérie, que je te caresse,
Que j’écoute le son de ta voix divine ?
Impossible nous semble toujours la rose,
Inconcevable le rossignol.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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J’étais son hochet (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



J’étais son hochet

Moi le hochet de ma Luce – devant
Tout un chacun ma Luce m’agitait…
Pour ma chérie, mes trésors s’épuisant,
Meilleur amant jamais je ne trouvais.
Et moi, poêle fêlé tremblant de froid,
Juste nourri par le lait que je bois…
Plus souffrant que moi, point n’en existait!

C’est Dieu qui garde – et j’en ai grand besoin –
Mon cœur, pauvre bol déjà ébréché.
Qu’on vienne à le prendre entre ses deux mains,
Qu’on l’attire à soi, c’est toujours chagrin…
Humain en somme, il est bon et mauvais,
Cette fois pourtant, bon ou pas, sachez
Que c’est tendrement qu’il faudrait l’aimer.

(Attila Jozsef)

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CHANSON DE CHARME (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



 

CHANSON DE CHARME

Chérie viens près de moi
Ce soir je veux chanter
Une chanson pour toi.

Une chanson sans larmes
Une chanson légère
Une chanson de charme.

Le charme des matins
Emmitouflés de brume
Où valsent les lapins.

Le charme des étangs
Où de gais enfants blonds
Pêchent des caïmans.

Le charme des prairies
Que l’on fauche en été
Pour pouvoir s’y rouler.

Le charme des cuillères
Qui raclent les assiettes
Et la soupe aux yeux clairs.

Le charme de l’oeuf dur
Qui permit à Colomb
Sa plus belle invention.

Le charme des vertus
Qui donnent au péché
Goût de fruit défendu.

J’aurais pu te chanter
Une chanson de chêne
D’orme ou de peuplier

Une chanson d’érable
Une chanson de teck
Aux rimes plus durables.

Mais sans bruit ni vacarme
J’ai préféré tenter
Cette chanson de charme.

Charme du vieux notaire
Qui dans l’étude austère
Tire l’affaire au clair.

Le charme de la pluie
Roulant ses gouttes d’or
Sur le cuivre du lit.

Le charme de ton coeur
Que je vois près du mien
Quand je pense au bonheur.

Le charme des soleils
Qui tournent tout autour
Des horizons vermeils.

Et le charme des jours
Effacés de nos vies
Par la gomme des nuits.

(Boris Vian)


Illustration: William Bouguereau

 

 

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Nous nous aimons très tendrement (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
nous nous aimons très tendrement
,plus qu’une averse
a besoin d’arcs-en-ciel ou que font d’éventuelles
fleurs de mai les flocons:

tout à fait yeux de l’air
non que les premières grives du crépuscule s’éveillent
plus en secret que nos (même si se disloquaient
quelques-uns des mondes)êtres

Nul faire ne défera
(ni la folie ni la mort ni les deux qu’est
la guerre) ton moi ou ne simplifiera mon toi,chérie

douce et créative cette complexité
jamais connue est née avant qu’une lune éclose
avant que Dieu Se soit désiré dans la rose

et même(
nous aventurant jusque du côté
du plus immémorial des quand
)avant

chaque battement de coeur que je vis t’embrassant

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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les arbres étaient en (donnent donnent) fleurs (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration
    
les arbres
étaient en (donnent
donnent) fleurs quand vers moi
tu
est venue par amour
l’amour a dit a fait
oh non oui

la terre était en
(vive
vive) printemps
avec toutes ses belles
choses lorsqu’à
moi
tu t’es donnée donnée chérie

oiseaux sont
en (arbres en)
chantent
lorsqu’à mon cou tu
sautes et je suis né nous
sommes le soleil de
l’unicité

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Quelle est la vraiment plus joyeuse plus belle et plus rare – la plus vivante généreuse fille (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
quelle est la vraiment
(dans ce triste et surpossédant
monde)plus joyeuse
plus belle et plus rare
—la plus vivante généreuse
fille sur cette tournoyante
terre ?
eh bien tu es
de loin la plus chérie

qui (sur cet affairé
nulle part très houleux)
est le pris de vertige
lui des plus lui
—le grimpant plus tombant
idiot dans cet épineux
si?
eh bien je suis
de tous le plus chanceux

quelle est la merveille
(pleine d’être et devenir)
par-dessus tout dessous
toutes les peurs et les haines
—tous les plus que mourants
miens et sans toujours
tiens?
eh bien nôtre
est l’amour et sans jamais

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Je t’aime beaucoup (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2018



Illustration
    
je t’aime beaucoup(chérie belle entre toutes)

plus que n’importe qui sur terre et je
t’adore mieux que tout ce qui est aux cieux

—soleil et chants se déroulent sur ta route

bien que l’hiver puisse partout se répandre
avec un tel silence et une telle ombre
nul ne peut commencer à deviner

(sauf ma vie)le vrai moment de l’ année—

et si pouvait ce qui se croit un monde
par chance ouïr de tels chants(ou entrevoir un
tel soleil faisant plus que haut des bonds
dans le coeur d’un plus fou que fou de joie

quand tu approches)sûr que tous voudraient(ma
si belle chérie)sauf en l’amour ne croire en rien

***

i love you much (most beautiful darling)

more than anyone on the earth and i
like you better than everything in the sky

—sunlight and singing welcome your coming

although winter may be everywhere
with such a silence and such a darkness
noone can quite begin to guess

(except my life) the true time of year—

and if what calls itself a world should have
the luck to hear such singing (or glimpse such
sunlight as will leap higher than high
through gayer than gayest someone’s heart at your each

nearness) everyone certainly would (my
most beautiful darling) believe in nothing but love

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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