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Poésie

Posts Tagged ‘choc’

Les hommes qui hantent les rêves (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration
    
Les hommes qui hantent les rêves,
Les arbres qui n’ont pas sommeil,
Les fleuves qui ragent et ragent,
Les mains dont on tombe amoureux.
Ah, dévaler boule de feu,
Ou vers la trouée dans la glace.
Ou comme dans un choc de trains
Mourir oiseau contre un oiseau.

***

Люди, которые снятся,
Деревья, которым не спится,
Реки, которые злятся,
Руки, в которых влюбиться.
Мне бы c горы бы сгорая
Или в прорубь c сарая.
Мне бы как поезд об поезд,
Птицей об птицу разбиться.

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Tête ventre coeur réconciliés (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration: Oskar Kokoschka    
    
tête ventre coeur réconciliés. incandescence qui fouille aimer jusqu’à l’onde de choc.
idiotie flamboyante où il fait bon se consumer

.

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: Salerni
Traduction:
Editions: La lettre volée

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ART POÉTIQUE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




    
ART POÉTIQUE

Quand ce sera la nuit
Et toi tout seul dans une limousine
Quelque part sur une route de forêt
Quand ce sera nuit noire
Ô mon poète aie garde d’allumer tes phares
Appuie de toutes tes forces sur le champignon de la beauté
Sans rien savoir
Et sans souci du flot battant ton pare-brise
Enfonce-toi comme un noyé dans la nuit rageuse qui grise

Tu as perdu la direction
Le Nord l’étoile les feux de position
Et tu sens soudain un grand choc
Tu es couché tout près de toi dans la verdure
Tu es comme mille petits trous de serrure
Qui regardent dans ta tête éclatée
Les éléments épars de la beauté

Et qui viendrait te chercher là
Quand tu disposes de toi-même
Secrètement pour un destin
Qui ne peut plus te laisser seul
N’appelle pas
Mais entends ce cortège innombrable de pas.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Retouche à l’auberge (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017



Illustration: Frederick Luff
    
retouche à l’auberge

dans l’assiette fume une viande bouillie
qui fut un boeuf pas plus haut qu’un jouet d’enfant
des sauges lui taquinaient le ventre
à l’endroit lisse et transparent

un choc de couteaux rappelle une victoire
dans un hiver aveugle
deux verres se heurtent et annoncent l’amour

ils sont tous heureux
sauf un qui se sent encore plus seul
quand se lèvent dans la fumée
des filles pleines d’un alcool jeune

ailleurs le jour est vide

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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LE CARREFOUR (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017




    
LE CARREFOUR

Quand donc restai-je seul, sur quelle place
où le vent près de moi passa si vite
que je ne pus reconnaître sa voix
ni prendre au vol les mots qu’il emportait?

Là, c’était là dans un temps près de naître
par ma mémoire avec peine arraché
aux chocs mortels des jours discontinus,
c’était bien là qu’autrefois ou demain
s’ouvre au regard et pèse dans la main
le vrai silence élu, la nuit finale
communiquée aux pierres par les ombres.

(Jean Tardieu)

 

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Fugue (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Fugue

Retirez-vous mon cœur d’un si grave appareil.

D’après, d’avant, les coups ont entre eux l’étincelle.
Constant, le choc muet de la mort vous cisèle,
Cœur vanté… brûle… saoule un atroce organiste.

Va belle main écrite où l’idée s’organise
Déchire l’encre en moi quand le reste appareille.

(Olivier Larronde)

Illustration: Salvador Dali

 

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Chromatisme (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Jean-Louis Salvadori
    
Chromatisme.

Un trésor de prestige, un fumet immortel !
Une gouache en eau de saphir, la vendange
De son âge est un vin fruité — Ô l’éternel !
Demain tout l’horizon redeviendra louange.

Dans ta fontaine humide et aux baisers volés,
Mes ruisselets d’amour nageront dans ton âme
Comme un flocon d’étoile en fleur du bien ! Beauté
Je te veux ! Je me hâte ainsi vers toi, ô femme !

À l’heure de mon doux crépuscule, soumis
Dans mon corps retrouvé, c’est l’artiste incompris
Qui se débat du Pur, un opulent royaume.

Une eau cruelle ambrée au midi virginal,
Qui dessine un climat paisible où je me paume
Dans un rêve maudit qui meurt, un choc vagal !

(James Denis)

 

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Le choc des vagues (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



le choc des vagues contre les rochers
jusqu’à quand ?

