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Poésie

Posts Tagged ‘choisir’

UNE VIEILLE FILLE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2022



Illustration: Hu Cong
    
UNE VIEILLE FILLE

Un tiers des fruits tombé,
Si vous m’aimez,
Choisissez un bon jour
Pour me faire la cour !

Deux tiers des fruits tombés,
Si vous m’aimez,
Courtisez aujourd’hui
Et je vous suis.

Les fruits sont tous tombés.
Si vous m’aimez,
Dites-le-moi !
Je suis à toi.

(Anonyme)

 

Recueil: Poèmes choisis et illustrés du Livre de la Poésie
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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Les mains blanches (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022




    
Les mains blanches

Comme des mains blanches
Au-dessus de l’eau,
Deux fleurs font la planche
Entre les roseaux.

Un martin-pêcheur
Choisit pour perchoir
Un saule pleureur
Qui devient plongeoir.

Sous les nénuphars,
Au fil des courants,
Glissent des foulards
De soie d’Orient.

Un caillou de plumes
Est entré dans l’eau.
Un poisson d’écume
En sort aussitôt.

Et les deux mains blanches
Promues oiseleurs
Cueillent l’avalanche
De l’arbre qui pleure.

(Pierre Coran)

 

Recueil: Le bonheur est dans le pré
Traduction:
Editions: Gautier Languereau

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Quand je suis un peu pressée (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



Illustration: Géraldine Alibeu
    
Quand je suis un peu pressée

Un type est venu chez moi
pour me dire que la fin du monde, c’est pour demain.
J’ai claqué la porte.
Pour demain ? Alors, désolée, j’ai plein de choses à faire :
repeindre en bleu le calendrier,
écrire un poème,
réaliser un rêve avec une petite caméra,
voir la mer et lui dire qu’elle est éternelle,
le dire presque à Maman aussi,
choisir un caillou qui soit mon étoile,
rire au moins trois fois sans savoir pourquoi,
embrasser une fraise,
lâcher enfin un gros mot à mes voisins,
puis aller sonner chez ce garçon,
être à l’aise et sans peur
pour lui dire qu’il est beau
comme un coeur
et qu’une fille peut dire ça aussi.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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Je voyais des arcs-en-ciel de mots ineffables (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2022



Jeanie Tomanek 2t

Je voyais des arcs-en-ciel de mots ineffables
Très loin rien qu’en mon coeur pourtant plaisir amer
De souffler à tâtons ces bulles de la chair
Dont quelqu’un d’autre en moi choisissait les syllabes…

(Robert Goffin)

Illustration: Jeanie Tomanek

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LA FEMME INTÉRIEURE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2022



Chen Yan Ning  (27) [1280x768] 

LA FEMME INTÉRIEURE

belle
comme la foudre s’arrêtant à mi-ciel
pour choisir son arbre

inconnue
proche à faire peur
rassurante pourtant
comme une halte en pays tempéré

feu de position
qui détient en sa pupille
la direction de la nuit

friable
comme une poignée de main
entre deux êtres sans avenir

dure
comme le commencement du monde

visage clos
visible une fois par vie
en appuyant sur la gâchette.

(Georges Henein)

Illustration: Chen Yan Ning

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LIBRE ARBITRE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022



 

Andrey Remnev 1 [1280x768]

LIBRE ARBITRE

Adèle et la belle et la brune et la blonde
S’assemblèrent un jour pour mieux trouver le monde
Adèle et la belle et la blonde et la brune
Cherchant la terre ne trouvèrent que la lune
Entre le monde et la lune la belle et Adèle
Se mirent à butiner à tire-d’aile
Puis Adèle la belle la brune et la blonde
Restèrent sans choisir jusqu’au début du jour
Si bien qu’entre la lune et le monde à la ronde
A quatre elles se décidèrent pour l’amour

(Robert Goffin)

Illustration: Andrey Remnev

 

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Nous avons choisi sciemment la part obscure (Pierre-Alain Tâche)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



Nous avons choisi sciemment la part obscure
les transhumances du silence
et le tendre chardon des bouches

Notre parole écharpe l’ineffable
ébauche des jardins où fondent des sorbiers
capture des oiseaux si prompts
que notre joie vacille
et se rompt

Qui sèchera cette marée étale
cette féconde usure

(Pierre-Alain Tâche)

 

 

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Invitation (Jean-Hughes Malineau)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2022




    
Invitation

Je vous souhaite la peur délicieuse d’un orage
tout seul dans votre chambre d’enfant
le sourire triste d’un bonbon de miel
au cours d’une convalescence tiède,
un baiser, sur le front, dans le noir.

