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Ah! que j’aimais vos cheveux longs… (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



Pierre Auguste Renoir (1841-1919)  Children on the Seashore Guernsey 1883

Ah! que j’aimais vos cheveux longs…

Un! deux! trois! Tous en rond pon!

Ah! que j’aimais vos cheveux longs…
quand nous jouions, enfants, pleins d’été des campagnes

Au bout de la prairie, ô verte aquarelliste
zinzinule un ruisseau et nous buvons dedans
quand nous avons bien chaud l’eau qui glace les dents

Elles rient! Elles rient!
Je les entends encore …

Un! deux! trois! quatre! Beau colimaçon pon!

Elles rient, elles rient, gorges d’anges harpistes
leurs lèvres neuves sont des grappes de groseilles
luisantes de salive au feu d’or d’un rayon

Ah! que j’aimais ces baisers longs
que je nous supposais, virginales compagnes
En vous quittant le soir j’étais timide et triste
J’en pleurerais encore …

Adieu, vieil horizon
Elles s’en vont, je pars, et s’égrènent les ans
Tout s’espace, tout meurt, on tourne les talons
(Elles avaient des boucles d’argent aux oreilles)

Un! deux! trois! quatre! Allons

Ah! que j’aimais vos blancs jupons pon!

(Louis Calaferte)

Illustration: Pierre Auguste Renoir

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Initium (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Anne-Marie Zilberman (20)

Initium

Les violons mêlaient leur rire au chant des flûtes
Et le bal tournoyait quand je la vis passer
Avec ses cheveux blonds jouant sur les volutes
De son oreille où mon Désir comme un baiser
S’élançait et voulait lui parler sans oser.

Cependant elle allait, et la mazurque lente
La portait dans son rythme indolent comme un vers,
– Rime mélodieuse, image étincelante, –
Et son âme d’enfant rayonnait à travers
La sensuelle ampleur de ses yeux gris et verts.

Et depuis, ma Pensée – immobile – contemple
Sa splendeur évoquée, en adoration,
Et dans mon Souvenir, ainsi que dans un temple,
Mon Amour entre, plein de superstition.

Et je crois que voici venir la Passion.

(Paul Verlaine)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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HESIODE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019


 


Hesiode

 

HESIODE

Qui prédisait l’enfant à cheveux gris ?
Non, vie et mort ne sont pas antithèse.
Le glissement des neiges sur les pentes
Ne détruit pas les germinations.

Ce chemin creux délimite deux mondes,
Or l’un et l’autre a mordu sur la rive.
Le cheveu noir et le blanc font le gris,
Tout se sépare et se mêle à la fois.

Là mieux qu’en face : en sais-tu quelque chose ?
Tends ton oreille. Est-il un seul vocable
Que le vent noir ne saurait emporter ?
Je chérirai l’un et l’autre présent.

Honte à celui — cependant — grande honte
Qui par son crime un rite a détourné.
Tout horizon commande marche lente
Et se résume en sa totalité.

Viendra le temps de l’homme à cheveux rouges,
A cheveux bleus dans l’âge parcouru,
Et de la neige à qui rêve de lave
Et du grand jour levé sur l’homme double.

(Robert Sabatier)

 

 

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MONSIEUR DE MALBROUGH (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



 

Walter Crane - Lilies

MONSIEUR DE MALBROUGH

Aôh! monsieur de Malbrough,
Mettez vos habits brodés du dimanche
Et sur les boucles de vos cheveux roux
Votre chapeau à plumes blanches.

Miss Kate, miss Maud et Miss Lily
Ont emprisonné pour vous leurs pieds mignons
En des souliers de satin gris, jolis,
Vraiment, comme ceux de Cendrillon.

Elles vous attendent fort occupées
A refaire les noeuds de soie de leurs corsages;
Venez vite : vos quatre pages
Porteront à Picadilly votre épée.

Aôh! bonsoir, et choisissez de ces trois lys
De ces fées de rêve de Walter Crane,
Miss Kate, miss Maud et miss Lily
Pour danser la gigue au ballet de la reine.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Walter Crane

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Boucle de cheveux (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Je n’ai jamais donné de boucle de
Cheveux à un homme, sinon à toi celle
Qu’aujourd’hui sur mes doigts pensivement
J’enroule en sa longueur brune, te disant
« Prends-la. » Ma jeunesse s’est enfuie hier;
Mes cheveux ne bondissent plus sur mes pas
Et je ne les pique plus de rose ou de myrte
Comme le font les jeunes filles. Or ils ombrent
Simplement sur mes joues la trace des larmes,
Inclinant sous leur poids ma tête penchée
Par le chagrin. Je les pensais voués aux
Ciseaux funèbres, mais l’Amour y a droit –
Prends-les toi… trouvant, par-delà les ans,
Le baiser qu’à sa mort ma mère laissa.

