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Poésie

Posts Tagged ‘chiffon’

Les P’tits Papiers (Serge Gainsbourg)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018




Les P’tits Papiers

Laissez parler
Les p’tits papiers
A l’occasion
Papier chiffon
Puissent-ils un soir
Papier buvard
Vous consoler

Laisser brûler
Les p’tits papiers
Papier de riz
Ou d’Arménie
Qu’un soir ils puissent
Papier maïs
Vous réchauffer

Un peu d’amour
Papier velours
Et d’esthétique
Papier musique
C’est du chagrin
Papier dessin
Avant longtemps

Laissez glisser
Papier glacé
Les sentiments
Papier collant
Ça impressionne
Papier carbone
Mais c’est du vent

Machin Machine
Papier machine
Faut pas s’leurrer
Papier doré
Celui qu’y touche
Papier tue-mouches
Est moitié fou

C’est pas brillant
Papier d’argent
C’est pas donné
Papier-monnaie
Ou l’on en meurt
Papier à fleurs
Ou l’on s’en fout

Laissez parler
Les p’tits papiers
A l’occasion
Papier chiffon
Puissent-ils un soir
Papier buvard
Vous consoler

Laisser brûler
Les p’tits papiers
Papier de riz
Ou d’Arménie
Qu’un soir ils puissent
Papier maïs
Vous réchauffer

(Serge Gainsbourg)

Illustration
 

 

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Un peintre (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Un peintre, c’est quelqu’un qui essuie la vitre entre le monde et nous
avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence.

(Christian Bobin)

Illustration

 

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Othis (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Othis

C’était un peintre
qui cherchait des sujets
dans un village-souris
si-il-vi si-il-vi
s’il vit.

Le boucher souilla de sang
une robe bise
une robe grise
une robe de vent une robe de brise
dans le village-souris
si-il-vi si-il-vi
s’il va.

La laveuse portait des torchons
en tas sur sa fatigue
la digue
comme des pelures d’oignon
si-il-vi si-il-vi
s’il vit.

Ils les mirent un peu partout
la robe bise et les chiffons
le vent sécha le sang du mouton
puis se baisèrent la bouche à doux
dans leur village-souris
si-il-vi si-il-vi
s’il va.

Le boucher partit
la laveuse aussi
le peintre peignit
le village en gris souris
puis s’endormit.
Voilà tout ce que l’oiseau vit
si-il-vi si-il-vi
tireli la fontaine
barbela marjolaine
s’il vit
Sylvie.

(Armand Lanoux)


Illustration

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La Folle (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2018



Illustration: Sara Castro
    
La Folle

Elle a les cheveux blancs, très blancs. Elle est jolie
Encore, dans sa robe aux chiffons de couleur.

Elle emporte, en passant, des branches qu’elle oublie:
Les jardins sont absents et morte est la douleur.

Elle a des yeux d’enfant qui reflètent les jours,
Eau transparente ou passe et repasse une fuite.

Sa sagesse est donnée avec des mots sans suite,
Des mots divins qui vont mourir dans le vent lourd.

(Edmond-Henri Crisinel)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Oeuvres (complètes)
Traduction:
Editions: L’âge d’homme

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Te souviens-tu de ce rêve (Napoléon Bonaparte)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018




    Te souviens-tu de ce rêve où j’ôtais tes souliers, tes chiffons
et je te faisais entrer tout entière dans mon coeur?
Pourquoi la Nature n’a-t-elle pas arrangé cela comme cela ?
Il a bien des choses à faire.

(Napoléon Bonaparte)

 

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Avalanche (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
Avalanche

J’ai été pris dans une avalanche
elle a recouvert mon âme
Quand je ne serai plus bossu
je dormirai sous une colline dorée
Toi qui veux vaincre la douleur
tu dois apprendre à me servir

Tu me heurtes par hasard
en allant chercher de l’or
Le boiteux que tu habilles et nourris
n’a ni faim ni froid
Il ne recherche pas de compagnie
pas au centre du monde

Quand j’étais sur ce piédestal
tu ne m’y avais pas hissé
Tes lois ne m’obligent pas
à m’agenouiller grotesque et nu
Je suis moi-même le piédestal
de cette bosse que tu regardes

Toi qui veux vaincre la douleur
tu dois apprendre ce qui m’adoucit
Les miettes d’amour que tu m’offres
sont les miettes que j’abandonne
Ta croix ne te donne aucun titre
ce n’est que l’ombre de ma blessure.

