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Poésie

Posts Tagged ‘chiffonner’

Guitare (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Jean-Claude Forez_Le_dejeuner_sur_lherbe1

Guitare

Je sais rouler une amourette
En cigarette,
Je sais rouler l’or et les plats !
Et les filles dans de beaux draps !

Ne crains pas de longueurs fidèles :
Pour mules mes pieds ont des ailes ;
Voleur de nuit, hibou d’amour,
M’envole au jour.

Connais-tu Psyché? – Non ? – Mercure ?…
Cendrillon et son aventure ?
– Non ? -… Eh bien ! tout cela, c’est moi :
Nul ne me voit.

Et je te laisserais bien fraîche
Comme un petit Jésus en crèche,
Avant le rayon indiscret…
– Je suis si laid ! –

Je sais flamber en cigarette,
Une amourette,
Chiffonner et flamber les draps,
Mettre les filles dans les plats !

(Tristan Corbière)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE » (Jean d’Herbenoire)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: Jean-Marc Nattier

    

VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE »

Ah! madame la marquise,
Ma mignonne pompadour,
Ayez donc plus de franchise !

Lorsque ma main s’éternise
A chiffonner votre atour…
… Ah ! madame la marquise !

Votre sagesse s’épuise
A prétexter un détour…
Ayez donc plus de franchise !

Lorsqu’un « rien » vous scandalise
Et qu’un masculin contour…
— Ah! madame la marquise!

Allez donc vile à l’église,
Mais ne tournez pas autour :
Ayez donc plus de franchise!

Votre teint devient cerise
Dès que votre troubadour…
Ah! madame la marquise!

Implore une… mignardise
On prononce un calembour…
Ayez donc plus de franchise !

Au diable votre chemise!
C’est tout nu, qu’on fait l’amour :
Ah! madame la marquise,
Ayez donc plus de franchise !

(Jean d’Herbenoire)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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De la lumière du jour (Lydia Padellec)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016



 

De la lumière du jour
elle mesure le poids
des sourires
et dans la fenêtre close
surprend le reflet
de ses lèvres

Parfois en regardant l’écran, le désir de chiffonner me prend du bout des doigts.
La page blanche est-elle vide ou déjà pleine de mots écrits en blanc par la lumière ?

(Lydia Padellec)

Illustration: Catherine Mayet

 

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AU REVOIR (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2016



 

Alexandre Pavlenko  (1)

AU REVOIR
A Gaby Gebbing.

Une nuit je te vois sortir de l’ombre comme un cri
Tu n’as rien dans les mains que ta petite robe
Que tu me montres avec un sourire fatigué
Ton coeur est transparent la lumière est ancienne
Quelque chose d’infiniment fragile te soutient
Et la douceur de tes gestes qui se souviennent
Lie au bord du silence ton coeur avec le mien

Tu es seule tu viens à moi tu te rassures
Le feuillage du saule tremble au lourd désir

Tu n’as rien dans tes mains et là
Sur ta figure
Une goutte de sang

Une goutte de sang pour toute la lumière
Une goutte de sang peut-être la dernière
Et la seule
Oh peut-être la seule chose
Que j’aie jamais bien vue de toi

Tu te tiens immobile et seule devant moi
Ta robe chiffonnée entre tes jeunes bras
Ta nudité pareille à du bois vert qui saigne
Ta nudité miroir de sève nid paré
Pour aveugler pour alléger
Mon remords lugubre et ma peine

Je reconnais le songe triste de tes lèvres
Les bijoux du pardon les bagues de la fièvre
« Où étais-tu qui t’a volé qui t’a repris
« Qui donne à ton regard cette esquive de nuit
e Moi qui t’aime moi qui te vois moi qui t’espère !
O simple amour
O voix secourable et si fière
Et sous les paupières brisées
Cette fraîcheur cette douceur épouvantables
Cette inexorable douceur
Où le bonheur est enfermé
Dans la claire prison des larmes

Je me souviens soudain je vois ton sang
Couler pour l’étrange vendange
Je me souviens du sang sur les premières branches
Du peu de sang que tu montras
Je vois ce sang parer mes mains
J’ai dans la bouche
Le goût de ce sang jeune et triste qui s’en va

Sur ce miroir pillé qui fermera les bras ?

Dans l’herbe neuve où le soleil bat de l’aile
Dans l’herbe rayonnante et triste comme toi
Ta tête roule au bord du jour interminable
Une poignée de sang une poignée de sable
Ta robe qu’une main inconnue chiffonna
Et ta chair désolée et tes yeux loin des larmes
Et ton amour là
Devant moi

Au revoir au revoir je n’oublierai personne

(Luc Decaunes)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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