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Poésie

Posts Tagged ‘choisi’

Rêve (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



    

Rêve

Ô mes auteurs chéris, vous qui, lorsque je pleure,
Me consolez toujours, m’entourez à toute heure,
Vos écrits ont calmé mes pensers dévorants,
Et je vous aime tous, en amis, en parents !…

Dans mes rêves brillants, fils de la poésie,
Je vois s’ouvrir pour moi votre foule choisie ;
Votre voix m’encourage, et je vous dis comment
Ma jeunesse a passé de tourment en tourment :
Comment, sans qu’un ami soit venu leur sourire,
Je fis mes premiers vers sans savoir les écrire ;
On m’interdit l’étude, ainsi que l’on défend
Le jeu, qui le distrait, au paresseux enfant.
Et je cachais à tous, comme on cache des crimes,
Les désirs du poète et ses penchants sublimes !…

Alors, comme un tribut pour ce que j’ai souffert,
Le laurier triomphal par vos mains m’est offert.

(Louise Colet)

 

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Lorsque choisi pour ce suicide (Robert Ganzo)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Lorsque choisi pour ce suicide
J’ai senti rouler dans mon sang
Tout le poids d’un désert fluide…
Il m’a fallu vous reconnaître
formes d’un nouvel univers.

[…]

Je retrouve soudain l’azur

(Robert Ganzo)


Illustration: Michel Ogier

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Vous qui savez aimer (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration: Eugène Louis Lami
    
Vous qui savez aimer, vous qui savez comprendre,
Oh ! Ne vous laissez pas décourager en vain,
Poète dont le coeur, à la fois triste et tendre,
Vibre à chaque émotion du vaste coeur humain !

Gardez toujours en vous la frêle poésie,
Gardez toujours en vous son doux rythme touchant,
Ecoutez bien la voix, âme qu’elle a choisie ;
Gardez toujours en vous la lumière et le chant !

Gardez toujours en vous cet idéal suprême,
La noblesse de l’âme avec celle du coeur ;
Que votre vie soit la poésie même !
Et soyez de vous-même et du monde vainqueur !

Que rien ne vous attriste et ne vous décourage.
Sachant que vous avez l’harmonie et l’amour ;
Persévérez toujours ! — Ayant le grand message
Que chantait autrefois le moindre troubadour.

Oh ! Le monde a toujours été dur aux poètes !
Car la réalité tuait leur idéal,
Mais vous, — Ah ! Soyez grand ! Que tout ce que vous faites
Ait l’élan victorieux d’un hymne triomphal !

Et songez, quand parfois vous êtes seul et triste,
Que votre vie, hélas ! comprime votre coeur,
Ce coeur plein d’harmonie et de rêves d’artiste,
Songez que tout cela doit vous rendre meilleur !

Songez que cette vie ennoblit, ô poète !
Songez que chaque épreuve est un progrès de fait ;
Que c’est un pas de plus vers le sublime faîte ;
Songez que tout cela tend à rendre parfait.

Si votre force, hélas ! parfois s’est endormie,
Qu’à peine vous pouvez rester fier et debout,
Souvenez-vous alors d’une petite amie
Qui saura vous comprendre et souffrir avec vous !

(Renée Vivien)

 

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Pourquoi donc (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Pourquoi donc, penché sur ta lyre,
Regretter, comme un vain délire,
Les pleurs qui tombent de tes yeux?
Les pleurs d’un amoureux martyre
Sont comme des gouttes de cire
Pleines d’un ambre précieux.

Tout, autour d’elles, se parfume ;
Elles perdent leur amertume
Sous le feu brûlant qui les fond ;
Et, pour toujours, la poésie
Y met son empreinte choisie,
Son cachet divin et profond !

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Latoya Smile

 

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Vois, de belles filles… (Huang Fu-Ian)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



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Vois, de belles filles…

Vois ! De belles filles courent en bandes
Dans les larges couloirs,
Avec la musique et la gaieté portées sur la brise.
Viens ! Dis-moi si celle qui, cette nuit, sera choisie
Peut avoir des cils beaucoup plus longs que ceux-ci ?

***

Look! Beautiful Girls

Look! Beautiful girls run in groups
In the wide corridors
With music and gaiety born on the breeze.
Come! Tell me if she who, this night, will be chosen
May have much longer eyelashes that these?

