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Posts Tagged ‘chèvrefeuille’

LE MARCHEUR (Yves Martin)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



 

Eugeniusz Zak - Tutt'Art@ (3) [1280x768]

LE MARCHEUR
VOUS NE ME VOLEREZ PAS

Vous ne me volerez pas mon plaisir.
Vous pouvez m’interdire vos femmes, croiser vos filles,
M’abandonner comme une portée de chats,
Me faire payer des prix exorbitants vos zincs.

Vos douches ne me vendangeront pas.
Vous me masquerez l’écolière, l’odeur de myrrhe des pupitres,
Vous cacherez ses cahiers de peur que je les érige.
Vous voulez des murs nets.

Vous ne m’empêcherez pas de prendre de biais, la nuit,
De jouer avec vos chambres, de vouloir nerveux vos livres.
J’ouvre les fenêtres d’une maison que j’ai voulu déserte,
Dingue de chèvrefeuille, légère, vénéneuse comme un ange.

(Yves Martin)

Illustration: Eugeniusz Zak 

 

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VERLAINE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

Dorina Costras glissando_pictura_inset

VERLAINE

La chanson
que jamais je ne dirai
s’est assoupie sur mes lèvres.
La chanson
que jamais je ne dirai.

Parmi le chèvrefeuille
était un ver luisant
et d’un de ses rayons
la lune perçait l’eau.

Ce fut alors que je rêvai
la chanson
que jamais je ne dirai

chanson pleine de lèvres
et de canaux lointains

chanson de longues heures
dans l’ombre gaspillées

chanson d’étoile vive
sur un jour éternel.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Dorina Costras

 

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LES BORDS DU DOON (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Tatiana Fruleva
    
LES BORDS DU DOON

collines et coteaux du beau Doon,

Comment pouvez-vous fleurir si frais et si charmants ?
Comment pouvez-vous chanter, petits oiseaux.

Quand moi je suis si épuisée , si pleine de soucis ?
Tu briseras mon cœur oiseau gazouillant

Qui folâtres dans l’épine fleurie :

Tu me rappelles des joies parties ,
Parties pour ne jamais revenir.

Souvent j’ai erré près du beau Doon,

Pour voir la rose et le chèvrefeuille s’entrelacer ;
Et chaque oiseau chantait son amour,

Et moi aussi je chantais tendrement le mien :
Le cœur léger, je cueillis une rose

Si jolie sur son arbre épineux ;
Et mon perfide amant me vola ma rose ,

Mais, hélas ! il me laissa l’épine.

(Robert Burns)

 

 

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Parmi des chênes, accoudée (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Parmi des chênes, accoudée

Parmi des chênes, accoudée
Sur la colline au vert gazon,
Se dresse la blanche maison,
De chèvrefeuille enguirlandée.

A la fenêtre, où dans des pots,
Fleurit la pâle marguerite,
Soupire une autre Marguerite :
Mon coeur a perdu son repos…

Le lin moule sa gorge plate
Riche de candides aveux,
Et la splendeur de ses cheveux
Ainsi qu’un orbe d’or éclate.

Va-t-elle murmurer mon nom ?
Irons-nous encor sous les graves
Porches du vieux burg des burgraves ?
Songe éteint, renaîtras-tu ? -non !

(Jean Moréas)

 

 

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Parmi des chênes, accoudée (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Todd Williams (59)

 

Parmi des chênes, accoudée
Sur la colline au vert gazon,
Se dresse la blanche maison,
De chèvrefeuille enguirlandée.

A la fenêtre, où dans des pots,
Fleurit la pâle marguerite,
Soupire une autre Marguerite :
Mon coeur a perdu son repos…

Le lin moule sa gorge plate
Riche de candides aveux,
Et la splendeur de ses cheveux
Ainsi qu’un orbe d’or éclate.

Va-t-elle murmurer mon nom ?
Irons-nous encor sous les graves
Porches du vieux bourg des burgraves ?
Songe éteint, renaîtras-tu ? – non !

(Jean Moréas)

Illustration: Todd Williams

 

 

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Maintenant, mon Amour (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018


 


Hannah Giffard  crowslookingup460

Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous
là où le liseron grimpe par les échelles :
en ta chambre déjà, bien avant ta venue,
est venu l’été nu aux pieds de chèvrefeuille.

Nos baisers voyageurs ont parcouru le monde :
Arménie, goutte épaisse et miel déterré,
Ceylan, verte colombe et Yang-Tsé séparant
les jours d’avec les nuits de sa vieille patience.

Maintenant, bien-aimée, par la mer crépitante
comme deux oiseaux aveugles nous revenons
vers notre mur, notre nid du lointain printemps,

puisque l’amour ne peut voler sans s’arrêter :
notre vie va au mur, aux pierres de la mer,
les baisers sont rentrés à notre territoire.

(Pablo Neruda)

Illustration: Hannah Giffard

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LE SUD (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
LE SUD

Du fond d’un de tes patios avoir regardé
les antiques étoiles,
d’un banc de l’ombre avoir regardé
ces lumières éparses
que mon ignorance n’a pas appris à nommer
ni à ordonner en constellations,
avoir senti le cercle d’eau
dans la secrète citerne,
l’odeur du jasmin et du chèvrefeuille,
le silence de l’oiseau endormi,
la voûte du vestibule, l’humidité
— ces choses, peut-être, sont le poème.

(Jorge Luis Borges)

 

Recueil: L’or des tigres
Traduction: Ibarra
Editions: Gallimard

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L’amour (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017



L’amour c’est quand quelqu’un se met à vous parler
comme une rivière,
comme une étoile
ou comme la fleur de chèvrefeuille…

(Christian Bobin)

 

 

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Ni vous sans moi (Marie de France)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



 

chèvrefeuille

Ni vous sans moi

D’eux deux il en fut ainsi
Comme il en est du chèvrefeuille
Qui au coudrier se prend :
Quand il s’est enlacé et pris
Et tout autour du fût s’est mis,
Ensemble ils peuvent bien durer ;
Qui les veut ensuite désunir
Fait tôt le coudrier mourir
Et le chèvrefeuille avec lui.
— Belle amie, ainsi est de nous :
Ni vous sans moi, ni moi sans vous.

(Marie de France)

Illustration

 

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Supposons (Marianne Auricoste)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



Supposons que tu n’as pas vieilli,
que je n’ai pas grandi.
Nous n’aurions pas reconnu l’alouette.
Pas avalé la prune.
Pas salué le chèvrefeuille ni le laurier.
Pas baptisé le chien.
Pas troublé l’eau de l’étang.
Pas labouré les mots.
Pas gratté les parois.
Pas reversé la pluie.
Pas vengé l’inertie.
Pas envahi le noir.
Pas occis l’amertume.
Pas planté le tilleul.

(Marianne Auricoste)

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