(Abbas Kiarostami)

 

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Aux commencements de l’univers (Amin Maalouf)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017




    
Aux commencements de l’univers, deux mondes existaient,
séparés l’un de l’autre :
le monde de la Lumière et celui des Ténèbres.
Dans les Jardins de Lumières étaient toutes les choses désirables,
dans les Ténèbres résidait le désir,
un désir puissant, impérieux, rugissant.

Et soudain à la frontière des deux mondes un choc se produisit,
le plus violent et le plus terrifiant que l’univers ait connu.
Les particules de Lumières se sont alors mêlées aux ténèbres,
de mille façons différentes,
et c’est ainsi que sont apparus toutes les créatures,
les corps célestes et les eaux, et la nature et l’homme…

(Amin Maalouf)

 

Recueil: Les Jardins de lumière
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Les murs ne tombent pas (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



Les murs ne tombent pas
[1]

Un incident ici et là,
grilles confisquées (pour les canons)
dans ton (et mon) vieux square :

brume et gris brumeux, pas de couleur,
mais abeille, poussin et lièvre de Luxor
poursuivent un but inaltérable

en vert, rose-rouge, lapis ;
ils continuent à prophétiser
depuis le papyrus de pierre :

là-bas, comme ici, ruine ouvre
la tombe, le temple ; entre
là-bas comme ici, aucune porte :

le lieu saint est ouvert au ciel,
la pluie tombe, ici, là-bas
le sable glisse ; l’éternité endure :

ruine partout, or comme le toit tombé
laisse la chambre scellée
ouverte à l’air,

ainsi, dans notre désolation,
des pensées s’éveillent, l’inspiration nous traque
dans l’obscurité :

sans le savoir, Esprit annonce la Présence ;
nous sommes pris de frissons,
comme autrefois, Samuel :

tremblant à un coin de rues connu,
nous ignorons et sommes ignorés ;
la Pythie prononce — nous nous rendons

dans une autre cave, vers un autre mur tranché
où de pauvres ustensiles sont montrés
comme des objets rares dans un musée ;

Pompéi n’a rien à nous apprendre,
nous connaissons la fissure volcanique,
le flot lent de la terrible lave,

pression sur le coeur, les poumons, cerveau
prêt à rompre dans son fragile écrin
(tout ce que le crâne peut endurer !) :

au-dessus de nous, feu apocryphe,
au-dessous, la terre tangue, le sol penche,
déclivité d’un trottoir

où des hommes titubent, ivres
d’une nouvelle confusion,
sorcellerie, possession :

la structure d’os n’était pas faite pour
un tel choc tissé dans la terreur,
pourtant le squelette a résisté :

la chair ? elle a fondu,
le coeur, brûlé, braises mortes,
tendons, muscles brisés, bogue externe démembrée,

pourtant la charpente a tenu :
nous avons passé la flamme : surpris —
sauvé par quoi ? pour quoi ?

***

The walls Do Not Fall

An incident here and there,
and rails gone (for guns)
from your (and my) old town square:

mist and mist-grey, no colour,
still the Luxor bee, chick and hare
pursue unalterable purpose

in green, rose-red, lapis;
they continue to prophesy
from the stone papyrus:

there, as here, ruin opens
the tomb, the temple; enter,
there as here, there are no doors:

the shrine lies open to the sky,
the rain falls, here, there
sand drifts; eternity endures:

ruin everywhere, yet as the fallen roof
leaves the sealed room
open to the air,

so, through our desolation,
thoughts stir, inspiration stalks us
through gloom:

unaware, Spirit announces the Presence;
shivering overtakes us,
as of old, Samuel:

trembling at a known street-corner,
we know not nor are known;
the Pythian pronounces—we pass on

to another cellar, to another sliced wall
where poor utensils show
like rare objects in a museum;

Pompeii has nothing to teach us,
we know crack of volcanic fissure,
slow flow of terrible lava,

pressure on heart, lungs, the brain
about to burst its brittle case
(what the skull can endure!) :

over us, Apocryphal fire,
under us, the earth sway, dip of a floor,
slope of a pavement

where men roll, drunk
with a new bewilderment,
sorcery, bedevilment:

the bone-frame was made for
no such shock knit within terror,
yet the skeleton stood up to it:

the flesh? it was melted away,
the heart burnt out, dead ember,
tendons, muscles shattered, outer husk dismembered,

yet the frame held:
we passed the flame: we wonder
what saved us? what for?

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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