J’ai commencé à me languir de toi
moi qui n’ai aucun besoin
J’ai commencé à t’attendre
moi qui n’ai nul appétit
Tu dis que tu es loin de moi
mais je sens ton souffle quand tu respires

Ne t’habille pas pour moi de chiffons
je sais que tu n’es pas pauvre
Et ne m’aime pas avec tant de violence
quand tu sais ne pas être sûre
C’est ton monde bien-aimé
c’est ta chair que je porte.

***

Avalanche

Well I stepped into an avalanche,
it covered up my soul;
when I am not this hunchback that you see,
I sleep beneath the golden hill.
You who wish to conquer pain,
you must learn, learn to serve me well.

You strike my side by accident
as you go down for your gold.
The cripple here that you clothe and feed
is neither starved nor cold;
he does not ask for your company,
not at the centre, the centre of the world.

When I am on a pedestal,
you did not raise me there.
Your laws do not compel me
to kneel grotesque and bare.
I myself am the pedestal
for this ugly hump at which you stare.

You who wish to conquer pain,
you must learn what makes me kind;
the crumbs of love that you offer me,
they’re the crumbs I’ve left behind.
Your pain is no credential here,
it’s just the shadow, shadow of my wound.

I have begun to long for you,
I who have no greed;
I have begun to ask for you,
I who have no need.
You say you’ve gone away from me,
but I can feel you when you breathe.

Do not dress in those rags for me,
I know you are not poor;
you don’t love me quite so fiercely now
when you know that you are not sure,
it is your turn, beloved,
it is your flesh that I wear.

(Leonard Cohen)

 

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Marcher dans les feuilles mortes (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



    

Marcher dans les feuilles
mortes, dans un léger bruit
de chiffons froissés.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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Retouche au bon peintre (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017



 

Color palette with brush

    

retouche au bon peintre

en essuyant ses pinceaux
il faisait encore un chef-d’oeuvre de son chiffon

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Langue de feu ! (A. Rebelle)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017




    
Langue de feu ! Pointe de fer ! Chiffon de sang !
Tes traits sont de ceux-là qui font mourir notre être !
Par tes soins le frisson du spasme nous pénètre;
Par toi se fait sentir le mal le plus blessant !

(A. Rebelle)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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L’INSOUCIANCE DES JOURS (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



L’INSOUCIANCE DES JOURS

C’est l’immense douceur l’insouciance des jours
Vogue l’eau vogue l’air et voguent nos amours
Et vogue tout ceci que je ne comprends pas
Et vogue ce hasard qui promène nos pas

La vie comme elle vient les gens comme les jours
Le temps comme il nous tient la mort comme l’amour
Les hommes comme ils sont les femmes comme elles font
Cet amour qui est mien de chair et de chiffon

C’est l’immense douceur l’insouciance des jours
Une mouette appelle et le ciel devient sourd
Je n’entends que le sang qui bat sur ton poignet
Comme un oiseau présent et déjà éloigné

La vie comme elle vient les gens comme les jours
De l’eau de l’air du pain des grappes de velours
Et de l’huile dorée à ton corps presque noir
La trace d’un baiser à l’angle d’un espoir

C’est l’immense douceur l’insouciance des jours
Le Chat Botté revient pour te faire sa cour
La Belle au Bois s’endort au milieu des rayons
Et Cendrillon pour nous a remis ses haillons

La vie comme elle vient les gens comme les jours
Le temps comme il nous tient la mort comme l’amour
Les hommes comme ils sont les femmes comme elles font
Cet amour qui est mien de chair et de chiffon

Et déchirant le ciel un éclair de chaleur
Qui tombe sur la mer

(Guy Béart)

Illustration: Valentine Cameron Prinsep

 

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