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Poésie

Posts Tagged ‘choeur’

Un choeur de sirènes (Marie Huot)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration: Victor-Louis Mottez
    
Un choeur de sirènes
traverse cette vie

(Marie Huot)

 

Recueil: Récits librement inspirés de ma vie d’oiseau
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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LA COUPE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



LA COUPE

Prends ce bloc d’argent, adroit ciseleur.
N’en fais point surtout d’arme belliqueuse,
Mais bien une coupe élargie et creuse
Où le vin ruisselle et semble meilleur.
Ne grave à l’entour Bouvier ni Pléiades,
Mais le choeur joyeux des belles Mainades,
Et l’or des raisins chers à l’oeil ravi,
Et la verte vigne, et la cuve ronde
Où les vendangeurs foulent à l’envi,
De leurs pieds pourprés, la grappe féconde.
Que j’y voie encore Evoé vainqueur,
Aphrodite, Éros et les Hyménées,
Et sous les grands bois les vierges menées
La verveine au front et l’amour au coeur !

(Leconte de Lisle)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

 

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Médailles antiques (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



A sea nymph  *oil on canvas  *114 x 195.5cm  *signed b.r.: Falero / 1892

Médailles antiques

Celui-ci vivra, vainqueur de l’oubli,
Par les Dieux heureux! Sa main sûre et fine
A fait onduler sur l’onyx poli
L’écume marine.

Avec le soleil, douce, aux yeux surpris,
Telle qu’une jeune et joyeuse reine,
On voit émerger mollement Kypris
De la mer sereine.

La Déesse est nue et pousse en nageant
De ses roses seins l’onde devant elle;
Et l’onde a brodé de franges d’argent
Sa gorge immortelle.

Ses cheveux dorés aux flots embellis
Roulent sans guirlande et sans bandelettes;
Tout son corps charmant brille comme un lys
Dans les violettes.

Elle joue et rit; et les gais dauphins,
Agitant autour nageoires et queues,
Pour mieux réjouir ses regards divins
Troublent les eaux bleues.

II
Les belles filles aux pressoirs
Portent sur leur tête qui ploie,
A pleins paniers, les raisins noirs;
Les jeunes hommes sont en joie.
Ils font jaillir avec vigueur
Le vin nouveau des grappes mûres;
Et les rires et les murmures
Et les chansons montent en choeur.

Ivres de subtiles fumées,
Les vendangeurs aux cheveux blancs
Dansent avec des pieds tremblants
Autour des cuves parfumées;
Et non loin, cherchant un lit frais,
Éros, qui fait nos destinées,
A l’ombre des arbres épais
Devance les lents Hyménées.

III
Ni sanglants autels, ni rites barbares.
Les cheveux noués d’un lien de fleurs,
Une Ionienne aux belles couleurs
Danse sur la mousse, au son des kithares.
Ni sanglants autels, ni rites barbares:
Des hymnes joyeux, des rires, des fleurs!

Satyres ni Pans ne troublent les danses.
Un jeune homme ceint d’un myrte embaumé
. Conduit de la voix le choeur animé;
Éros et Kypris règlent les cadences.
Satyres ni Pans ne troublent les danses:
Des pieds délicats, un sol embaumé!

Ni foudres ni vents dont l’âme s’effraie.
Dans le bleu du ciel volent les chansons;
Et de beaux enfants servent d’échansons
Aux vieillards assis sous la verte haie.
Ni foudres ni vents dont l’âme s’effraie:
Un ciel diaphane et plein de chansons!

(Leconte de Lisle)

Illustration: Luis Ricardo Falero

 

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Elle a rejoint le choeur des autres astres (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




Elle a grandi par-delà les montagnes,
Née dans la solitude des vallées.
Aucun de nous n’a pu jeter sur elle
Un regard de désir. Elle était seule.
L’astre immortel regardait chaque jour
Resplendir son aurore pure.
Elle montait vers lui comme une fleur,
Gardait en elle une trace secrète.
Dans le désir et l’angoisse elle est morte;
Aucun de nous n’a contemplé sa cendre…
Elle a fleuri soudain parmi l’azur,
Triomphante, dans un ailleurs, sur d’autres cimes.
Elle vit maintenant parmi la neige.
Insensés! Qui de vous as visité son temple?
Elle a fleuri par-delà les montagnes,
Elle a rejoint le choeur des autres astres.

