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Poésie

Posts Tagged ‘chignon’

Qu’il est bon de se lever (Claude-Hélène Lambert)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Elle se coiffe.
Et rassemble en chignon
ses cheveux traversés d’épingles d’écaille.
Le chignon est plus mince qu’il y a bien longtemps.
Mais il importe de le faire – tous les jours –
et de nouer de jour en jour
les gestes de la vie.
Parfois – très rarement –
elle ne peut lever les bras.
Mais la douleur cédera au geste simple,
à l’affirmation ainsi répétée
qu’il est bon de se lever,
de commencer un nouveau jour
et de vivre debout,
les cheveux coiffés.

(Claude-Hélène Lambert)

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LES GAS ET LES FILLES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Paul Rubens 
    
LES GAS ET LES FILLES

En leurs cotillons de futaine
Qui flottent et claquent au vent,
Les filles s’en vont, en rêvant,
Laver le linge à la fontaine…
Et, sous les couchants au front d’or,
Les gâs, en chantant leur romance,
Jettent le grain de la semence
Au sein de la glèbe qui dort.

De quoi rêvent les filles ?
— Des gâs !
Et que chantent les gâs ?
— Les filles!

Timides, sous leurs coiffes blanches,
Et prises de vagues espoirs,
Les filles aux lourds chignons noirs
S’en vont danser, les beaux dimanches ;
Et les gâs, entendant gémir
La viole aux voix caressantes,
Au plus profond de leur chair sentent
L’énervant frisson du désir.

Que souhaitent les filles ?
— Les gâs !
Et que veulent les gâs ?
— Les filles !

Les soirs, parmi les landes pleines
De l’encens fauve des genêts,
Les filles jettent leurs bonnets
Par dessus les moulins des plaines.
Et les gâs, en l’ombre des bois
Où tremblotte la lune rose,
S’en vont cueillir la fleur éclose
Qui ne se cueille qu’une fois.

Qui fait fauter les filles ?
— Les gâs !
Et qui pousse les gâs ?
— Les filles !

Par les prés où dorment les songes
Les filles vont à pas dolents,
Portant l’Ennui dans leurs seins blancs
Et sur leurs lèvres des Mensonges ;
Et les gâs vont suivant leur cœur
Qui, dans sa course vagabonde
Leur fait faire, avec brune ou blonde,
Les étapes de la douleur.

Qui délaisse les filles ?
— Les gâs !
Et qui trompe les gâs ?
— Les filles !

Les filles vont ; traînant leurs peines,
Le front morne et les yeux rougis,
Au bas des calvaires où gît
L’amant divin des Madeleines ;
Et les gâs, qui ne veulent plus
De l’amour retenter l’épreuve,
S’en vont se jeter dans le fleuve,
Ou s’étrangler sur les talus…

Qui fait pleurer les filles ?
— Les gâs !
Et trépasser les gâs ?
— Les filles !…

(Gaston Couté)

 

 

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MADAME X… (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Illustration: Konstantin Razumov
    
MADAME X…

Tant bayadères sont tes hanches
Et tes manches,
Tant peu sages
Tes crabotages de corsage,
Sur le nu
Ton dentellier tant fendu,
Que si ton chapeau fleuri
Ne dit oui
Au moins rien jusqu’au chignon
N’a dit non.

(Max Jacob)

 

Recueil: Le laboratoire central
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA LUMIÈRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Illustration: Daria Petrilli   
    
LA LUMIÈRE

Ouvrière rêveuse
mais comme effrayée
de sa beauté ardente
elle apporte la lampe lourde
ses épaules avenantes
frémissent d’être.
Quand elle aura placé
pour en être éclairée
la lumière à clarté soyeuse
ses cheveux ruisselleront
du chignon déroulé
tomberont les épingles
dans la nuit affable
sans vent ni neige
mais des insectes toujours forant.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nuit de lune (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018




    
Nuit de lune

Cette nuit, la lune sur Fu-zhou
Tu seras seule à la contempler
De loin, je pense à nos enfants
Trop jeunes pour se rappeler Longue paix
Chignon de nuage, au parfum de brume
Bras de jade à la pure clarté…
Quelle nuit, près du rideau, la lune
Séchera nos larmes enfin mêlées ?

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Le chignon (Emmanuel Dall’aglio)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016




Le chignon des choses.

(Emmanuel Dall’aglio)

 

 

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Courbettes et risettes (Natsume Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2016



estampe 4

Courbettes et risettes
Du chignon
Glisse un grêlon.

(Natsume Sôseki)

 

 

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Retouche à l’évanouissement (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2016



 

Retouche à l’évanouissement

Le silence ricoche
entre les miroirs confrontés

une fleur blanche
se pose
sur le chignon se la nuit

(Daniel Boulanger)

 

 

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