(Elizabeth Browning)

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FRUCTIDOR (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



Illustration: Jean-Gabriel Domergue
    
FRUCTIDOR

Velouté de pêche… sur un teint d’abricot…
Un charme rayonnant jusque dans ses prunelles !
La cerise rougit comme un coquelicot
Devant cette nature à la fraîcheur d’airelles.

Ses cheveux flamboyants, aux tons de mirabelle
Possèdent un toucher pareil au lait d’amande
Ses bras prêts à l’envol, telle une tourterelle
Ont la fragilité des raisins qui se fendent.

Dans la douceur du soir d’un automne annoncé
Elle promène ainsi sa beauté printanière
Offrant au monde entier comme une panacée
Sa jeunesse éclatante… et pourtant éphémère.

Au jardin d’Hespérides , elle était une fée
Sylphide vaporeuse… éclat de volupté…
Par le chant d’un zéphyr, joliment décoiffée
Cueillant les pommes d’or de l’Immortalité ! …

(Jacqueline Commard)

 

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Femmes (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



Claude Sauzet  (9)

 

Femmes avares gonflées de dons,
généreuses, dont les mains sont prisonnières
d’une vertu ou d’un devoir,
filles dont les cheveux sont des sillages,
voici que je deviens pour vous sans consistance.
Vous me traversez, tel un vent pressé
qui ne prend pas souci du paysage.
Votre dédain vient souligner de craie
mes cheveux blancs
et de fusain mes rides.
Me voici devenu le fantôme d’un homme,
plus malheureux qu’un chien perdu.

(Paul Fort)

Illustration: Claude Sauzet

 

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A l’enfant qui danse dans le vent (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019



A l’enfant qui danse dans le vent

Danse là sur le rivage
Car pourquoi te soucierais-tu
Du vent ou de l’eau qui gronde?
Et après secoue tes cheveux
Qu’ont trempés les gouttes amères.
Tu es jeune, tu ne sais pas
Que l’imbécile triomphe,
Ni qu’on perd l’amour aussitôt
Qu’on l’a gagné, ni qu’est mort
Celui qui œuvrait le mieux, mais laissa
Défaite toute la gerbe.
Ah, pourquoi aurais-tu la crainte
De l’horreur que clame le vent ?

***

To a child dancing in the wind

DANCE there upon the shore;
What need have you to care
For wind or water’s roar?
And tumble out your hair
That the salt drops have wet;
Being young you have not known
The fool’s triumph, nor yet
Love lost as soon as won,
Nor the best labourer dead
And all the sheaves to bind.
What need have you to dread
The monstrous crying of wind?

(William Butler Yeats)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Thomas-Alexander Harrison

 

 

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LES DEMOISELLES D’AUTREFOIS (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Albert Joseph Moore (2)

LES DEMOISELLES D’AUTREFOIS

Deux demoiselles d’autrefois
Rêvent au fond d’un cadre en bois ;
Elles regardent dans l’espace
Languissamment le temps qui passe
Tandis que leur pastel s’efface
Peu à peu comme un souvenir.
Elles suivent de leurs yeux pâles
Les heures lentes à mourir
Et les roses aux blancs pétales
Fanent dans leurs cheveux poudrés.
Mais je les aime et je voudrais
Soulevant de mes doigts le verre
Qui les abrite de son mieux,
Poser mes lèvres sur leurs yeux,
Car je les aime avec mystère.
Deux demoiselles d’autrefois
Rêvent au fond d’un cadre en bois.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Albert Joseph Moore

 

 

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Le laboureur du soleil (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019




Le laboureur du soleil

J’ai pris
tes cheveux un à un
j’ai tissé une barque

Dans la brise de tes yeux
j’ai navigué vers les îles
aux tulipes bleues

Il neigeait
sur les coquelicots
de tes lèvres

Triste
était l’enfant
qui avait faim

Il pleuvait
des étoiles
sur le toit de mon coeur

J’ai pris
ta main de lune
et j’ai fait un pain

(Tahar Bekri)

 

 

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