(Alexandre Blok)

Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

 

 

 

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Poèmes de nuit, poèmes de jour (Anjela Duval)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Anjela Duval
    
Poèmes de nuit, poèmes de jour

Si j’écris à l’ombre de ma lampe
Des vers maladroits et creux
Avec ce petit outil mal assuré dans ma main lasse
Si j’écris le soir au dos d’enveloppes
Des poèmes humbles : camelote
Où l’on ne trouve que des fleurs sauvages…
Et quelques miettes d’amour.
Car tout cela je le fais pour ceux que j’aime.

Mais j’écris, moi, d’autres poèmes
Et ce n’est pas à l’ombre de ma lampe
Mais à la lumière du soleil
Ce n’est pas au dos d’enveloppes
Mais sur la poitrine nue de Celui que j’aime
Sur la peau nue du Pays que j’aime
Ce n’est pas avec un outil que j’écris
Mais avec des instruments d’acier.
Je ne parle pas de lance ou d’épée
Mes instruments sont de paix et de culture.

Je n’écris pas des vers de douze pieds
En comptant sur mes doigts
Mais de douze fois douze enjambées… et plus.
Mes vers, je les écris avec l’acier tranchant de ma faux
Andain après andain dans les cheveux blonds de mon Pays
Le soleil en fait des poèmes aromatiques
Que mes vaches ruminent pendant les nuits d’hiver

Mes vers je les écris avec le soc de la charrue
Dans la chair vivante de ma Bretagne, sillon après sillon
— J’y dissimule des graines d’or —
Le Printemps en fera des poèmes :
Mers d’émeraude ondulant dans la brise
L’été en fera des étangs d’épis
Le vent d’août les mettra en musique
Et le chœur de la batteuse me chantera
Les journées ardentes du huitième mois
Les journées de peine de poussière de sueur.
Mes Poèmes sacrés et… méprisés !

(Anjela Duval)

Découvert ici: https://ael56.blog/

Recueil:
Traduction: Paol Keineg
Editions:

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AVOIR (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Oleg Korolev - (57)

AVOIR

Je puise un fleuve à la fontaine
Je traîne un désert dans la ville
J’ai un émetteur de mirages
Où s’affranchissent les esclaves
Dès qu’ils boivent de mon eau

J’ai des ombres qui lessivent
Dans les étoiles des lavoirs
Toutes les traces de sang d’homme
Le sang des femmes des enfants
Je n’ai rien pour l’effacer

J’ai des remords un peu partout
J’ai des larmes dans les yeux
J’ai un recueil de désespoirs
D’un temps dont j’ai séché les fleurs

J’ai des refuges secrets
Pour les ennemis de la misère
J’ai des lieux de réunions sûrs
Pour les conjurés

J’ai un choeur de neuf sibylles
Pour prédire le beau temps
J’ai des observatoires
Pour le monde nouveau

J’ai des formules de pacte
Pour lier l’homme à ses semblables
Et des oubliettes absolues
Pour tous les parjures

J’ai des lampes pour déchiffrer
Les faux contre l’homme
J’ai assez d’amour
Pour supporter la vie

J’ai dans mon paradis
Les battements de cils
Qui arrêtent les larmes
Des femmes indomptables
Sous l’humble tablier
Dans leur patience d’ange
Mortes en captivité

J’ai un pape dans mes étables
Des rois des banquiers des faux frères
J’attends un fleuve salutaire
Pour nettoyer toute la terre

J’ai un phare qui éclaire
Si loin le profond avenir
Qu’on voit même les plus humbles
Devenir les égaux des plus grands

(Ernest Delève)

Illustration: Oleg Korolev

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Indompté dans ce déluge de terre (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



 

Indompté
dans ce déluge de terre —
où finissent les semences
qui annoncent le proche — tu feras retentir
le choeur tonitruant
de la mémoire, et tu suivras
le chemin des yeux. Il n’est pas de route
plus longue pour toi : dès l’instant
où tu t’ouvriras les veines, les racines commenceront
de dire le massacre
des pierres. Tu vivras. Tu construiras
ici ta maison — tu oublieras
ton nom. La terre
est le seul exil.

