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Posts Tagged ‘chevalier’

LE CHEVALIER À L’ARMURE ÉTINCELANTE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019



Illustration: Jérôme Royer
    
LE CHEVALIER À L’ARMURE ÉTINCELANTE

Vieil homme vieil homme
arbre à la dure écorce
de quels bourgeons es-tu capable encore ?

Est-ce que soudain tu recommences ?
Est-ce bien toi qui regardes qui entends?
Où vas-tu, mon chemin ?
Je ne te voyais plus dans la forêt
Un éclair, mille éclairs
percent l’ombre et m’illuminent

Qui a vécu vivra
Un reflet perdu
Une voix chante et s’éloigne

Pour un rayon pour un regard pour un visage
j’adore ton retour sans fin
O vie interrompue
toujours reprise

De ce torrent source cachée
je détourne le cours
jusqu’à l’infinitude
au-delà de la mort.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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LAMENTATION DU CHEVALIER (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LAMENTATION DU CHEVALIER

Les petits oiseaux se réjouissent du retour des feuilles vertes,
Le ruisseau murmurant serpente limpide à travers la vallée.

Les aubépines fleurissent dans la rosée du matin ,
Et les primevères éparses çà et là ornent le pré vert.

Mais quelle chose peut faire plaisir ou peut paraître belle,
Quand les heures languissantes sont comptées par le souci ?

Pas de fleur poussant gaiement , pas d’oiseau chantant mélodieusement
Qui puissent soulager le triste cœur du lugubre désespoir.

(Robert Burns)

 

 

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CHANSON DE LA ROSE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



CHANSON DE LA ROSE

Ô fille au coeur farouche
C’est ce que vous vouliez :
La rose qu’à sa bouche
Portait un chevalier

Qui revenait de guerre
Derrière les tambours,
Les tambours sont de pierre
Mais la fleur est d’amour.

Comme une flamme éclate
En or en pourpre et feu
Une rose écarlate
Saigne sur le ciel bleu.

Roses fleurs de tendresse
Aux jardins du passé
Où mon amie vous tresse
Aux bouquets enlacés,

L’autre est entre ses lèvres
Et c’est son cher parfum
Qui doucement se lève
Sur notre amour défunt.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Salavador Dali

 

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Dis ! Quand Reviendras-tu ? (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



    

Dis ! Quand Reviendras-tu ?
Voilà combien de jours, voilà combien de nuits…
Voilà combien de temps que tu es reparti !
Tu m’as dit ;
Cette fois, c’est le dernier voyage,
Pour nos coeurs déchirés, c’est le dernier naufrage.
Au printemps, tu verras, je serai de retour.
Le printemps, c’est joli, pour se parler d’amour :

(Version Femme : Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
(Je n’ai pas la vertu des femmes de marins.)
Et déambulerons dans les rues de Paris !

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

Le printemps s’est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûl’nt les feux de bois…
A voir Paris si beau en cette fin d’automne,
Soudain je m’alanguis, je rêve, je frissonne…
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine ;
Je vais, je viens, je vire, je tourne, je me traîne…
(Version Femme: Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Ton image me hante, je te parle tout bas…
(Je n’ai pas la vertu des femmes de marins.)
Et j’ai le mal d’amour et j’ai le mal de Toi !

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

J’ai beau t’aimer encor, j’ai beau t’aimer toujours.
J’ai beau n’aimer que toi, j’ai beau t’aimer d’amour…
Si tu ne comprends pas qu’il te faut revenir,
Je ferai de nous deux, mes plus beaux souvenirs…
Je reprendrai la rout’, le Monde m’émerveill’.
J’irai me réchauffer à un autre Soleil…
(Version Femme: Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Je ne suis pas de ceux qui meurent de chagrin…
(Je n’ai pas la ver-tu des femmes de marins.)
Je n’ai pas la vertu des Chevaliers anciens.

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

(Barbara)

 

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Votre amour, madame (Nizar Kabani)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 

alla chakir

Votre amour, madame, m’a fait entrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour je ne savais ce qu’est les cités la tristesse
Je n’ai jamais su que les larmes sont de l’humain
Que l’humain sans tristesse n’était que l’ombre [souvenir] d’un humain

Votre amour m’a appris a être triste
Et depuis des siècles j’avais besoin d’une femme qui me rendrai triste
D’une femme ,dans ses bras que je pleurerai comme un oiseau
D’une femme , qui rassemblerai mes morceaux tel les pièces d’un vase [bocal] cassé
Votre amour madame, m’a enseigné les pires manières
Il m’a appris a regarder dans ma tasse plusieurs fois durant la nuit
A essayer les remèdes des guérisseurs et à frapper les portes des voyantes
Il m’a appris à sortir de chez moi pour errer dans les rues
Et à rechercher votre visage sous la pluie et dans la lumière des feux
A rassembler a partir de vos yeux des millions d’étoiles
O femme qui a perturbé le monde , O ma douleur, O douleur des Nays

Votre amour, madame, m’a fait entrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour je ne savais ce qu’est les cités de la tristesse
Je n’ai jamais su que les larmes sont de l’humain
que l’ humain sans tristesse n’était que l’ombre [souvenir] d’un humain

Votre amour m’a appris a me comporter comme les petits enfants
A dessiner votre visage avec de la craie sur les murs
O Femme qui a bouleversé mon histoire
De par vous ,je suis écorché d’un artère à un autre
Votre amour m’a enseigné comment l’Amour change-t-il le cours du temps
Il m’a enseigné que lorsque j’aime, la terre cesse de tourner
Votre amour m’a enseigné des choses qui ne sont jamais venu a l’esprit