(Huang Fu-Ian)

Illustration: Toyohara Chikanobu

 

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Devant la dévastation (Dominique Fourcade)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2016



devant la dévastation l’horreur l’urgence les mots tous les mots se réunirent et élurent l’un d’entre eux
le mot myosotis fut instantanément choisi pour survivre
et monter dans l’arche
parce qu’il fallait un mot printanier
un mot extrême
un mot qui signifiât ne m’oubliez mie
qui est mie ? qui est mienne ?
l’espèce humaine bien sûr
les mots sont l’espèce humaine
(tout cela est arrivé alors que je m’étais baissé pour photographier tes chevilles
toi mon amour qui es l’espèce humaine
moi qui t’appartiens n’appartenant qu’aux mots)
et maintenant ce mot est seul dans l’arche
les mots ne sont pas des possédants
les mots de l’espèce sont des possédés
mais ce n’est pas l’espèce qui les possède

le mot myosotis n’est pas sur une orbite de bonheur
il a à voir avec l’absence l’éloignement l’interruption
il est lié à du très vivant à du très impossible à de l’arraché à de l’extrême impossible
ainsi qu’à l’angoisse de l’oubli
mots du souffleur
ô mots qui ne se possèdent pas
qui ne possèdent même pas le mot oubli
mots qui êtes tous des myosotis

ce n’est aucun homme qui est le souffleur

c’est le souffle

c’est un mot qui joue de dos
et ne me dit rien sur lui-même ni sur toi
ni sur moi
il est seulement le dernier mot dans l’angoisse de l’amour
avant l’abandon de tout mot
les mots sont des possédés de réel des possédés d’amour d’angoisse
et celui-là plus qu’aucun autre
possédé d’oubli

mot bleu
sûreté dramatique
ouvrant au temps sans mot
temps tout autre

posant la question d’un temps autre
celle d’un autre mot
à temps sans sol
comment le vivre

monde à temps sans temps

espèce
désastre
ô mienne

les hommes doivent des excuses à la poésie (ce ne sont pas les hommes qui sont l’espèce humaine)

(Dominique Fourcade)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Bien placés . . . (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2016



Bien placés . . .

Bien placés bien choisis
quelques mots font une poésie
les mots il suffit qu’on les aime
pour écrire un poème
on sait pas toujours ce qu’on dit
lorsque naît la poésie
faut ensuite rechercher le thème
pour intituler le poème
mais d’autres fois on pleure on rit
en écrivant la poésie
ça a toujours kékchose d’extrême
un poème

(Raymond Queneau)


Illustration

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L’ORDRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2015



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L’ORDRE

L’écolier qui balayait la classe
à tour de rôle était choisi
alors il restait seul
dans la crayeuse poussière
près d’une carte du monde
que la nuit refroidissait
quelquefois il s’arrêtait, s’asseyait
posant son coude sur la table aux entailles
inscrit dans l’ordre universel.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Quand vous respirez un parfum délectable (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2015



Carry Akroyd  g

Quand vous respirez un parfum délectable,
Ne demandez pas d’où vient ce souffle pur.
Tout parfum descend de la divine table
L’abeille en arrive, artiste infatigable,
Et son miel choisi tombe aussi de l’azur.(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Carry Akroyd

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MON FEU (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015



MON FEU

Ne me demandez pas les flammes les plus hautes.
Le feu que j’ai choisi demeurera caché.

Ne me demandez pas les tumultes, les sautes,
Du vent tourbillonnant au-dessus du bûcher.
Le feu que j’ai choisi s’enclôt dans une braise.
Il gîte au ras du sol, y scelle son baiser.
Il ignore les jeux crépitants des fournaises.
Vous ne le verrez pas de loin quand vous passez.
Il faut vous approcher de sa lumière sourde
Et doucement penché connaître son odeur
De forêt calcinée où les lierres s’accoudent.
Mon feu gémit sans fin d’un étrange bonheur.
Passez. Ne cherchez pas quelle est sa nourriture.
Il vit d’ombre, d’un cri, d’un long consentement.
Chaque nuit vient rôder à l’entour de ses flancs.
Et le ciel attentif souffle sur sa brûlure.

(Anne-Marie Kegels)

 

 

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