(Paul Auster)

Illustration: Ai Xuan

 

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Vigne (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Vigne

Les vendangeuses sont parties pour la vendange,
elles vont cueillir le raisin mûr.
Écoutez leurs cris et leurs chansons,
maintenant qu’elles reviennent;
voyez leurs yeux comme ils brillent;
la chaleur des grappes vermeilles s’est répandue sur leur visage.
Elles se tiennent par la main, et elles chantent en choeur
la chanson de la vigne, la jolie chanson du vigneron.

Je suis le mari de la vigne.
Alerte, bon vigneron!
J’étais bien jeune quand je l’ai épousée, et elle aussi,
la pauvre petite vigne;
elle n’était pas plus haute que ma main.
Je lui suis resté bien fidèle, pourtant.
C’était ma maîtresse, mon trésor le plus précieux.
Le dimanche, je le passais auprès d’elle;
j’écartais les cailloux de son chemin,
j’arrachais les mauvaises herbes de ses pas,
je passais de longues heures devant elle à la regarder.
Hiver, été; par le chaud, par le froid; par le vent, par la pluie,
c’est pour elle que je travaillais.
Il ne faut pas rester les bras croisés quand on est le mari de la vigne.

Toujours nous avons fait bon ménage.
Voyez les jolis enfants qu’elle m’a donnés!
Leur troupe couvre le côteau, et puis là-bas, dans la plaine,
voilà mes petits-enfants.
Chantons la vigne, la femme du vigneron.
Le vin n’a jamais fait de lâches ni de traîtres; le vin attire
le coeur sur les lèvres. C’est la vigne qui nous donne le vin!
Aussi, quand au printemps elle livre à la brise
le parfum pénétrant de sa petite fleur verte,
tout le monde est heureux,
tout le monde se sent renaître, et l’on attend l’automne
pour célébrer le mari et la femme,
la vigne et le vigneron.

(J.J. Grandville)

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Tu rêves toi (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Tu rêves toi

Tu rêves toi d’être un peu tous les autres.
Pour te traduire il te faut cent langages.
Rien n’y suffit, pas même la nature
avec les voix de son choeur innombrable.

Petit maillon fragile dans la chaîne,
poumon léger du grand souffle cosmique,
aurais-tu peur de rester seul au monde
quand la seconde assassine le siècle ?

Tu es issu d’un poème sans fin
et tu le lis comme on soulève un roc
pour établir le socle millénaire
de l’inconnu qui dirige ta quête.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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LA VOIX DU CHOEUR (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



LA VOIX DU CHOEUR

Combien souvent nous pleurons
Sur la médiocrité de notre vie !
Mais si vous saviez, amis,
Le froid et les ténèbres des jours futurs !

Maintenant, tu serres la main de l’aimée,
Tu joues, tu plaisantes avec elle ;
Tu pleures, si tu te crois trompé,
Ou si tu vois dans sa main un poignard,
Enfant, enfant !

Mensonge et perfidie sont sans mesure,
Et la mort est encore loin !
De plus en plus noir sera le monde terrible,
De plus en plus fou le tourbillon des planètes
Pendant des siècles, des siècles !

Et le siècle dernier, le plus effrayant de tous,
Nous le verrons, vous et moi.
Le péché sordide cachera tout le ciel,
Le rire se figera sur les bouches,
Devant l’horreur du néant !

Le printemps, enfant, tu attendras :
Le printemps te trahira.
Tu appelleras le soleil dans le ciel
Le soleil ne se lèvera pas.
Et ton cri, quand tu te mettras à crier,
Comme une pierre, retombera.

Soyez donc contents de votre vie,
Plus calmes que l’eau, plus humbles que l’herbe
Oh, si vous pouviez savoir, enfants,
Le froid et les ténèbres des jours qui viennent !

(Alexandre Blok)

Illustration: Hans Thoma

 

 

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