Alors j’ai lu les contes d’enfants
Je suis entrer dans les palais des rois génies
Et j’ai rêvé que la fille du sultan m’épousait
Celle aux yeux plus claire qu’une eau limpide
Celle aux lèvres appétissantes plus que les fleurs des grenades
Et J’ai rêvé que je l’enlevais tel que font les chevaliers
Et de lui offrir des quantités de perles et corail
votre amour,madame, m’a enseigné ce qu’est le délire
Il m’a enseigné comment le temps passe
sans que vienne la fille du sultan …

(Nizar Kabani)

Illustration: Alla Chakir 

 

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Dans Venise la rouge (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l’eau,
Pas un falot.

Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l’horizon serein,
Son pied d’airain.

Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons,
Couchés en rond,

Dorment sur l’eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.

La lune qui s’efface
Couvre son front, qui passe
D’un nuage étoilé
Demi-voilé.

Ainsi, la dame abbesse
De Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.

Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,

Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,

Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.

— Ah! maintenant plus d’une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L’oreille au guet.

Pour le bal qu’on prépare,
Plus d’une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.

Sur sa bouche embaumée
La Vanina pâmée
Presse encore son amant,
En s’endormant.

Et Narcisa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S’oublie en un festin
Jusqu’au matin.

Et qui, dans l’Italie,
N’a son grain de folie ?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours ?

Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.

Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés…
Ou pardonnés.

Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes
Qu’à nos yeux a coûté
La volupté!

(Alfred de Musset)

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À LA LUNE (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
À LA LUNE

Pâle soeur du premier rayon,
Image en deuil de la tendresse,
Le nuage, en passant, caresse,
D’un frisson d’argent ton beau front.
Hors du gouffre au jour interdit
Tes pas silencieux n’éveillent
Que l’âme des morts qui sommeillent,
Et moi et les oiseaux de nuit.

Ton regard au loin se déploie
Découvrant un immense espace.
Là-haut, près de toi, fais-moi place,
Offre à mes songes cette joie !
Ainsi, la distance effaçant,
Donne au chevalier le plaisir
De voir, par les vitraux, dormir
Celle que son coeur aime tant.

Ô ravissement, ô bonheur !
Adieu, distance qui me tue !
De tout le pouvoir de ma vue
Je rassemble en moi tes lueurs.
De plus en plus clairs, tes rayons
Qui son corps dévoilé révèlent,
Me font descendre ainsi, près d’elle,
Que toi, jadis, d’Endymion.

***

AN LUNA

Schwester von deco ersten Licht,
Bild der Zärtlichkeit in Trauer!
Nebel schwimmt mit Silberschauer
Um dein reizendes Gesicht;
Deines leisen Fuß es Lauf
Weckt aus tagverschloßnen Höhlen
Traurig abgeschiedne Seelen,
Mich und nächtge Vögel auf.

Forschend übersieht dein Blick
Eine großgemeßne Weite.
Hebe mich an deine Seite !
Gib der Schwärmerei dies Glück !
Und in wollustvoller Ruh
Säh der weitverschlagne Ritter
Durch das gläserne Gegitter
Seines Mädchens Nächten zu.

Des Beschauens holdes Glück
Mildert solcher Ferne Qualen,
Und ich sammle deine Strahlen,
Und ich schärfe meinen Buick ;
Hell und heller wird es schon
Um die unverhüllten Glieder,
Und nun zieht sie mich hernieder,
Wie dich einst Endymion.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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SPIRALE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration: Christian Lamirand
    
SPIRALE

Mon temps
avance en spirale.

La spirale
limite mon paysage
et me fait cheminer
plein d’incertitude.

Ô ligne droite! Pure,
lance sans chevalier,
comme rêve de ta lumière
mon sentier tournant!

(Federico Garcia Lorca)

 

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Appelle la sirène et l’étoile (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Victor Nizovtsev 
    

Appelle la sirène et l’étoile à grands cris
Si tu ne peux dormir bouche close et mains jointes
Ainsi qu’un chevalier de pierre qui sourit
A voir le ciel sans dieux et les enfers sans plainte.

O Révolte!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Fortunes
Traduction:
Editions: Gallimard

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RÊVES D’ENFANT (Jane Deny)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



 

Paul Signac_Le Magicien

RÊVES D’ENFANT

Paul

Moi, quand je serai grand, je serai chevalier.
J’aurai un château fort et plein de cavaliers.
J’inventerai des fêtes, ne ferai pas la guerre,
Mais de très beaux tournois comme il s’en fit naguère.
Vous viendrez à cheval ! A pied ! Ou en bateau !
Je vous inviterai un jour dans mon château.

Alex

Moi, quand je serai grand, je serai boulanger,
Car tout homme a besoin de boire et de manger.
Je mélangerai l’eau, le sel et la farine
Et un peu de levain pour les trous des tartines.
Comme il ne suffit pas de faire du bon pain,
Je le partagerai avec tous mes copains.

Pierre

Moi, quand je serai grand, je serai magicien.
Je sèmerai la joie avec des petits riens.
Je ferai tournoyer, en l’air, un livre ouvert
Et il en sortira un petit lapin vert.
J’inviterai, à cent, à mille lieues à la ronde,
Pour les émerveiller, tous les enfants du monde.

(Jane Deny)

Illustration: Paul Signac

 

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