Je vous souhaite l’émerveillement d’un caillou
choisi sur une plage entre cent millions d’autres.
Je voudrais tant que vous partagiez l’événement d’une ultime coccinelle
perdue sur la page d’un livre à la rentrée des classes,
le bouleversement d’une goutte de rosée qui hésite à l’extrémité d’une branche
ou la fragilité du ronronnement d’un chat dans la pupille de la nuit.

Écoutez la cotte de maille du peuplier dans le vent !
Écoutez l’audace d’une odeur de mimosa en plein coeur de l’hiver !

Je vous souhaite la curiosité,
l’appétit d’infimes et de minuscules rencontres
l’éclair d’une cicindèle ou d’un martin-pêcheur…
le plaisir d’une giboulée sur la peau nue
les grains de douceur sur la rivière
qui confesse tous les dessous du ciel
de ses dentelles d’écume sur les galets.

Je vous souhaite, le panier rempli de chanterelles,
l’odeur de chien mouillé, du vêtement qui sèche
près d’une flamme de feu de bois
et l’amitié de ce vieil habit qui ne craint rien.
Le chèvrefeuille, le chardonneret, l’ancolie, la morille…

Ah ! comme je vous souhaite de bâtir votre enfance
dans un puzzle de nuages blancs
la nuque sur un coussin de mousse.

(Jean-Hughes Malineau)

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JE TOUCHE TES LEVRES (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2022



Illustration: Alice de Miramon
    
JE TOUCHE TES LEVRES

Je touche tes lèvres,
je touche d’un doigt le bord de tes lèvres.
Je dessine ta bouche comme si elle naissait de ma main,
comme si elle s’entrouvrait pour la première fois
et il me suffit de fermer les yeux
pour tout défaire et tout recommencer.

Je fais naître chaque fois la bouche que je désire,
la bouche que ma main choisit et qu’elle dessine sur ton visage,
une bouche choisie entre toutes, choisie par moi
avec une souveraine liberté pour la dessiner de ma main sur ton visage et qui,
par un hasard que je ne cherche pas à comprendre,
coïncide exactement à ta bouche
qui sourit sous la bouche que ma main te dessine.

Tu me regardes, tu me regardes de tout près,
tu me regardes de plus en plus près,
nous jouons au cyclope,
nos yeux grandissent, se rejoignent, se superposent,
et les cyclopes se regardent, respirent confondus,
les bouches se rencontrent, luttent tièdes avec leurs lèvres,
appuyant à peine la langue sur les dents,
jouant dans leur enceinte où va et vient
un air pesant dans un silence et un parfum ancien.

Alors mes mains s’enfoncent dans tes cheveux,
caressent lentement la profondeur de tes cheveux,
tandis que nous nous embrassons
comme si nous avions la bouche pleine de fleurs ou de poissons,
de mouvement vivants, de senteur profonde.

Et si nous nous mordons, la douleur est douce
et si nous sombrons dans nos haleines mêlées
en une brève et terrible noyade,
cette mort instantanée est belle.

Et il y a une seule salive et une seule saveur de fruit mûr,
et je te sens trembler contre moi comme une lune dans l’eau.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Marelle
Traduction: Laure Bataillon & Françoise Rosset
Editions: Gallimard

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Solitude (Miroslav Antić)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021



     


    
Solitude

Tu reconnaîtras ta force
à ta capacité
à résister à la solitude.

Les étoiles géantes sont seules
en marge de l’espace.
Les petites et les confuses
se tassent en galaxies.

La semence du séquoia choisit les clairières
riches en soleil, ouragan et oxygène.
La semence des fougères se niche dans les forêts vierges.

L’aigle n’a jamais eu besoin
de faire la connaissance d’un autre aigle.
Les fourmis ont inventé les peuples.

Tu reconnaîtras ta force
à ta capacité
à surmonter l’instant présent,
car l’instant présent est plus dur,
plus terrible et plus long
que le temps, que l’éternité.

***

Самоћа

Своју снагу препознаћеш по томе
Колико си у стању
Да издржиш самоћу.

Џиновске звезде самују
На ивицама свемира.
Ситне и збуњене
Сабијају се у галаксије.

Семе секвоје бира чистине
Са много сунца, урагана и ваздуха.
Семе папрати завлачи се у прашуме.

Орао никад није имао потребу
Да се упозна са неким другим орлом.
Мрави су измислили народе.

Своју снагу препознаћеш по томе
Колико си у стању
Да пребродиш тренутак,
Јер тренутак је тежи
И страшнији и дужи
Од времена и вечности.

(Miroslav Antić)

 

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

et … lui-même ici: serbica.u-bordeaux-montaigne
Recueil:
Traduction: Traduit du serbe par Boris Lazić
Editions:

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